CHAPITRE XII. l
rirtipératrice; mais les défenses que l'art et la nature ont prodiguées à celte province , soutenues par l'armée du margrave Charles , auraient contenu les Autrichiens assez long temps pour donner au roi le temps de revenir à son secours : la prise d'une place ou deux ne pouvait d'ailleurs remplir les vues qu'on se proposait, parce que les préparatifs nécessaires pour un siège eussent conduit jusqu'à la lin de la campagne. La Saxe au contraire était le point faible des frontières prussiennes et une des principales sources où le roi puisait ses moyens de guerre : sa conquête paraissait moins difficile, puisqu'elle dépendait de la prise de Dresde , qui n'est pas une place du premier ordre. Daun résolut d'y marcher; ce plan n'eût pas été mauvais, si au lieu d'avoir pour objet des mouvemens méthodiques et le siège de Dresde, il avait été combiné de manière à porter vivement la masse des deux armées de Daun et du duc de Deux-Ponts sur le faible corps du prince Henri , afin de l'accabler, et de se porter ensuite contre le roi dans le cœur de ses états. Nous allons voir quel fut le résultat des calculs compassés et de la lenteur du maréchal.
Dès que Frédéric eut quitté la Bohême, Laudoa marcha , le y août , avec une forte division , par Arnau, sur la Haute-Lusace. La grande armée quitta Horzinowes le lo, campa le 17, à Zittau,
l54 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
pendant que Laiidon poussait jusque sur Seidenberg. Le général Harsch resta sur Jes frontières de Silésieavec un corps de lo à 12 mille hommes; et le général Deville avec une forte division de cavalerie et de troupes légères, bloquait IXeiss depuis le 4 <ioût. Cette place pouvait être en elFet plus facilement assiégée qu'aucune autre , parce que les Autrichiens tiraient d'Olmutz tout ce qui était nécessaire à une telle entreprise.
Le margrave Charles instruit, le 10, des mouvemens de Tarmée de Daun, détacha, le général Putkamer, pour observer l'ennemi. Craignant ensuite que les Autrichiens ne portassent un corps considérable sur la Marche, il lit aussi partir le général Zieth en , pour Lowenberg, où il s'établit derrière le Bober, près de Plachwitz: ce dernier porta alors le détachement de Pulkamer à Greifenberg. 11 parait que le margrave considéra dabordles mouveraens de 1 ennemi comme une ruse; il pensa que Daun voulait lui faire abandonner sa position afin de pénétrer alors en Silésie par Landshut et de le couper de Schweidnitz , où il se fortifiait avec soin; mais dès qu il apprit l'arrivée du général autrichien à Zittâu , il résolut de prendre un nouveau camp intermédiaire, sur les frontières de Saxe et de Silésie , pour couvrir ces deux provinces. Afin de faciliter sa marche il envoya d'avance à Lowenberg , sous escorte ,