‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 2 sur 171 · Idem · texte numérisé non relu

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tagnea et dans les bois, d'où ils s'élançaient comme Nouveaux autrefois Wallace sur les odieux envahisseurs. Us com- lou,è™mc,,u muni(|uèrent leur ardeur patriotique à toute la nation, Ecos*eoù Edouard ne trouva que des ennemis souvent vaincus et toujours indomptables.

Il fut distrait de cette conquête par une entreprise plus vaste , et ses prétentions sur une plus riche couronne firent éclore la grande guerre continentale, si désastreuse pour la France, et qui est connue dans l'histoire sous le nom de la Guerre de Cent ans.

Le roi de France Charles IV était mort sans enfants, Origine laissant enceinte sa femme Jeanne d'Evreux : cette dc u «uerrc

• avec

princesse étant accouchée d'une fille, Edouard lll, fils '« f™«««. d'Isabelle, sœur des trois derniers monarques français, et Philippe de Valois, cousin-germain du feu roi, élevèrent l'un et l'autre des prétentions à sa succession. Le parlement appelé à décider entre les candidats au trône, donna une nouvelle et dernière sanction à l'interprétation que la loi italique avait déjà deux fois reçue en France. Les femmes furent déclarées privées de tout droit à la couronne, que le parlement adjugea solennellement à Philippe de Valois. Edouard protesta, niais il se contint ; plusieurs années s'écoulèrent avant qu'il appelât de la sentence des légistes à son épée, et il rendit hommage à Philippe, pour les fiefs qu'il possédait eu France.

Les troubles de l'Angleterre, au début de son règne, et la guerre avec l'Ecosse, étaient deux causes puissantes qui engagèrent Edouard à ajourner ses prétentions sur la France, et lorsqu'il eut enfin écarté ces obstacles , son ambition fut stimulée par le ressenti-

10 LIVIIB 1!!. CHAPITRE I.

ment d'un comte français, Robert d'Artois, beau-frère dn roi Philippe. Ce prince, dépossédé par jugement de son comté d'Artois, adjugé à la comtesse Mahaut, sa tante, eut en vain recours aux plus criminels expédients pour obtenir qu'il lui fût rendu; poursuivi comme faussaire et comme coupable de sortilège , à l'effet d'envoûter le roi son seigneur il prit la fuite cl gagna l'Angleterre, où il chercha un vengeur. 11 excita Edouard à revendiquer ses droits sur le royaume voisin et à l'envahir. Mais le roi de France était alors, non-seulement par I étendue compacte de ses Etats et par leur population, le souverain le plus puissant de la chrétienté; il l'était aussi par le nombre et la grandeur de ses vassaux et de ses alliés. Suzerain du roi d'Angleterre pour ses provinces continentales, il était |>arent des rois de Naples et de Hongrie, protecteur de celui d'Ecosse, et comptait parmi ses courtisans les Prtpruifi rois de Navarre, de Majorque et de Bohème. Avant Edouard m. <j0nc de se déclarer, Edouard reconnut le besoin de se ménager de nombreux appuis sur le continent : il conclut des traités avec Louis de Bavière, empereur d'Allemagne, avec les ducs de Brabant et de Gueldre, l'archevêque de Cologne et le marquis de Juliers, il s'attacha le comte de llainaut, sou beau -père, et celui de Namur, et lit en même temps d'immenses préparatifs.

11 ordonne que tout homme de seize à soixante ans prendrait les armes, il organise des signaux sur les côtes, pour garantir le pays de toute surprise de la

4. Etiïcùler quelqu'un consistait ft piquer ou à brûler une image en cire, en piononçanl certaines parole*, dan» la persuasion que la personne représentée par celle image souffrirait lus ruéme* maux.

ÉDOIAHI) III. H

part des Ecossais ou de la flotte française, il prend à son service des mercenaires gallois, il se procure de l'artillerie et met le premier à profit cette invention redoutable. U renouvelle en même temps une charte commerciale d'Edouard 1er, qui assurait la liberté de négoce aux marchands étrangers, et il met tout en œuvre pour gagner à sa cause les Flamands révoltés contre Louis de Nevers, leur comte et leur oppresseur.

On a vu qu'à la suite des grandes entreprises des croisades, dans les siècles précédents, le mélange des peuples, la découverte de contrées inconnues aux Européens et l'importation de produits nouveaux avaient développé, dans l'Occident, le goût du luxe, les instincts de calcul et de négoce. L'un des résultats de cet état de choses fut qu'à des guerres dont les motifs étaient puisés dans la foi religieuse et dans le sentiment exalté du devoir, on en vit succéder d'autres entreprises pour des intérêts matériels et mercantiles. Ces considérations sont nécessaires pour faire comprendre l'ardeur avec laquelle les Flamands entrèrent dans l'alliance d'Edouard III contre Philippe VI. L'Angleterre et la Flandre ne pouvaient se passer l'une de l'autre : le premier de ces pays, déjà célèbre par ses pâturages, nourrissait d'immenses troupeaux, dont la laine fort recherchée et exportée sur le continent et surtout en Flandre, alimentait les innombrables métiers des grandes villes flamandes , où l'art du tissage était poussé plus loin qu'en aucune autre contrée de l'Europe. Ces villes, et situation surtout Gand, Bruges^et Ypres, grandirent ainsi en po- ,a F£*Jrc. pulation et en richesse ; l'esprit de liberté, inséparable

Débile des Flamands a

Caste I.

Insurrection de la ville de (Jand.

Tyrannie d'Artefell.

«le l'industrie et du commerce, y fit en même temps de rapides progrès, elles se mirent en mesure de soustraire à la cupidité de leurs seigneurs féodaux les richesses acquises par la persévérance et le travail; elles achetèrent des privilèges et les défendirent par le glaive : leurs nombreuses milices étaient aguerries au combat, et chacune de ces villes mettait sur pied une armée.

Les Flamands, au début du règne de Philippe de Valois, étaient soulevés contre leur comte, qui, retiré à la cour du roi de France, son suzerain, demanda son appui contre ses sujets révoltés. Une armée française surprit, auprès de Cassel, les gens d'Ypres et de Bruges, et en fit un grand carnage : treize mille bourgeois restèrent sur le champ de bataille, Louis de Nevers en fit périr dix mille dans les supplices et recouvra son comté. Mais ses cruautés soulevèrent de nouveau ses sujets : la puissante ville de Gand s'insurgea, les divers corps de métiers, les drapiers et les foulons chassèrent encore une fois le comte, reconnurent pour chef un brasseur nommé Jacquemart Artevelt, auquel ils laissèrent prendre une autorité absolue, et ne firent guère que secouer une cruelle tyrannie pour tomber sous une autre. On vit alors combien est souvent étroite l'alliance de l'extrême démocratie et du plus dur despotisme : « 11 n'y avait personne, dit Froissard, comme grand qui fut, qui osât s'opposer à sa volonté : il avait toujours près de lui, lorsqu'il descendait dans la ville de Gand, soixante ou quatre-vingts varlets armés, entre lesquels il y en avait deux ou trois qui savaient ses secrets, et quand

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il rencontrait un homme qu'il haïssait ou qu'il avait en soupçon, il le faisait aussitôt mettre à mort : il fit tuer ainsi plusieurs grands maîtres, par quoi il était si redouté que nul n'osait parler contre chose qu'il voulut faire ni à peine penser de le contredire* Il avait rempli de ses espions les villes de Flandre : il bannit de la province tous les seigneurs favorables au comte, et confisqua la moitié de leurs revenus, laissant le reste à leurs familles; il tirait à volonté l'argent de tous par emprunts ou |>ar taxes, levant d'ailleurs tous les impots que levait avant lui le comte : il en dispersait le produit arbitrairement sans en rendre aucun compte, et personne n'eut en aucun pays un pouvoir aussi absolu que le sien1. » C'est à lui qu'Edouard s'adressa.

Artevelt avait compris que sa popularité en Flandre dépendait tout entière de la prospérité de l'industrie des foulons et drapiers, et celle-ci périssait à défaut des laines anglaises : il accueillit donc les avances du roi d'Angleterre, fit alliance avec lui et l'appela sur le continent. Edouard obtint de son parlement un don de vingt mille sacs de laine2, destinés à lui rendre les Flamands favorables, et il aborda en Flandre avec une armée.

Les peuples de ce pays montraient cependant quelque scrupule à déclarer la guerre au roi de France, leur seigneur suzerain. Artevelt leva l'obstacle en invitant Edouard à prendre lui-même ce titre : le roi d'Angle-

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