EXPÉDITION DE BÉOTIE
L'armée se mit eo marche vers Délion par la route accoutumée ^ On traversait les bois d'oliviers, les bras du Géphise, et les plaines buissonneuses qui s'étendent entre le Pamès et le Pentélique ; on gagnait le dème de Décélie, puis on se dirigeait sur le dème de Sphendale par les étroits défilés et les sentiers escarpés qui se creusent entre la chaîne du Pamës et la chaîne du Pentélique. La roule laissait Aphidna à l'ouest, passait à Oroposy et longeait le bord de la mer jusqu'à Délion. Les troupes arrivèrent au temple le soir du second jour après le départ d'Athènes *. Vraisemblablement, on avait bivaqué soit à Sphendale, soit à Oropos ; car quoiqu'il n'y eût que quinze lieues à peine d'Athènes à Délion, il était impossible, à cause des côtes roides et rocailleuses et des ravines encaissées par lesquelles il fallait passer, d'effectuer cette marche en une seule
1. C'était la route que prenaient généralement les armées athéniennes et les armées ennemies pour se rendre d'Attique en Boétie, ou de Boétie en Attique. Entre autres exemples, Tarmée de Hardonius passa par ce chemin, quelques jours avant la bataille de Platées, pour aller de Décélie à Tanagra. En 431 , l'armée lacédémonienne, dans la première inyasion de TAttique, prit aussi cette route pour effectuer sa retrait? sur la Béotie. Thucydide, II, 23. — Aujourd'hui on suit encore exactement le môme chemin, à quelques écarts près, dans les excursions à Marathon et à Chalcis par Oropos, ou à Thèbes par Décélie et Tanagra.