‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 135 sur 243 · I. Bossuet orateur, p · texte numérisé non relu

I. Bossuet orateur, p

l82 DEUXIÈME PARTIE.

l'allusion à la paix des Pyrénées, dans la dernière partie du discours, avaient donné la date, en étendant toutefois leur conclusion à tout l'ensemble de l'œuvre, dont la première rédaction est, comme nous l'avons dit (^), de l'année précé- , dente. La pagination du 3^ point nouveau montre d'ailleurs î qu'il a été composé à part, et qu'il forme un tout en son genre.

— 2 j juillet 1660. Panégyrique de saint Jacques.

(Plus de manuscrit,)

Bossuet renvoie à ce sermon dans celui du dimanche des Rameaux, 1661, ?>\xx les souffrances. L'idée qu'il faut accepter la douleur comme un traitement médicinal, est en effet développée dans notre panégyrique. On n'a pas compris jusqu'ici le renvoi de Bossuet : on a cru qu'il citait l'Epître de ; saint Jacques le Mineur (2), Il dirait alors en latin : Jacob., avec l'indication du verset ou tout au moins du chapitre. Il suffit d'ailleurs de lire la fin du panégyrique (^) pour trouver ; le passage auquel il se reporte. On voit l'impossibilité de i transporter à l'époque de Meaux, comme le fait M. Lâchât, une œuvre à laquelle Bossuet se réfère en 166 1,

— 1660. Sermon pour la fête de l'Assomption (i^'' des e'dit.).

(Manuscrit à Meaux.)

Le manuscrit de ce discours est à Aleaux ; mais il y a un

sommaire autographe à Paris, sur la même feuille (''•) que \

celui du sermon pour la Compassion. C'est donc avant 1662 * qu'il en faut chercher la date.

M. Lâchât propose 1661, pour ce motif qu'il aurait été \ prêché aux Carmélites, où Bossuet fournit un Carême en

cette année. L'examen du manuscrit ne nous a pas permis 1

d'accepter cette conclusion, toute voisine qu'elle est de la 1

vérité. Les autographes de 166 1 ont une physionomie parti- )

culière ; ils ressemblent plus à ceux des années suivantes ;

I. Ci-dessus, p. 172. — 2. Voy. édition Gazier, p. 222. - 3. Lâchât, XTT, p. 278. — 4. Mss. , 12.823, f- ii6-

qu'à ceux des années précédentes. D'ailleurs c'est très gratuitement que l'on suppose notre sermon destiné aux Carmélites. Il ne contient pas un mot qui indique cet ordre plutôt qu'un autre.

L'absence de toute allusion aux macérations et aux austérités ferait plus naturellement songer encore une fois à la Visitation.

Mais, nous dit-on, « aux Carmélites, Bossuet ne parlait qu'à des religieuses, et voilà pourquoi il emploie seulement dans notre sermon l'appellation : mes sœurs. » Cet argument que nous rencontrons souvent, porte partout à faux, et particulièrement en cet endroit. La chapelle des Grandes Carmélites, loin d'être un sanctuaire fermé, était au contraire des plus fréquentées, surtout par le beau monde, comme nous le verrons bientôt. D'autre part il faut toute l'assurance de M. Lâchât, pour affirmer que l'appellation mes sœurs règne seule dans le présent sermon. Lui-même n'imprime-t-il pas dix fois : chrétiens? et une fois : messieurs ? Je ne tiens pas compte dans ce calcul des passages interpolés, signalés précédemment (^).

— 8 septembre 1660. Vêture de M^^^^ de Bouillon de Château- Thierry, aux Carmélites de Paris. (Plus de manuscrit.)

La date est connue. Il faut lire dans M. Floquet {-), le commentaire historique de plusieurs passages de ce discours. Celui-ci est le plus essentiel à noter : « Quelque illustre que soit cette assemblée, on ne s'aperçoit que trop de ce qui lui manque ; Dieu veuille que l'année prochaine la compagnie soit complète! » — L'année prochaine, c'est-àdire à la cérémonie de la Profession. — « Que ce grand et invincible courage se laisse vaincre une fois ! et qu'après avoir tant servi, il travaille enfin pour lui-même ! » On comprend qu'il s'agit de Turenne ; mais ce ne fut que huit ans plus

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