‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 179 sur 243 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

CH. II. PARtS ET ME AUX. 253

il n'aurait garde d'acheter le plus grand honneur du monde par une mauvaise action, etc.; pour la 2 p. (pour la 2^ partie). » D'autre part le sermon du Carême de 1666 a été, lui aussi, retouché d'une manière significative : le 2^ et le 3^ point ont été détachés du reste, et recouverts d'annotations nouvelles. Il est très aisé, par endroits du moins, de distinguer celles qui sont contemporaines de la première rédaction (') d'avec celles qui ont été ajoutées plus tard.

IV'' DimancJie, Fragment sur les Réduites.

(Mss., 12.822, f. 242-246.)

Pour le IV" dimanche, une œuvre entièrement nouvelle et complète fut composée : c'est ce qui se conclut de la pagination (45-50) du trop court fragment qui a survécu, et du soin exceptionnel avec lequel ces six pages (') ont été écrites.

Quel accident ou quel attentat a fait disparaître les quarante-quatre premières pages, et celles qui suivaient la cinquantième, car celle-ci se termine au milieu d'une phrase .-*

L'objet du passage conservé est de protester vigoureusement contre les rechutes continuelles : « [Un fruit], disait l'orateur, commence par être vert, et sa crudité offense le goût ; mais il faut qu'il vienne à la maturité ; ainsi le pécheur qui se convertit peut demeurer quelque temps infirme et fragile ; et les fruits de la pénitence, quoique encore amers et désagréables, ne laissent pas d'être supportés par l'espérance qu'ils donnent de la maturité. Mais que jamais nous ne soyons mûrs, c'està-dire jamais fermes, ni jamais constants ; que jamais nous ne produisions ces dignes fruits de pénitence tant recommandés dans l'Évangile (3), c'est-à-dire une conversion durable et constante ; que notre vie toujours partagée entre la vertu et le

1. Par exemple, p. 22 du manuscrit (12.822, f. 167). En détachant les deux derniers points. Bossuet a pris soin de récrire au bas de la p. 12 les dernières lignes du premier, qui étaient reportées au commencement de la p. 13.

2. Il y a huit pages au manuscrit {12.822, f. 243-246), mais la f. 243 est une autre épave, qui fait double emploi ; c'est une feuille retranchée par Bossuet au sermon de Pâques, 1681.

3. Précisément dans le ch. m de saint Luc, d'où est tiré l'évangile du quatrième dimanche de l'Avent.

La Prédication de Bossuet.

crime ne prenne jamais un parti de bonne foi : ou plutôt que ne gardant plus que le seul nom de vertu, elle prenne le parti du crime et le fasse régner en nous malgré les sacrements tant de fois reçus ; c'est un monstre dans la doctrine des mœurs (')... »

L'extrait s'arrête à l'endroit oii l'orateur exposait et réfutait l'objection chère aux jansénistes pratiques, qui affectaient, par un respect singulier pour l'Eucharistie, de ne la recevoir \ jamais. « Ah ! dites-vous, vous me convainquez... >/ Ces seuls ■ mots au bas de la dernière page conservée indiquent le développement, qui, heureusement, se retrouve ailleurs dans les œuvres de Bossuet (-) : « Ah ! il est vrai, vous me couvain- i quez : dans la faiblesse où je suis, jamais je n'approcherai des saints sacrements.

« J'avais prévu cette malheureuse conséquence. Nous voici donc dans ces temps dont parle saint Paul, où les hommes î ne peuvent plus supporter la saine doctrine. Prêchez-leur la miséricorde toujours prête à les recevoir, au lieu d'être attendris par cette bonté, ils ne cesseront d'en abuser jusqu'à ce ' qu'ils la rebutent et la changent en fureur : faites-leur voir le péril où les précipite le mépris des saints sacrements, il n'y 5 a plus de sacrements pour eux. Combien en effet en connaissons-nous qui n'ont plus rien de chrétien que ce faux respect pour les sacrements, qui fait qu'ils les abandonnent, de peur, disent-ils, de les profaner ! Le beau reste de christianisme ! comme si on pouvait faire, pour ainsi parler, un plus grand outrage aux remèdes que d'en être environné sans daigner les prendre, douter de leur vertu et les laisser inutiles (3) ! »

Puisque Deforis a bien imprimé ce passage dans le sermon de Pâques, 168 1, il faut croire qu'il n'en aurait pas répudié î

1. Voy. la suite dans les éditions, au Ille dini. de Carême (Lâchât, IX, 233) où ce fragment a été interpolé. :

Page 1