Jam securis... (Avent, IVe dimanche, 1665), i^r point
l'abattent, de la vertu qu'elle admire et encourage, du vice qu'elle réprouve et qu'elle gourmande, du malheur qu'elle plaint et qu'elle console. C'est là, plus encore que partout ailleurs, que Bossuet est incomparable. On ne conçoit pas que des traités classiques mettent ici Bossuet et Bourdaloue au même rang, et tous deux au-dessous de Massillon ('). Quoi Bossuet n'est pas « cet orateur véhément qui triomphe des volontés rebelles ! — Massillon, un peu plus heureux, ajoute-t-on, ne traitait presque jamais un sujet de sentiment sans faire verser des larmes à tout son auditoire, dit le cardinal Maury ; mais toutefois on n'était pas converti pour cela; la sensibilité était émue, sans que le cœur fût changé (2). » — Laissons Maury, avec ses banalités sonores. Laissons aussi l'orateur plus charmant que vigoureux, « dont l'onction, dit fort bien M. Feugère (3), a été si complaisamment admirée. > « Le mot même d'onction, ajouterons-nous avec ce vrai critique, appliqué à Massillon, est fort impropre ; non point que ce caractère lui ait tout à fait manqué ; mais il trouve peu d'accents vraiment pénétrants et qui aillent au cœur. » Les accents vraiment pénétrants, comment tous ne les sentent-ils pas dans Bossuet, avec « la flamme spontanée et communicative, le don indéfinissable, caractère de la haute éloquence, rare privilège de quelques grands orateurs, et qui élève les Bossuet encore bien au-dessus des Bourdaloue (4)?» Comment donc a-t-on pu s'y tromper ? Serait-ce que les premiers auteurs de semblables appréciations, que la routine ramène complaisamment, ayant pour idéal une éloquence de manuel, auraient voulu trouver une émotion de commande à l'endroit précis où les rhétoriques ont décidé que l'on sera toujours ému, c'est-à-dire dans la péroraison ? Certes il est des péroraisons pathétiques dans Bossuet ; telle, celle de la