Edit. : çiù lui a donné
nous a enseigné que la résurrection de nos corps est la maturité et la plénitude, il s'ensuit, comme je l'ai remarqué, que la vie présente ressemble à l'enfance. C'est pourquoi l'apôtre saint Pierre nous dit que nous sommes «des enfants nouvellement nés » (I Petr., Il, 2) ; d'oîi je forme ce raisonnement qui sera la base de tout mon discours :
Tout ce que la nature donne à l'homme pendant le progrès de la vie doit avoir son commencement dans l'enfance. Donc si j'apprends de l'apôtre saint Pierre qu'à l'égard de la vie divine qui nous est acquise par la résurrection de notre Sauveur, notre pèlerinage mortel est comme l'enfance, il faut que tous ces changements admirables qui nous rendent conformes au Seigneur JÉSU5 se commencent en nous dès ce siècle. Or nous avons dit, et il est très vrai, que notre vie nouvelle et la réparation de notre nature consiste à vaincre ces trois furieux ennemis, que le diable nous a suscités, le péché, la concupiscence et la mort, par ces trois divins dons où la grâce nous rétablit, la justice, la paix et l'immortalité, et partant, encore que ces trois choses ne s'accomplissent pas ici-bas, il est clair qu'elles y doivent être du moins ébauchées (i).
Et voyez en effet, chrétiens, de quelle sorte et par quel progrès Dieu avance en nous son ouvrage pendant notre captivité dans ce corps mortel (2). Il ruine premièrement le péché ; la concupiscence y remue encore, mais elle y est fortement combattue et même glorieusement surmontée ; pour la mort, à la vérité, elle y exerce son empire sans résistance mais aussi l'immortalité nous est assurée. Le péché aboli fait notre sanctification, la concupiscence combattue fait notre exercice, l'immortalité assurée (3) fait notre espérance. C'est la vie du vrai chrétien ressuscité avec le Sauveur que je me propose de vous représenter aujourd'hui avec l'assistance