Choix de serinons, p
La Prédication de lîossuet. 6
neveu, qui s'est permis de prêcher ce sermon. C'est ce que prouvent la différence des écritures ('), et la précaution qu'a prise l'annotateur de changer le texte en tète du discours. Quelques détails de style sont également significatifs. Ainsi cette phrase : « Apprenons, messieurs, apprenons de ces trois patients, do7it la cause est si différente, trois vérités capitales, » est de l'éloquence du neveu, non de celle du grand Bossuet.
Même lorsqu'ils n'ont subi d'altération d'aucune sorte, les seconds exordes peuvent quelquefois sembler un peu pâles, si on les compare aux avant -propos qui les précèdent. Ceux-ci ont été généralement écrits d'inspiration, parce qu'ils l'ont été à la dernière heure, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, et lorsque, la préparation d'ensemble étant achevée, l'auteur était tout pénétré de son sujet. .
Les seconds exordes, à la vérité, nous montrent aussi dans la plupart des manuscrits une grande décision chez leur auteur : il ne prenait la plume qu'après avoir bien arrêté ses vues dans son esprit (2). Mais, à quelques exceptions près.dont la plus remarquable est peut-être le sermon de V Annonciation, 1662 : « 11 a plu à Dieu de se faire aimer. . ., » ils sont rédigés de sang-froid ; et, d'un début quelquefois lyrique, comme celui de la Toussaint {deva.nt le Roi), ou du I^r dimanche de l'Avent (Hora est), ou du Vendredi-Saint (IV« sermon), etc., nous redescendons à une sorte de dissertation, savante, il est vrai, mais didactique et philosophique. Pour nous, lecteurs, la transition est brusque ; mais rappelons-nous qu'il n'en était pas de même pour l'auditoire. Le ton avait baissé ; maïs qu'importe, s'il n'y avait plus la même raison de le tenir élevé ? Pour nous mettre au point, il faudrait, après la vive impulsion dont avait besoin notre inertie, nous recueillir nous aussi un