Mémoires, p. i
2. Celles des dernières aniiées 1701, 1702 dans le Journal de Ledieu, sont particulièrement précieuses. \ cette date d'ailleurs, Bossuet avait fini par ne plus écrire du tout avant de prêcher, selon ce qu'il disait en 1698, à la sujur Cornuau : « Je n'écris rien de mes be.m ons, ma fille. »
de ce qu'il avait vu à Meaux, plus exact par conséquent en . ceci que dans ses récits de seconde niain sur la jeunesse de î Bossuet, nous dit :
« Il jetait sur le papier son dessein, son texte, sêspretives ('), \ sans s'astreindre ni aux paroles, ni au tour de l'expression, | ni aux figures ; autrement, lui a-t-on ouï dire cent fois, son ' action aurait langui, et son discours se serait énervé. Sur cette | matière informe, il faisait une méditation profonde dans la f matinée du jour qu'il avait à parler, et le plus souvent sans ' rien écrire davantage, pour ne se pas distraire, parce que | son imagination allait bien plus vite que n'aurait fait sa main. Maître de toutes les pensées présentes à son esprit, il fixait dans sa mémoire jusqu'aux expressions dont il voulait se servir ; puis, se recueillant l'après-dînée, il repassait son discours dans sa tête, le lisant des yeux de l'esprit comme s'il eût été sur le papier, y changeant, ajoutant et retranchant comme l'on fait la plume à la main. Enfin, monté en chaire, et dans la prononciation, il suivait l'impression de sa parole \ sur son auditoire, et soudain, effaçant volontairement de son esprit ce qu'il avait médité, attaché à sa pensée présente, il \ poussait le mouvement par lequel il voyait sur le visage les | cœurs ébranlés ou attendris (-). » |
Voici bien la méthode de l'improvisation sérieuse, telle ^ que la préconise Fénelon dans le second Dialogue snr Vélo- !î quence. Bien qu'il n'ait jamais prononcé le nom de Bossuet 'I à propos de Xéloqiience de la chaire, il est difficile de croire | qu'il ait pu ne pas songer, au moins involontairement, à ce grand orateur, qu'il avait quelquefois accompagné, comme nous le verrons, dans ses missions et ses visites pastorales. Où pouvait-il mieux rencontrer cet « homme savant qui se remplit de son sujet, qui a beaucoup de facilité à parler;... qui médite fortement tous les principes du sujet qu'il doit
T. Ledieu ajoute : « En français ou en latin, indifféremment. » Nous avons signalé dans notre première partie (ch. i^r, p. 22), la confusion qu'il a pu faire entre les canevas de sermons et les Remarques morales.