‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 84 sur 145 · Horace Walpole, Utmoira du règne de Croira lit. ch un · texte numérisé non relu

Horace Walpole, Utmoira du règne de Croira lit. ch un

GLORGEâ III.

La paix définitive fut signée le 3 février suivant à Paii «le Paris. Paris entre V Angleterre, la France, le Portugal et l'Es- F(?frier m3 pagne, et quelques jours plus tard entre la Prusse et l'Aulriche. Frédéric II conserva la Sil^sie et le comlé de Glalzet promit sa voix au fils de Marie -Thérèse, l'archiduc Joseph, qui fut élu roi des Romains et succéda bientôt après à l'empire. Telle fut la fin de cette guerre effroyable, dans laquelle un caprice insensé, une rancune despotique , étrangère à tout intérêt national, avaient jeté à l'aventure la Russie et la France et où celle-ci perdit, avec son ascendant en Europe, toute sa puissance coloniale et maritime 2. Les deux seules puissances auxquelles des prétentions sérieuses avaient mis les armes à la main, la Prusse et l'Autriche, se retrouvèrent après la paix, en face l'une de l'autre dans la même situation qu'avant la guerre. Le monde avait été ravagé sept ans : un million d'hommes avait |>éri 2!

Le cabinet anglais qui avait été le principal auteur de la paix de Paris survécut peu à sa conclusion. Il lui avait fallu, pour réussir, faire violence à l'orgueil national exalté par de récentes victoires et adjoindre au cabinet Henri Foxt vieilli dans l'intrigue, endurci contre tout scrupule et depuis longtemps généralement haï et méprisé. Les bruits répandus alors sur les coupables pra-

I. L'Elat peidil Jans le court de celle funeste guerre 1a plus florissante jeunesse, plus de la moitié de l'argent comptant qui circulait dans le royaume,

sa marui«# ton commerce, ton crédit La dépense seule de l'cilraordinairc,

des guerres «tait été, eu une seule anuée, de quatre cents million* : qu'on juge par la lu reste. La France aurait beaucoup perdu quand même elle ont elé ricioneus.. Voltaire, Siècle de Louit IV t ch. 35.

S. Celle éfaluatiou résulte dis calculs de Frédéric lui-mêmt. Voy. Sitmondi, Jiitt. dt$ F,a%çax$, t. XXIX, |> 265.

tiques du payeur général, pour conquérir dans le parlement une majorité en faveur de la paix, rendirent lord Bute plus impopulaire encore. On reprochait hautement » à celui ci d'avoir sacrifié les avantages certains d'une guerre glorieuse, à une ombrageuse jalousie contre le grand homme à qui l'Angleterre en était redevable: on rappelait son élévation soudaine obtenue, sans talents ni services, par un favoritisme de cour, plus odieux encore aux Anglais qu'à tout autre peuple : on le rendait enfin responsable des charges immenses au prix desquelles, tant de triomphes sur terre et sur mer avaient été payés et que de nouvelles victoires n'allégeaient plus ou ne faisaient plus oublier. Le gouvernement fut contraint pour les acquitter de recourir à de nouveaux impôts dont le plus impopulaire fut un droit sur impôt les boissons. Ce droit, et en particulier celui qui frappa le cidre, et qui rendait indispensables des recherches domiciliaires et vexatoires, fut vivement combattu par William Pi II dans les communes !, et souleva contre le ministre de violentes clameurs 2 dont le principal or

1, Pill prononça dam celle ocra-ion le discourt célèbre où il soutint que la maison de loui citoyen anglais devait «ire considérée comme une forlerrs» inviolable.

2. La taie iur le cidre (cyrfer tax) tomba principalement sur le* comté» «Je l'ouest, où celle boisson ciail le plus eu usage, el qui, pour celle cause, étaient dé»igné» sous le nom de comtét à cidre (cyder counlies). C'était la que letroec au temps de la révolution avait trouve ses plus nombreux et plus constants défenseurs : la loyauté -Je ces comtés avait été célébrée par les poè'es el ciai( devenue presque proverbiale dans In nation. Ces souvenirs furent, a l'occasion du nouvel impôt, rappelés avec amertume, et la laie sur le cidre y fut n»n»idérée par plus d'un gentilhomme campagnard, ou par des cultivateurs eiaspérés, comme presque équivalente a une laie sur la loyauté même. — Lord Mahou, ut supra, c. 4.

gane fut un effronlé démagogue, John Wilkes, déjà célèbre par le scandale de ses mœurs el trop fameux bientôt par l'audace séditieuse et la cynique impudence de ses écrits. Il attaqua lord Bute dans sa feuille pério-

ques

dique publiée sous le titre de Norlh Briton avec toute du démagogue la fureur d'une passion sans scrupule et sans frein : Jolm Wl il réveilla, pour mieux enflammer les esprits, de vieux 1703 préjugés nationaux, des haines à peine assoupies en Angleterre, pour le pays où ie ministre était né, el confondit dans ses attaques virulentes, le chef du cabinet et ses compatriotes, l'écossais Bute et l'Ecosse tout entière.

Le ministère et surtout lord Bute et Henri Fox, avaient donné un aliment dangereux à l'opinion soulevée, en frappant tout d'abord leurs adversaires politiques par d'imprudentes rigueurs. Des hommes considérables du parti wnig, les ducs de Newcastle et deGrafton et le marquis de Rockingham, avaient été brusquement destitués de leurs emplois à la cour, pour avoir blâmé une paix impopulaire. La vengeance des deux ministres s'était étendue jusqu'aux créatures et aux clients de ces puissants lords, sans autre résultat que celui d'accroître la impopularité >iolence et le nombre de leurs ennemis. Lord Bute de- lor/Lie. vint ainsi rapidement l'objet d'une condamnation presque générale : dans une foule de lieux, le sentiment populaire fit explosion : le ministre fut outrageusement brûlé en effigie aux acclamations d'une multitude irritée '. L»;

I. Eu plusieurs endroit* le miuislrc fut biùlé eu effigie, fous le ridicule emblème .l'une grosse boite (par allusion au nom de Bute) el cette botte était affublée d'une robe ou d'un jupon, autre emblème destiné a rappeler lin limite supposée entre lord Bute et la princesse douairière.

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