‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 56 sur 200 · CHAPITRE XI. iSy · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. iSy

les hussards de Riiesch chargeant avec impétuosité, déHvrèrentJe bataillon Kreutz, reprirent la batterie, et jetèrent les Russes par Zicher sur le marais, où plusieurs restèrent embourbés. Les Cosaques incendièrent ce dernier village; mais les troupes qui l'avaient déjà entouré, sabrèrent ceux qui voulurent en sortir; les autres , victimes de leur barbarie , furent brûlés dans les maisons où ils cherchaient un asile.

L'infanterie de l'aile droite continua à marcher en avant; mais les affaires allaient d'autant plus mal à la gauche que les Russes venaient d'attaquer de rechef avec audace. Les bataillons qui se trouvaient à cette aile , et qui avaient combattu avec tant de courage à Jsegerndorf dansla campagne précédente, lâchèrent le pied devant quelques escadrons et quelques bataillons à moitié rompus, par suite d'une impression morale dont il serait impossible de se rendre compte; ils ployèrent en désordre jusqu'en avant de Wilkersdorf, sous les yeux même de leur roi , exposé à tous les dangers , et malgré les eiforts des généraux et officiers qui voulaient les rallier.

On eût dit qu'il était réservé à la cavalerie de prouver, dans celte journée , tout ce qu'elle peut faire , lorsqu'elle est brave et bien commandée. Seidlitz, dont le coup-d'oeil semblait acquérir plus de vivacité et de pénétration dans le dan-

l38 TRAITÉ DES GRANDES OPERATION'S MILITAIRES.

ger, accourut avec les escadrons de l'aile gauche , remplit aussitôt l'intervalle que la retraite des bataillons venaient de laisser, et chargea de nouveau ]a cavalerie russe, avec tantde vigueur, qu'il la chassa jusque dans les marais de Quartschen. Ce mouvement eut lieu, au moment où les régimens de la droite , rompaient l'aile gauche des Russes, et la jetaient sur les troupes de Seidlitz, qui conversa à droite , et chargea sous une grêle de mitraille 1 infanterie russe qui tenait encore près du Galgerjgrund. Ici le combat devint terrible, et la mêlée affreuse : infanterie , cavalerie, tout était confondu. Le feu cessa entièrement, on se battit au sabre, à la baïonnette et à coups de crosse, avec un acharnement diflicile à dépeindre (i). Le désordre était égal dans les deux armées; mais les Prussiens avaient conservé plus d'ensemble , par leur supériorité dans les manœuvres.

Après une résistance héroïque, les Russes furent enfin repoussés , à droite par le Hofbruch sur Darmutzel , et à gauche, vers Quartschen et Zorndorf (2). Les régimens Forcade et Prince de

(i) Les charges à la baïonnette et les grandes mêlées n'ont lien ordinairement que dans les relations; à' Zorndorf, elles furent réelles ; mille témoins Font assuré.

(2) La ligne ayant changé de front, la droite en avant, Zorndoif îie se trouvait plus occupé par les Prussiens.

Page 1