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la main une somme d'argent Irès-considérable pour sa fortune. Burton, après avoir vécu quelque temps en exil, revint en Angleterre avec Monmouth , combattit à Sedgemoor, s'enfuit à Londres et se réfugia dans la maison de John Fernley, barbier du quartier de Whitechapel. Fernley était très-pauvre ; il était assiégé de créanciers; il savait qu'une récompense de cent livres avait été offerte par le gouvernement à celui qui arrêterait Burton. Mais cet honnête homme était incapable de trahir celui qui dans un péril extrême était venu se cacher sous son toit. Malheureusement le bruit se répandit que la colère de Jacques était plus forte encore contre ceux qui cachaient des rebelles que contre les rebelles eux-mêmes. Il avait déclaré publiquement que, de toutes les formes de la trahison, la soustraction des traitres à sa vengeance était la plus impardonnable. Burton apprit tout cela. Il se livra lui-même au gouvernement, et dénonça Fernley et Elisabeth Gaunt. Ils furent mis en accusation. Le misérable dont ils avaient sauvé la vie eut le cœur et l'audace de venir déposer contre eux comme témoin principal. Ils furent condamnés , Fernley à la potence, Elisabeth Gaunt au bûcher. Beaucoup de gens , même après avoir vu toutes les horreurs de cette année, croyaient impossible que ce jugement fût exécuté. Mais le roi fut sans pitié. Fernley fut pendu ; Elisabeth Gaunt fut brûlée vive à Tyburn le jour même où Cornish subissait la mort à Cheapside. Elle laissa un écrit, rédigé, il est vrai, en style peu orné, mais qui fut lu avec horreur et compassion par des milliers de personnes. « Ma faute , disaitelle, fut une de celles qu'un prince pourrait pardonner sans danger. Je n'ai fait que soulager une pauvre famille, et, hélas! c'est pour cela qu'il me faut mourir.» Elle se plaignait de l'insolence des juges, de la férocité du geôlier, et de la tyrannie de cet homme , le plus élevé de tous, au bon plaisir duquel elle et tant d'autres victimes avaient été sacrifiées. Elle leur pardonnait le mal
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publiées par le gouvernement, son nom ne se rencontre qu'une fois, et il s'y rencontre sans rapports avec aucun crime qui touche à la haute trahison. D'après l'acte d'accusation et les quelques détails qui nous restent de son procès, il semble clair qu'il ne fut même pas accusé d'avoir participé au projet d'assassinat contre le roi et son frère. L'acharnement avec lequel était poursuivi un homme si obscur, coupable d'une faute si légère, pendant que des traîtres, bien autrement criminels et bien plus éminenls, obtenaient leur grâce en témoignant contre lui, semblait demander une explication, et on en donna une honteuse. Lorsque Oates, après sa flagellation, fut amené à Newgate sans connaissance et, de l'opinion de tout le monde, à l'agonie, Bateman l'avait saigné et avait pansé ses blessures. C'était là une offense qu'on ne pouvait pardonner. Bateman fut arrêté et décrété d'accusation. Les témoins qui déposaient contre lui étaient des hommes d'une réputation infâme, et des hommes qui, en outre, témoignaient pour sauver leur vie. Aucun d'eux n'avait encore obtenu son pardon, et le peuple disait qu'ils péchaient leur proie comme les cormorans privés, la corde au cou. Le prisonnier, stupéfié par la maladie, était incapable d'articuler un mot et de comprendre ce qui se passait. Son fils et sa fille étaient assis à la barre, à ses côtés. Ils lurent, de leur mieux, quelques notes qu'il avait rédigées, et discutèrent les dépositions des témoins à charge. Ce fut en vain; il fut condamné, pendu, et coupé en quartiers \
Jamais, pas même sous la tyrannie de Laud, la condition des Puritains n'avait été aussi malheureuse qu'à cette époque. Jamais les espions n'avaient été aussi activement employés à découvrir les réunions religieuses, ïamais les magistrats, les jurés d'accusation, les rec-
1 Procès de Bateman, dans la Collection des procès d'Étal. — Remarques de sir John Hawles. Il 'vaut la peine de comparer la déposition de Thomas Lee en cette occasion avec ses aveux antérieurement publiés par l'autorité.
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ment considérable de constables, surprit rassemblée et s'empara du prédicateur. Mais la congrégation, qui se composait d'environ deux cents hommes, vint aussitôt au secours de son pasteur et mit en fuite le magistrat et les constables1. C'était là, toutefois, un fait exceptionnel. En général l'esprit puritain semblait, à cette époque, plus abattu qu'il ne l'avait jamais été, avant ou depuis. Les pamphlétaires tories disaient triomphalement que pas un de ces fanatiques n'osait remuer la langue ou la plume pour défendre ses opinions religieuses. Les ministres dissidents, quelque irréprochable que fût leur vie, quelque érninents qu'ils fussent par leur science et leurs talents, n'osaient sortir dans les rues, de crainte d'outrages, qui, bien loin d'être punis, étaient au contraire encouragés par ceux dont le devoir était de maintenir l'ordre. Quelques docteurs de grande réputation étaient en prison. De ce nombre était Richard Baxter. D'autres qui, pendant un quart de .siècle, avaient résisté à l'oppression, perdirent alors courage et quittèrent le royaume. De ce nombre fut John Howe. Beaucoup de personnes qui avaient coutume de fréquenter les conventicules se rendirent aux églises paroissiales. On remarqua que les schismatiques, que la terreur avait portés à cette apparente orthodoxie, pouvaient être distingués aisément par la difficulté avec laquelle ils trouvaient les prières dans leurs livres, et par la manière gauche dont ils s'inclinaient au nom de Jésus 2.
1 Citters, 13-23 octobre 1685.
2 L'Histoire des puritains de Neal, le Mémoire sur lesministres expulsés de Calamy, et le Mémorial non-conformiste contiennent des preuves abondantes de la sévérité de cette persécution. On trouvera la lettre d'adieu de Howc à son troupeau dans la vie intéressante de ce grand homme , par M. llogers. Hcwe se plaint de ne pouvoir sortir dans les rues de Londres, et de perdre sa santé faute d'air et d'exercice. Mais la peinture la pi os vive des souffrances des non-conformistes est celle que nous a donnée leur plus mortel ennemi, Lestrange, dans les numéros de l'Observateur de septembre et d'octobre 1685.