CHAPITRE XVII
loire, et rétablir le combat, si cela devenait nécessaire.
FréJéric dut se repentir de n'avoir pas suivi cette maxime à Kunersdorf.
11 paraît aussi que le roi engagea mal à propos son front aux secondes attaques , et s'opiniàtra inutilement à la prise du Ruligrund. J'ai vu le champ de bataille, et me suis convaincu que tout aurait été gagné si l'on avait tourné le ravin et emporté le Spitzberg; c'était là vraiment la clef de la seconde position. Le roi , pouvant facilement découvrir cette hauteur retranchée , aurait dû sentir son importance. Après avoir occupé Kunersdorf, il fallait qu'il appuyât son mouvement à gauche ; que Finck vînt remplacer son aile droite devant le Kuhgrund ; que cette aile, se rabattant sur Kunersdorf, eût tourné le Spitzberg, tandis que la gauche l'aurait attaqué de front: dès-lors, le chemin creux n'eût plus été tenable. D'ailleurs, l'ennemi n'aurait pas eu le temps d'y prendre poste et d'organiser sa défense, si la droite, formée en colonnes d'attaque, comme je l'ai déjà dit, eût exécuté ses mouvemens avec rapidité , pour achever ce que les grenadiers avaient si bien commencé.
4o4 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.