‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 99 sur 196 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

tifier d'avoir laissé éparpiller son escadre.

Ce n'était qu'un prélude à des désastres plus sanglants : aussi opiniâtre à mal choisir ses amiraux que ses ministres, la marquise de Pompadour, dont on se rappellera longtemps la funeste influence, avait déterminé Louis XV à confier le *ort de sa marine à l'inepte et pusillanime maréchal de Conflans, et persista à le faire sortir de Brest, malgré l'échec essuyé par la flotte de la Méditerranée.

Les forces ennemies qui l'observaient furent dispersées par une tempête, sans qu'on M*it en profiter pour les poursuivre; Conflans sortit enfin le 14 novembre-, mais à peine signala-t-on l'escadre anglaise de 23 vaisseaux aux ordres de l'amiral Hawkc, qu'il se jeta à la côte, imaginant que l'ennemi n'oserait pas le poursuivre en bravant des écueils inconnus. Son arrière-garde se trouva engagée dans ce faux mouvement; et bientôt séparée du reste de la flotte, elle eut « soutenir un combat inégal.

Le lâche maréchal sans rien faire pour la dégager, échoua avec le vaisseau amiral ; une de ses divisions alla chercher un refuge dans la Vilaine, que l'on ne croyait pas pouvoir abriter des frégates. Le résultat de la bataille la plus malheureuse n'aurait pas surpassé cette honteuse retraite, qui coûta 0 vaisseaux coulés , échoués ou brûlés. Si on eût tourné vers la marine les ressources qu'engloutit l'armée du Hanovre, la France n'eût pas essuyé ces revers, que de tardives alliances ne réparèrent jamais.

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