Traduit au commencement du 2^ point. — Lâchât, VIII
Proinde, domine frater, mutuam tibi caritatem libens reddo, gaudensque recipio ; quam recipio, adhuc repeto ; quam reddo, adhuc debeo (^). [Je reçois de vous avec joie, et je vous rends volontiers la charité mutuelle... Je demande encore celle que je reçois ; et je dois encore celle que je rends.] Unum enim magistrum... dociles audire debemus, praecipientem acdicentem : Neniini qiiidquani debeatis, nisi ut inviceni diligatis(^).1>
Le texte de saint Paul, cité par saint Augustin dans cette dernière phrase, n'a pas été négligé par Bossuet : il en a fait même la base de toute son argumentation en tête de son discours. On lit en effet aussitôt après XAve Maria: « La charité fraternelle est une dette par laquelle nous nous sommes... redevables les uns aux autres; et non seulement c'est une dette, mais je ne crains point de vous assurer que c'est la seule dette des chrétiens, selon ce que dit l'Apôtre saint Paul : Nemini quidqiiam debeatis, nisi lit inviceni diligatis : Vous ne devez rien à personne, sinon de vous aimer mutuellement. » — Suit la division, qui montre que Bossuet ne cherchait pas dans les Pères ou dans l'Ecriture de simples ornements à son discours ; mais qu'il y puisait volontiers le fond même du sujet qu'il avait à traiter : 1° La charité est une dette, dette privilégiée et indispensable ; 2'^ il y a autant d'obligation de l'exiger que de la recevoir (il s'agit de l'exiger par bienfaits et bons offices) ; 3° enfin il ne suffit pas de l'exiger simplement, il faut en quelque sorte l'extorquer par force, en demandant main forte à l'autorité supérieure (par la prière) : Diligite inimicos vestros ; — benefacite his qui oderunt vos ; — orate pro persequentibus vos.
S'il y a dans ce plan quelque apparence de subtilité, c'est l'inconvénient de la fréquentation de saint Augustin, tout