Mss., 12.825, f
non avec le verbe, mais avec le pronom. Cet usage, qui sera définitif, est le retour à l'ancien emploi, mais seulement après une voyelle : a til, semble til.
Notez qu'en un sens comme dans l'autre, cette orthographe était voulue. Non seulement, elle est constante dans les manuscrits où nous l'avons rencontrée, mais on y peut relever des corrections significatives. Ainsi, dans le i^"" sermon pour \ Exaltation de la sainte Croix, manuscrit donné en 1847 par M. Monmerqué à Monseigneur Allou, évêque de Meaux, Bossuet ayant laissé échapper par mégarde : comblera il, a elle, contre beaucoup d'exemples en sens contraire, il efface, et met: comblera til ; a telle.
Prenons maintenant le mot heureux, et ses composés ou dérivés : bienheureux, malJieureux, Jieureusement, etc. Le Père Chifflet nous apprend, en 1659, qu'à cette date Jiurejix, malhureux, était encore la prononciation du beau monde et de la cour. En 1656, nous avons vu Bossuet écrire alternativement Jiureux et Jieureux ; et nous avons aussi constaté que la première de ces deux formes était seule admise dans certains manuscrits antérieurs. Bientôt au contraire la seconde régnera seule ('), par exemple, dans le sermon du Rosaire (-), (octobre, 1657 : la date est donnée par Ledieu dans ses Mémoires, d'après ceux de Navarre même où il fut prononcé).
Mais, chose digne de remarque, l'orthographe définitive de Bossuet, autrement dite l'orthographe actuelle (heureux), n'apparaissait point pour la première fois en 1656 dans ses manuscrits. Dans les plus anciens ce mot n'était pas écrit autrement : le Péché d'habitude, saint Gorgon, et les deux opuscules, méditation et sermon sur la Félicité des Saints, portent constamment heureux, bienheureux... sans exception.
Quelques autres faits encore, avant de conclure. Le mot
I. Exceptions très rares : rechutes accidentelles. Ms. à Meanx,
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temps, qui est ainsi écrit en 1656 ('), et qui le sera désormais jusqu'à la mort de l'auteur, était le tnns dans les manuscrits phonétiques. Il en allait de même de ses dérivés long tans (longtemps), /r/w/rt/zj-. Mais le plus ancien des autographes de Bossuet que possède la Bibliothèque nationale, l'abrégé du sermon sur le Pcchc d'habitude, contient une fois longtemps, et n'a point d'exemple en sens contraire. On lit de même : le temps, dans un cxorde sur le///'^^///r;;/<:/t7'«/^;'(^), manuscrit d'une antiquité si exceptionnelle, qu'on a été tenté de douter s'il était sorti de la main de Bossuet.
Les formes même, nôtre, nôtre, cête, etc., qui, vers 1656, ont cédé la place à mesme, nostre, nostre, ceste, etc., n'ont fait, elles aussi, que la leur restituer ; dans la Méditation sîir la Brièveté de la vie, dans Saint Gorgon, dans Omnia vestra i-//w/ (Toussaint), et dans la Méditation sur le même sujet, en un mot, dans les premiers manuscrits, Xs étymologique est plus souvent exprimé qu'il n'est remplacé par l'accent circonflexe. C'est la seule orthographe du Pcchc d'habitude, et de l'exorde sur \ç. Jugement dernier.
11 y a donc des ondulations, pour ainsi dire, dans cet essai d'orthographe phonétique. Des exemples, que nous avons tous choisis dans des autographes dont la date est connue par ailleurs, montrent que l'orthographe phonétique a régné peu de temps dans les manuscrits de Bossuet, qu'elle s'y est timidement introduite, et s'en est peu à peu retirée. En 1650, on touche à l'épanouissement complet. Jusque-là il y a progression croissante, les formes phonétiques étant un peu plus accusées dans la Méditation sur la Brièveté
1. Ce n'est donc pas à plus de quarante ans, étant précepteur du Dauphin, que Bossuet a appris à écrire le temps (Gazier, Choix de sermons, Introd. , XI). Il y avait quinze ans qu'il ne l'écrivait pas autrement. J'en ai trouvé un exemple isolé dans un manuscrit de 1653 [Exaltation de la sainte Croix J. Exemple (unique) en sens contraire : \e printjiis (1666. Exorde : Solvitc, 12.824, f. 63), mais ibid.: long temps.