‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inédits (volume 2)Chapitre 263 sur 325 · II. PAQUES · texte numérisé non relu

II. PAQUES

Sermon pour le jour de Pâques ('), 1654.

Consepulti enim smnus aiui illo per baptisuiuin in mortem^ lit quouwdo Christus siirrexit a mortuis per gloriaiu Patris, ita et nos in novitatevitœ avibnlenms. fRom., VI, 4.)

QUAND je vois (2) ces riches tombeaux sous lesquels les grands de la terre semblent vouloir cacher la honte de leur corruption, je ne puis assez m'étonner de l'extrême folie des hommes, qui érige (3) de si magnifiques trophées à un peu de cendre et à quelques vieux ossements. C'est en vain que l'on enrichit leurs cercueils de marbre et de bronze ; c'est en vain que l'on déguise leurnom véritable par ces titres superbes de monuments et de mausolées : que nous profite, après tout, cette vaine pompe, si ce n'est que le triomphe de la mort est plus glorieux, et les marques de notre néant plus illustres ?

Il n'en est pas ainsi du sépulcre de mon Sauveur. La mort a eu assez de pouvoir sur son divin corps ; elle l'a étendu sur la terre sans mouvement et sans vie: elle n'a pas pu le corrompre, et nous lui pouvons adresser aujourd'hui cette parole que Job disait à la mer : « Tu iras jusque-là et ne passeras pas plus outre ; » cette pierre donnera des bornes à ta furie ;

1. Ce sermon parait ici pour la première fois. Ce n'est pas que les premiers éditeurs l'aient ignoré complètement : ils en ont dispersé çà et là quelques fragments. Ils n'ont pas vu que ces morceaux épars faisaient partie d'un même tout. Ils ont donné le second exorde comme variante du sermon de 1660 (Carême des Minimes), qui est sur le même plan. Ils ont laissé le 3e point inédit. Quant aux deux autres, ils les ont relégués après les sermons, en tête des Pensées chrétiennes et morales. M. Lâchât les donne à son tour à cette place (X, 481) ; et, dans une notice de sa façon, acceptée comme un oracle dans les éditions subséquentes, il déclare que le discours a été « prononcé dans un monastère après l'élévation de Bossuet sur le siège épiscopal de Meaux ! » On ne comprendra pas dans quelques années que des décisions semblables aient pu faire autorité. Les signes de la première jeunesse ne manquaient pourtant pas, même dans le fragment isolé : naïveté qui se complaît dans les preuves alléguées, allusions aux Protestants, redites voulues, verdeur dans l'incrépation, etc.

2. Cet avant-propos a été placé par Deforis en tête du- sermon pour le Samedi- Saint (1652), Christus resurgens. On a rebuté pour cela une autre rédaction, d'orthographe et de style différents. (Mss.,2.824, f. 6.— La nôtre, f. 5.)

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