Jour anniversaire de la canonisation du saint Docteur
4. Par exemple, dans les sermons : Qiilnquagésitne, i^"" sermon ; début du 1"=' point, Bossuet lire de saint Thomas une théorie d'un « bon entendement », assez semblable à celle que donne M. Thiers dans la Préface du XYIIT' vol. de son Histoire du Consulat et de [Empire. Là le Docteur angélique est appelé « ce grand homme » par notre orateur.
que le choisir pour docteur, c'est choisir saint Augustin pour
guide (0- »
Aussi Bossuet fut-il inspiré dans les deux éloges qu'il fit du Docteur angélique. Le premier de ces discours, prononcé dans l'église des Jacobins ou Dominicains réformés, dans la rue Saint- Honoré, est célébré avec enthousiasme par le gazetier Loret.Ses vers macaroniques attestant le cas qu'on faisait de Bossuet à Paris, dès sa 30^ année, la lettre historique du 10 mars 1657 mérite à ce titre d'être citée, malgré sa platitude:
Monsieur l'abbé de Bossuet,
Qui, sans mentir, n'est pas muet,
Mais que d'ouïr on est bien aise,
Soit hors la chaise (chaire), ou dans la chaise,
Puisqu'enfm c'est son élément
De discourir divinement ;
Le jour du Docteur Angélique,
Cet orateur évangélique.
Mais orateur, s'il en fut onc.
Dans les Jacobins prêcha donc ;
Et du saint publiant la gloire,
Charma si bien son auditoire,
Contenant plusieurs gens lettrés.
Et du moins six ou sept Mitres,
Que tout de bon la voix publique
Loua tant son panégyrique,
Qu'il fut, étant de tous prisé.
Lui-même panégyrisé.
L'un soutenait à sa louange
Qu'il possédait un esprit d'ange,
Alléguant ce raisonnement,
Qiiil prêchait plus qu'humainement.
L'un disait : A voir son visage,
Il est encor tout jeune d'âge.
Et pourtant où voit-on des vieux
Édifier et prêcher mieux?
I. Édition Lâchât, IV, 507. Les anciens éditeurs n'avaient pas donné ce XIIP livre. Dans l'endroit cité (le cli. tv'=), les Jésuites sont loués de leur attachement à saint Thomas, dont leur fondateur a fait la garantie de leur orthodoxie.
Bref, sa harangue étant finie,
Toute l'illustre compagnie
De l'exalter prit de grands soins ;
Et moi, qui n'en pensais pas moins,
Je sentais que son éloquence
Avait touché ma conscience,
Dissi])é presque ma langueur,
Et réchauffé mon tiède cœur.
Il presse, il enflamme, il inspire :
Et certes on a droit de dire
Que ce jeune prédicateur.
Dont chacun est admirateur,
Est une lumière nouvelle,
Qui d'une manière si belle
Nous enseigne la sainteté,
Qu'on ne saurait, en vérité,
A moins qu'avoir l'âme brutale.
Tenir bon contre sa morale.
La mention du sermon perdu du 3 février 1658 (IV^ dimanche après l'Epiphanie), est intéressante en ce qu'elle contient les titres officiels dont Bossuet était alors qualifié : <i Nous avons le dit jour..., — c'est l'évêque Bédacier qui parle, — solennellement béni la chapelle et oratoire;et en icelle, après la prédication qui y a été faite par notre cher et vénérable frère en Notre-Seigneur, messire Jacques-Bénigne Bossuet, Docteur en théologie, conseiller et prédicateur ordinaire du roi, chanoine et grand archidiacre de l'église cathédrale de Metz, supérieur préposé pour la direction spirituelle et temporelle de ladite communauté [delà Propagation de la Foi] et des filles qui la composent ; nous avons en icelle célébré le saint sacrifice de la Messe (i). »
En 1661, l'unique sermon qui manque entièrement au Carême des Carmélites (car celui de la Purification est du moins représenté par un sommaire autographe, exceptionnellement développé),traitait,je crois, du danger des Rechutes,