‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 287 sur 298 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(I) On ne pentsans doute préciser le temps oi cette lettre fui écrite. Pagi et d'autres ont reconnu qu'elle n'appartient pas à l'an 831, où la place Baronius, mais à l'an 833. Je croirais volontiers qu'il faut en fiier la date entre Notfl et Pflqnes de l'an 833, à cause de l'état général des choses dnrantees mois. Da reste celte lettre ae trouve aussi dans Bouqdit (VI» p. 887).

C3) D'après toute la marche des relations. Il n'est pas Yraisemblable que les évéques qui se trouvaient dans le camp de Ludwig-le«PieuK aient pris une résolution formelle contre le pape ; il est plutôt à supposer qu'ils •*en tinrent à des actes généraux et à des menaces. Mais il est encore moins vralserablatileqae les évéques aient réeliement envoyé au pape une semblable résolution. Cela même fait déjà suspecter l'aulhenlicité de VEpUtola Gregorii If^ papœ ad episcopos regni Franeiœ, dont on trouve, sous ce titre, un extrait dans BouQUiT (YI» p. 352) I mais le contenu de celte pièce la rend plus suspecte encore. Massom le premier a fait connaître cette lettre et Ta allribuée à Agobard, comme aussi elle a été admise dans les Opéra Agobardi, Pbtbus bs Maxca au contraire a montré, tnvietOi selon l'expression de Bouqubt, ou plutôt il a cru qu'elle a été écrite par Grégoire IV lui-même. Mais avec quelque fadllté que Je puisse accorder que, abstraction faite de la forme , Agobard ait pu écrire cette lettre par rapport é son contenu, il m'est impossible d'admettre qu'elle ait été écrite par l'évéque apostolique. D'abord le pape 7 prend expressément le parti contre Ludwig, et il s'exprime tout aussi durement, plus durement même qu* Agobard et les siens ; il dit par exemple : AdmoneîU noi, ut neque nostra voluntat9 , nequâ alleriuê hortcUu prœsumptiOM prorumpamus ; eo quod, ut dicitis, pertineat ad injuriant et dehonestationem imperialis poteetatiê , et ad minorationem et reprehensionefnnostrm auetorit(ktis, Dieite, quœso, qum sunt ista portenta verborum ? et quid potius pertinet ad dehonestationem imperialis potes tatis, opéra digna eaxommunicatione, an ipsa exeommunieatio ? — Et celte adjonction i ce parti ne semble conforme ni é la position du pape ni à sa conduite ultérieure. De plus, le langage est si indigne et presque si puéril, qu'il ne peut venir que d'un moine grondeur, et nullement du chef suprême de l'Église. Par exemple :... ffœ loqui eogit vos magnitudo superbiœ , œs tintantes sotos vos posse rerum cognoseere causas. F ère dico vobis, quia non sum STULTU8.... Deinde dieitis rem ridiculam subinferentes : Et quod potius tacsrs quam dickrx malui-

MUS; SI ADTXM RON BGKBITIS, ASSBNSUM COMSILIO NOSTRO PSiEBUBBITlS , HONORIS VBSTRl PBBICULO SUBJACBBITIS. Si

potius maluistis, id est, magis voluUtis tacere quam dicere, quare non tacuistis ? Cmsuetudo est in vobis

ui idf qHoâmHi¥ê êst, tineai qkoâ nu^m $êt Majùr vohmtùn eaMtit4n vobis taeere, minor tnttmn éieere 1 et tftmen minor vineit mqforem. Oredendum estom* ntno quoniam in diseordiartrm amatoribus victrix esieupiditas, vieta continentia,.,. Denigue vos non me scitis esse p^oratam : de vobis autem nemo qui d¥bitat hoo esse* In hae re memor esse debuera$ so^ leriiavestraf quia quiounque eloaeam eommoveif guanto ampliuê eommove^it , tastto ampliorem *fmU^ rem exhalari fecit, Esl-il possible que le pape ait écrit quelque chose de ce genre? Et dans quel but rauralt-ilfaittBABONiusn'altrlbue pas celle lettre au pape, mais k Agobard , et il dit qu'elle fut adressée à Lttdwit-le*Pleax luinnéme, ou plutôt il semble la considérer comme un appendice à la lettre dont II a été fait mention plus haut, et même dans cette supposition, il n'en cite que le commencement, et ne dit rien des passages qui nous choquent. Mais il a évidemment tort dans cette hypothèse. Mais quelle a donc été l'origine de cette lettre t C'est ce que Je ne sais pas. Elle a presque l'air d'un exercice d'école.

(3) Tbkganus (cap. 42) : ... Porrexit obviam eis «sque in campum magnum, qui est inter j4rgentariam et Basiteam , qui usque hodie nominatur Campus Mendacii, eo quod ibi piurimorum /Ides extineta sit, ** .^afroisom. (cap. 48) 1 Tandem ergo vwUwn est festivitate S, prœeursoris Christi Jojiakris ir locum , qtii ab eo quod ibi gestum est, perpétua est nominie ignominia notatus , ut voeetur Campus Aientitus» Ludwig se rendit dans le camp de ses fils festivitate S. Pauli, NiTHABB (cap. 4) :... Juxta numtem SigvoaUH castra ponunt. — Annal, Bert,, a. 833 : Filii in pago heli saciœ , in loeo qui dieittnr Rothfelth, id est, rubens-campus, juxta Columbarium, qui deineeps Campus Mentitus vocatur, se eonjunxerunt» Ludwig lui-même dit (dans la Conquestiode crudeUtate et defectione et fidei ruptUme militwn suorum , dans Du Chbshb^ t. II, p. 338) : Locus ex eventu rupta fUiei, pacis et saeramentorum, Mentitus Campus tune appellaiur.

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