Pausanias, I, 22; VI, 23; Athénée, XIII
1 Ànthclog. grœc, 1. 1, p. 26^ édit. Tauchnitz.
3. Musée du Vatican , Corridor Chiaramonti , n* 44. — C'est ce buste que nous donnons en tète de ce livre. 11 est gravé d'après une très-belle photographie que M. Adolphe Braun a bien voulu faire pour nous lors de notre séjour à Rome. Ce buste est certes le plus remarquable ï tous égards des Alcibiades d'Italie. Par sa barbe naissante et par ses traits d'une pureté eanoniquef Alcibiade parait vingt ans; par Tex-
222 HlfiTOIRB d'ALGIBIADE.
scriptioD grecque AAKIB^; une statue de marbre figu-
rant un homme nu, qui, le pied sur son casque tombé à terre, combat avec un glaive brisé ^. Le musée du Gapitole a aussi un buste d'Alcibiade', à Fâge d'environ vingt-cinq ans.
Un autre buste d'Alcibiade, à quarante ans, est au musée de Naples\ Un autre, paraissant à peu près le
pression sereine et puissante du visage, il paraît trente ans. Dans cette tôte, il y a de TApollon et du Zeus. Cest un dieu, mais un dien tombé, qui a toutes les passions et toutes les ambitions humaines.
1. Musée du Vatican^ salle des Muses, n* 510. —Ce buste est un de ceux que Visconti, a donnés dans VIconographie grecque (pi. XVI). Il le considère, on ne sait trop pourquoi, comme une copie de la tête de la statue que l'empereur Hadrien ayait iait élever sur le tombeau d'Aidbiade à Mélissa. Nous préférons de beaucoup le précédent et celui du musée de Naples. Le buste de la Salle des Muses est celui qui diifère le plus des sept autres figures d*Alcibiade que ^antiquité nous a légaéOi Le front est bas, les lèvres minces, Tarcade sourciiière à peine prononcée. L'énergie de l'expression, tempérée dans les autres, est poussée ici Jusqu'à la dureté. Ce n'est pas là le bel Âlcibiade.
2. Musée du Vatican, Chambre de la Bige. — C'est ce beau marbre qui serait peut-4tre plutôt une copie de là statue du tombeau d'Âlcibiade. La figure est grande et forte. La poitrine large se dilaté. 11 est assez difficile de bien distinguer la tété à cause du demi-jouT qui règne dans cet angle de la pièce. Elle est petite et rappelle celle du musée de Naples avec la barbe plus courte.
3. Musée du Capitole, Salle des Bustes. — Œuvre banale, sans catactère. La tète ressemble à celle du corddor Chiaramonti.
4. Musée Borbonico, salle de la Callipyge, n» 58. — Ce buste est le prototype d'Alcibiade à l'âge viril, comme le buste du Corridor Chiaramonti est le prototype d'Alcibiade jeune.
LES BUSTES d'aLCIBUDE. 2S3
même âge» à Florence, aux Uffiszi^. Enfin on retrouve Alcibiade pour la septième fois sur une pierre antique, tirée du cabinet de Fulvius Ursinus et gravée dans le recueil de Faber et dans Ylcanographie grecque de Visconti^. C'est Alcibiade adolescent, Alcibiade à dix-huit ans.
Toutes ces images d' Alcibiade, comme nous Tavons dit, se ressemblent entre elles, à cette seule réserve que les Alcibiades jeunes, tels le buste du corridor Gbiaramonti, la pierre gravée et le buste du Gapitole ont naturellement la barbe moins fournie, les traits
1. Musée des Offices, n* 203. -^ Le buste se rapproche beaucoup du buste du musée de Naplesi sauf que la barbe est très-courte^ les yeux enfèncés et Tarcade sourcilière peu développée. Le nez, droit, n'est pas tout à fait assez long pour la parfaite proportion du visage. L'expression est songeuse, presque triste. C'est Alcibiade revenu des joies et des grandeurs humaines.
2. J. Faber, Imag. ex hiblioth, F, Ursini, pi. 4; Visconti, Iconth grûphie grecque, t. I,pl. 16. — Nous devons avouer que nous avons vainement cherché cette pierre antique dans les galeries publiques et privées de Florence, de Rome et de Naples. Cependant elle s'y trouve puisque une cire^ exécutée récemment en Italie , d'après la pierre elle* môme, nous a été très-gracieusement communiquée par H. Nigta^ ministre d'Italie, dont on connaît les savantes études archéologiques et les beaux travaux littéraires,— Une autre pierre gravée représente j dit Faber et répète Visconti, les profils accolés de Socrate et d'Alcibiade avec letirs noms inscrits en grec, et dans cette pierre le profil ^Alcibiade est identiquement le même, selon ces auteurs, que celui de U pierre gravée qu'ils doiment dans leurs recueils.
224 HISTOIRE D'aLCIBTADE.
moins accentués, les rides moins marquées, les méplats moins accusés, et l'expression générale moins énergique que les Alcibiades à Tâge viril. Sauf ceci» ce sont les mêmes traits, c'est la même expression. La tête est bien construite; le visage s'allonge en ovale parfait; le cou est à la fois fort et élégant, comme celui d'Hermès, Dieu des exercices gymniques. Le profil absolument régulier a les proportions parfaites et les formes pures de l'archétype de la beauté grecque. Encadré par une chevelure courte et frisée le front est large. Une barre géniale s'estompe puissamment entre les bosses frontales, accusées avec une énergie excessive, et l'arcade sourcilière, longue et proéminente. L'œil est grand et bien ouvert. La paupière supérieure, suivant le mouvement de. l'arcade sourcilière, tombe un peu, et la paupière inférieure paraît battue par les voluptés. Le sourcil n'est pas arqué : droit à sa base, il remonte imperceptiblement au point central et s'incline alors jusqu'à son extrémité. Le nez, fin et droit, se termine par un beau méplat. Les ailes qui recouvrent les narines, bien dessinées, ni trop ouvertes, ni trop fermées, sont grassement modelées et semblent douées d'une excessive mobilité; Il y a fort peu de distance du nez à la bouche qui s'entr'ouvre sur la pierre gravée et sur le buste du Gor^
LBS BUSTES d'aLOBIADB. 225
ridor Ghiaramonti et qui se ferme dans les. autres bus« tes. La bouche à lèvres charnues^ dont les coins tom* bent, est sensuelle et dédaigneuse. Dans les bustes de la première période, la ride qui part du nez et qui suit le contour de la bouche, et les rides de l'extrémité de l'œil , Tulgairement appelées pcute d'oie, sont déjà assez profondément marquées. Elles se creusent encore davantage dans les bustes de la seconde période, alors que les malheurs et les passions ont tracé plus avant leur sillon. Le contour du menton s'arrondit en virgule parfaite. La ligne en est si durement marquée qu'on la retrouve sans peine même sous la barbe épaisse du buste du Musée de Naples. Les Alcibiades jeunes ont un léger collier de barbe naissante et une très-fine moustache, à peine indiquée. Dans les autres, la barbe frisée est fournie et rude; la moustache, longue, cachant le haut de la lèvre, retombe à l'Assyrienne et se réunit aux poils de la barbe. L'expression de cette tète est complexe. Cependant son caractère prédominant est une grande énergie concentrée, cachée souslesapparences d'une sérénité dédaigneuse. On sent l'homme qui dit : Athéniens, blâmez mon manteau traînant et mes allures efféminées ; occupez-vous de mes folies et de mes débauches ; vous ne connaissez pas rénergie, Tambition , la puissance d'Alcibiade! Si on tient compte de la mauvaise exécution de ces I 15
marbres» de rimpossibilité pour le statuaire de repr^ senter le jeu de la physionomie^ le charme et Tédat du regard, Tharmonie et les oppositions de tons de la chair, de la barbe et des cheveux de l'être Ylvaiit, on doit convenir que les images plus ou moins authentiques qui nous restent d'Alcibiade ne démentent pas sa grande réputation de beauté.
Quels que fiassent Bts succès de beauté, Alcibiade se maria fort jeune. L'Âlcméonide épousa une Athénienne, nommée Hipparète, qui appartenait à Tune des plus riches et des plus illustres maisons de la cité *. On faisait remonter sa généalogie jusqu'à Triptolème, et la dignité de Porte-Torche aux mystères d'Eleusis était héréditahre dans sa fanûlle*. Son aïeul, Kallias l'Ancien» mari d'Elpinice, sœur de Gimon, commandait un corps athénien à Marathon; il fut ensuite envoyé comme ambassadeur à Artaxercës*. Le père d'Hipparète, HipponikoSy fut élu plusieurs fois stratège et vainquit les Thébains à Tanagra \ Sa mère eut une singulière des-
1. PluUrque, illct&tad., VIII; Isocrate, De Big. 13; Pseado-Andodd., C. Àkibiad., 13; Gomelios Nepos^ Àkibiad., Il; le sooIiBste de Lucien, Jov. Conf, 16.
3. Plutarque, Àrittid., XXV; le scoUaste de Luoien, Jooi Conf. 16.