A S. M. L'EMPEREUR
DE TOUTES LES RUSSÎES, ROI DE POLOGNE, etc.
Sire,
T AI Vhonneur de faire hommage à Votre Majesté Impériale et Royale d'un oiwrage qui a le double but de poser les bases d'une histoire militaire impartiale , et de propager les principes de l'art des combats.
Si, dans les inains des conquérans , cet art est devejîu unjléau , il n'en est pas moins vrai que les nations lui sont souvent redevables de leurs succès ou de leurs revers , de leur gloire ou de leur chute.
Je m'estime heureux , SIRE , d'avoir obtenu du plus généreux des Princes , des témoignages de bienveillance pour un travail aussi incomplet. J'aurais désirée pouvoir le rendre digne de la pj^otection de Fotre Majesté j mais je n'aurais pu
y réussir qu'en renonçant à ma carrière ^ et en me condamnant à un repos qui ne s'accordait ni avec mes goûts , ni avec ma position.
J'ai eu le bonheur de suivre Votre Majesté dans ces dernières campagnes : le plus ardent de mes désiras sera de retracer à la postérité toute l'habileté que je lui ai vu déployé?^ dans les circonstances les plus difficiles.
Il ne me reste plus qu'un vœu a former ^ celui de voir le temple de J anus fermé par les mains généreuses de Votre Majesté j et le bonheur de ses peuples assuré sur des bases inébranlables , attester à la postérité qu Alexandre sut réunir tous les genres de gloiî^e ^ et qu'il mérita vraiment le titre de Grand , trop souvent pj^odigué à des princes sans vertus.
Je suis avec respect , SIRE,
DE VOTRE majesté IMPÉRIALE ET ROYALE ,
Le très-humble et fidèle serviteur^
Vienne, le lo décembre 18x4.
AVERTISSEMEÎNT.
J'offre à mes lecteurs la 3*^ édition d'un, ouvrage commencé en 1802; imprimé pour la première fois en i 8 04 ? et qui dès-lors a été augmenté de plusieurs notes.
Il se compose de deux parties , la première est l'Histoire critique des campagnes de Frédéric II; la seconde estFHistoire critique des premières guerres de la révolution.
Les personnes qui lisent pour passer agréablement leur temps , trouvent surtout la guerre de sept ans lourde et minutieuse ; loin de les blâmer d'un tel jugement, j'ai balancé long-temps si je ne referais pas entièrement ces campagnes, en ne donnant que les grands traits des opérations.
Mais il m'a paru plus convenable de laisser mon ouvrage tel à peu près qu'il était
"VlJj AVERTISSEMENT.
d'abord ; il est destiné aux jeunes gens qui veulent s'instruire , et pour lesquels on ne .saurait donner trop de ces détails qui aident il saisir toutes les petites et les grandes combinaisons du métier de la guerre.
On verra donc dans ces détails, fastidieux en apparence, quelle était alors la manière de marcher, de camper, et de subordonner tout à la marche des magasins : ils sont le type des combinaisons de cette guerre.
Quand j'ai publié mes premiers essais ;, très-jeune encore ^ je me défiais de mes forces , je voulais détruire le système des vastes champs de bataille de 3 o o lieues , prôné par des écrivains renommés ; celui des longues lignes de feux imaginé par Mack, et les retraites excentriques de BliIow : je présentais des principes qui n'étaient pas neufs sans doute, puisque les principes sont de tous les temps ; mais je les présentais , et les appliquais d'une manière jusqu'alors inconnue. Pour appuyer