I. Le grand sceau (ul mit en commiaiion
<i M UU.I-.S III.
Il était le septième chef du cabinet qu'ait eu la couronne, dans le court espace de dix années, et son pouvoir dépassa en durée celui de ses six prédécesseurs réunis. Un éminent historien de nos jours, souvent cité dans cet ouvrage rend témoignage à la droiture de ses intentions et à sa rare mansuétude. Quoique inférieur en talent, dit-il, a quelques-uns des orateurs de son temps, il sut néanmoins lutter, durant dix années, contre tous avec un bon sens et un savoir que relevait une plaisanterie fine et sans fiel : son plus grand tort, et la cause première des malheurs de son administration, fut une faiblesse de caractère, regrettable surtout dans les temps difficiles où il gouverna, et qui le rendit trop souvent incertain et irrésolu lorsque les circonstances exigeaient de la suite et de la fermeté, plus heureux sans doute s'il n'eût pas renoncé trop facilement à ses vues personnelles et aux suggestions de sa raison pour céder au vœu du prince et aux dangereux conseils de ses amis.
Lord Cli a tam plus que personne avait contribué à donner naissance au nouveau cabinet, il ne le soutenait pas cependant, et ses paroles, à celte époque de sa vie, furent empreintes d'une amertume et d une violence injustifiables. Lord Norlh, dès son début comme premier ministre, eut à repousser le banal reproche de subir la secrète influence de lord Bute, quoique celui-ci fût alors absent et en Italie : nul ne mit plus de passion que lord Châtain dans cette accusation injuste, et l'on vit avec re-
tord Norl h.
Son en racler» .
Violence* de lord Cbalam.
I. UrJ M >i — Le* principaux trait» du portrait de lord Noilli par lord
Ma hou, »c retrouvent dans celui que noua a donné Ion) Brougliam. — £*• qumtu kiitorique* da principaux homme* d'Etat toH$ George III.
•i'M LIVRE VI. CHAPITRE V.
grct ce grand homme s'oublier jusqu'à des emportements tels qu'ils furent attribués aux souffrances de la maladie et d'un esprit chagrin et irrité. Il ne craignit pas de mettre en cause la couronne : « Je vois, dit-il, derrière le trône quelque chose de plus grand que le trône même. » Il perdit ainsi, par la violence de son langage et l'exagération de ses attaques, une grande partie de l'influence qu'il avait conquise et contrista ses amis politiques, dont quelques-uns néanmoins lui demeurèrent fidèles, formant autour de lui un groupe d'hommes distingués à la tête desquels il se tint à distance égale entre les deux principales fractions des whigs, celles de Rockingham et de George Grenville.
Ce dernier, quoique peu avancé en âge, touchait au terme de sa carrière politique et de sa vie : l'un de ses
limier «rte derniers ac*es U1* 1,ne motion utile pour mettre un frein
d<\ à l'abus du pouvoir des communes et aux entraînements
Bill * de la majorité dans les débals relatifs aux élections con-
dS'cr testées ou entachées decorruption,et il réussit à faire pas-
leiéiecuoni ger un Ijîh qlH- transmettait, sur ce chef, tous les pou-
contestée*.
voirs jusque-là exercés par la chambre entière, à un comité pris dans son sein et dont les membres présentaient quelques garanties d'impartialité. Cette mesure, insuffisante et considérablement modifiée dans la suite, fut cependant un progrès et eut pour effet de diminuer un mal très-funeste à la considération des communes.
L'état des colonies n'avait pas cessé d'attirer l'attention du ministère, et en mars 1770, lord North, fidèle à la résolution qu'il avait exprimée dans le précédent cabinet, proposa d'adopter un terme moyen entre l'indulgence et la rigueur, et soumit aux communes un projet
M ai •ur
les colonies
qui révoquait les droits sur toutes les denrées, récemment imposées dans les colonies, à l'exclusion du thé. L'opposition en masse vola une complète révocation de tous les droits. « Ceux qui existent sur le thé, dit elle, ne sont d'aucune importance pour le trésor; les maintenir en abolissant les autres, ce serait, de la part du parlement, maintenir le principe même contre lequel se soulèvent les Américains, ce serait encourager la sédition dans les colonies sans s'assurer aucun titre à leur reconnaissance, en ne leur donnant sur le point contesté aucune satisfaction complète et légitime. »
La motion de lord North prévalut et le jour même où elle fut votée une rixe sanglante éclata dans Boston, u entre la troupe et le peuple, à la suite de laquelle ""B™" plusieurs citoyens perdirent la vie. Le capitaine an- Bo$ion. glais Preston, chef du poste assailli par la foule, n'a- mo. vait fait usage des armes que pour sa défense; mais la passion populaire s'empara de l'événement, elle vit dans les soldats des meurtriers, dans le combat un massacre, et une accusation criminelle fut portée contre Preston dont un jury américain, à son honneur, prononça l'acquittement. La lutte, après ce drame sanglant, fut comme assoupie durant trois années, et l'on vit même des relations pacifiques se rétablir entre l'Angleterre et ses colonies : mais l'esprit de révolte fermentait sur plusieurs points du territoire américain, surtout dans le Massachusselt, où le dernier vote des communes nourrit un foyer permanent d'irritation.
La ville de Londres était toujours fortement agitée et Wilkes y occupait encore la scène. Le temps de sa peine était expiré : il avait été reçu avec honneur dans le corps
des aldermen dont il était membre, et il mit tout eu œuvre pour entretenir le ressentiment et l'hostilité de la cité contre les communes. Il fut en cela puissamment secondé par le premier magistrat de la capitale, le lord maire Beckford. Celui-ci, usant du droit que la corporation de Londres avait en commun avec les chambres du parlement et les deux universités du royaume, d'adresser en personne au souverain leurs représentations ou leurs vœux, se rendit l'interprète du sentiment populaire à l'é- ( gard des communes, et deux fois à la tète du conseil de la dé i. cité cité, il vint présenter au roi une |>étilion pour l'inviter
îÂmém. :l dissoudre la chambre et à prononcer l'annulation de H^tii.ii* i0ll8 S(>s actes (|epUjs l'expulsion de Wilkes. La seconde
commun*, fois et lorsque le roi eut achevé sa réponse négative et 1770 ferme, préparée et arrêtée d'avance selon l'usage, Beckford reprit la parole et après avoir protesté du dénuement de la cité de Londres pour le monarque, faisaut allusion à lord Bute, il déclara traître au pays quiconque chercherait à persuader au roi le contraire et à le sépa-
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bi<*«iiie ror de son l>euple. Georges III garda le silence. Peu de lu.d miire j°urs aP1*8» Beckford mourut; mais ses paroles insolites et blessantes lui survécurent : l'esprit de parti les exalta comme un chef-d'œuvre de courage et de |>atriotisme, et elles furent gravées sur un monument élevé en son honneur à Guildhall, où on les lit encore. Atf.ire Un incident inattendu et d'une importance secondaire FaUliaJ fa'MM allumer, à celte époque, une conflagration générale : l'Angleterre possédait dans l'archipel du Sud une des îles Falkland, connues en France sous le nom d'îles Malouines, rocher stérile, battu des tempêtes, où elle entretenait une faible garnison. Son droit était contesté
par l'Espagne, depuis longtemps maîtresse du principal groupe de ces îles, et en Tannée 1770 une escadre espagnole, envoyée par le gouverneur de Buénos-Ayres , força le poste anglais à capituler et abattit le drapeau britannique. L'Angleterre s'émut de cette agression non justifiée en pleine paix, et la cour d'Espagne ayant refusé la satisfaction demandée, le cabinet anglais fit des préparatifs de guerre et des ordres furent donnés |K>ur mettre en état la flotte et les équipages. Les communes plus encore que le gouvernement se montrèrent indignées et s'associèrent avec énergie aux mesures belliqueuses prises par le cabinet. Mais celui-ci n'obtint jms le concours des magistrats de la cité : un nouveau lord maire, Brass Crosby, venait d'être élu par le parti démagogique de Wilkes dont il subissait l'influence, et la cour des aldermen qu'il présidait refusajde publier les ordres du gouvernement pour la presse des matelots. Lord Chatam, dans cette circonstance comme en plusieurs autres, sut sacrifier sa popularité au sentiment des intérêts et de la dignité du pays; il flétrit en termes énergiques la conduite des magistrats de la cité, et opina pour qu'ils fussent traduits à la barre de la chambre des lords afin d'y répondre de leur conduite. Lord Chatam était du très-petit nombre des hommes auxquels fut donné le pouvoir de soulever les ternîtes et de les apaiser. On entendit sa voix, et l'exécution des ordres du cabinet ne rencontra plus d'obstacle dans la cité. La guerre n'éclata point cependant ; l'Espagne avait osé braver le ressentiment de l'Angleterre parce qu'elle comptait sur l'assistance de la France, gouvernée par Clioiseul, constamment appliqué depuis la paix désas-
treuse de 1763, à relever les forces de ce royaume. Mais Louis XV abandonna son ministre qu'une intrigue de cour renversa : aussitôt s'évanouit pour l'Espagne l'espoir du concours actif de la France dans une nouvelle guerre ; elle accorda aux Anglais lotîtes les satisfactions qu'elle avait refusées, et la paix fut maintenue
La résistance de la cité aux ordres du cabinet avait été aisément vaincue : son animosité contre les communes Lutte avait des racines plus profondes, elle n'était qu'assoupie, •t«U|W e* une nouvelle imprudence de la chambre ranima la commune. qyere|ie< La publication îles débals du parlement avait été de jusqu'alors interdite, par la crainte d'une reproduction 'faZhêi* infidèle, empreinte de toutes les violences de l'esprit cWii'c (*c l)aru e* *08 ^eussions les plus remarquables n'avaient été publiées que par une presse clandestine ou sous le voilé de la Action 2. Quelques tentatives plus hardies furent sévèrement réprimées : on les renouvela en 1770, et les communes ordonnèrent l'arrestation des imprimeurs coupables d'avoir enfreint leur défense. Plusieurs furent arrêtés et subirent à genoux la réprimande de l'orateur; mais un de leurs confrères, nommé Miller, poursuivi pour le même fait, refusa de se reudre en prison, invoquant son privilège
1. L'Angleterre rentra en possession de l'île qu'elle avait perdue et qu'elle abandonna bientôt aprèa elle-même, comme une possession moins utile quV néreuie.
2. Ou publiai i \cs débats des chambres comme s'iU eussent été ceux des assemblée» <lc la Grèce et de Home, et l'orateur (speaker) était travesti en sénateur romain. Il parut même une publication de ce genre sous le nom de délibérations du séuat de Lilliput. Toutefois, dit Burke en 1771, il était toujours permis aut orateurs de publier les discours qu'ils avaient prononcés. Cavendisk (Ub*tt$, vol. il, p. 2S9. On cite cependant quelques exemples contraire» dans le» temps antérieurs.
G BORGES III.
d'officier de la cité dans l'enceinte de laquelle le sergent des communes était venu pour l'arrêter. Un constable arrêta le sergent lui-même et le conduisit avec Miller devant le lord inaire, Brass Crosby, qui siégeait alors assisté des aldermen Wilkes el Olivier. Tous trois tombèrent d'accord pour décider que les communes avaient violé le privilège de la cité, en ordonnant qu'un citoyen fût arrêté dans son enceinte, à l'insu et sans l'autorisation de ses magistrats : en conséquence ils refusèrent de livrer Miller, et le sergent des communes fut retenu prisonnier.
Au bruit de cet acte audacieux un violent débat s'éleva dans la chambre : la minorité où figuraient, entre autres membres éminents, Barré, sir George Savile et Burke, remontra vainement que les communes avaient en effet outrepassé leur droit : la majorité aveuglée par la colère eut recours aux moyens les plus violents. Le maire et l'atderman Olivier, membres eux-mêmes des communes, furent sommés d'y reprendre leurs sièges, et tous deux, mis en état d'arrestation par la ebambre furent envoyés à la Tour l. La cité prit feu pour ses magistrats : les rues de Londres et les abords du parlement furent de nouveau le théâtre d'émeutes formidables : une multitude furieuse voulut forcer l'enceinte des communes; les membres du cabinet furent insultés, lord North courut risque de la vie, et sommé d'abandonner le pouvoir, il montra au milieu du péril une noble intrépidité : « Cétaii malgré lui, dit-il, et par obéissance, qu'il avait ac-
Késoluiious viulentes des communes.
Émeutes dans
Londres.
< . Wilkes auni refusé jusqu'à trois fois de paraître dans la chambre autrement qu'en sa qualité do membre pour Middlcssex, elle évita d'engager une dois telle lutte avec lui.
cour.,.* cqrté ^ charge, l'honneur maintenant lui défendait de
de lord Norlh. |a résigner. „
La fin de la session mit heureusement un terme à ce conflit redoutable. Les actes d'autorité arbitraire, de tyrannie même, que se permettaient parfois les communes prorogation ^w je majnjjen (|e jeurs privilèges, étaient du moins
ptriomcm limités, (juant à leur durée, à celle de la session : le i77i parlement fut prorogé en mai 1 771 et la prorogation mit fin aux détentions ordonnées par la chambre : les portes de la Tour s'ouvrirent, et la cité fit à ses magistrats libérés un accueil enthousiaste. A la session suivanle, les communes évitèrent soigneusement de renouveler le conflit: elles s'abstinrent également, dans la suite, de poursuivre la reproduction de leurs débats comme une violation de leurs privilèges, et l'on vit ainsi la presse périodique grandir en liberté comme en puissance, par l'effort même maladroitement tenté pour la réprimer et la restreindre.
L'émotion populaire de ces longs débats finit |>ar s'user : chacun sentait qu'au fond, dans ces luttes, touchant même des questions graves et constitutionnelles, il n'y avait rien de véritablement dangereux pour la constitution et pour le pays, et après une crise aussi humiliante que funeste pour la considération des communes, il était peu à craindre qu'une nouvelle chambre suivît l'exemple de celle-ci et donnât lieu à de semblables scandales par des usurpations pareilles. Wilkes lui-même en cessant de paraître martyr cessa d'être redoutable; flatteur effronté de la foule, insolent el cynique avec les puissants, il avait assez d'audace dans la parole et de fougue dans la conduite, pour devenir.
|teudant un temps, l'idole de la multitude, mais il était totalement dépourvu des qualités ou des talents auxquels s'attache une estime durable Vue somme énorme de dix -sept mille livres sterling (trois cent soixante-quinze mille francs) avait été souscrite, pour l'acquittement de ses dettes, par le zèle actif de l'association du bill des droits, où pénétra la discorde et ijui tomba bientôt en dissolution. Wilkes lui-même se prit de querelle avec l'agitateur Horne Tooke, plus démocrate que lui, et rompit également avec plusieurs autres de ses partisans qui le décrièrent après l'avoir exalté. Il eut encore assez de crédit cependant pour se faire élire sbériiT et quelques années plus tard lord maire de la cité de Londres; mais son prestige aux yeux des masses était détruit pour ne plus renaître : il était de ces hommes qui grandissent dans le trouble et la sédition, mais que le pouvoir diminue lorsqu'ils en usent, et
I. Il a «i peu de (aient réel comme orateur (for public tpeaking) «lit Horace WsJmsl», qu'on ne peu» l'entendre arec patience. — Lettre I sir H. Mann. — Opeiidant ce même Willcs avait une grande verve sarca*lisquc el une pui>- •ance de repartie dont plusieurs exemples nous oui é\é conserves. Je n'en citerai qu'un qui peint (oui ensemble l'étonnante effronterie du démap,ogue et son terrible pmligf. a Comme il elail sur le» hustingn, a Brenlford avec le colonel Laitfcll, il dit à sou concurrent en regardant la foule qui l'acclamait : Qui prunsou* qui l'emporte par le nombre, le« fripon» ou les fous dans celle multitude de mea parlisaui (wilkilee) que nous voyons ici? — Je vais leur dire cela, repnudit le colonel, cl nous en finirons a* ce vous. — Voua ne l'oserez, du V>ilkes. car si voua le faites, vous ë'es m<<rl. — Comov ni l'entendez- vous ? demanda |,utlr*-ll. — Je leur «lirai que vous avez menti el ils vous mettront <n pièces en uu cliu d'œil. • J'ai étirait celle anecdote des remarqua • bit» £zfNi<ics kUloriques des hommes d'Etal dë temps de George III, l« II. p. 104. Les odieuse* manœuvres des démagogue» pour captivai la f«ul« y sont décrite* de uiain le maître dans les pa«es cvuaacrées a John W.lket
Modification*
de
t : ha ries Fui.
540 I.IVME VI. CHAPITRE V.
il finit par tomber dans l'insignifiance et dans l'oubli
A lanl d'agitations succéda un long calme de trois années durant lesquelles l'administration de lord North 4*m prit des forces et se compléta : le grand sceau fut donné le ea met. ^ Apsley, homme doux et inoffensif : le duc de
GraftOD consentit à rentrer en charge : le comte dt Sandwich devint premier lord de l'amirauté, et le comte de Suffolk secrétaire d'Ktat : les charges de procureur général et d'avocat général furent données à deux hommes de talent, destinés l'un et l'autre à la célébrité, à Thurlow et à Wedderburn ; enfin, dans un rang secondaire de cette administration, figurait alors, parmi les Début» *ords de l'amirauté 2, le jeune Charles Fox, second fils de Henri Fox (lord Hollandj et qui, élu à vingt ans membre pour Middlessex, n'était connu encore que par sou amour etïréné pour la dissipation et le jeu, et par un zèle intempérant au service de la prérogative royale et du pouvoir.
Le roi George 111 fut frappé, vers cette époque, d'afflictions domestiques : sa sœur Malhilde, femme du roi
1. La cité de Londres huit par lui conférer I office lucratif de son c*«ms*ilan (ci/y Chamberlain) et il termina obscurément sa carrière en 1797. H remporta en 1782 sa dernière victoire en obtenant que les communes fuient effacer sur leurs registres toutes les résolutions prises antérieurement contre lui. Ou le vil, daus les deruières années, soutenir l'administration du second Pi lt , et il se montrait sourent au lever du roi où il élai! accueilli avec bonté. George III lui ayant un jour demandé des nouvelles de son ami l'avocat Glynn, qui en toute circonstance avait été son plus lélé champion : • le supplie Votre Majesté, ri»poudit Wilkes arec une effronterie spirituelle, de oe pas appeler cet homme mon ami : il a toujours été un partisan de Johu Wilkes (a Wilkile), et pour ma part je ne le fus jamais. •
2. Foi échangea peu de temps après celle position contre une charge éqat- >alente à la Trésorerie.
de Danemark, Christian VII, soupçonnée sans preuve Affliclionj de relations coupablesavec le premier ministre Struenséc, domesiiquei
de
fut enveloppée dans sa chute et enfermée, pour le reste George m. de sa vie, au château de Cranebourg. Deux de ses frères, de^ncmtrk les ducs de Glocester et de Cumberland, contractèrent e el
Slruensée.
des mariages indignes de leur rang, et qui furent presque en même temps rendus publics. Le parlement lui- 1772 même s'émut de ces mésalliances dont l'honneur de la couronne pouvait être entaché, et dans la session de 1772, il s'unit au roi pour prévenir de pareils scan dales. Un bill fut adopté, connu sous le nom de bill des mariages royaux, par lequel tout descendant de George II, est tenu jusqu'à ce jour, d'obtenir le consen- Bill tement du souverain pour contracter mariage avant de' m,,,"8«
royaux.
l'âge de vingt-cinq ans. Si après cet âge le consentement . royal est refusé, la question doit être soumise au conseil privé, et si, dans le cours de l'année, aucune des chambres du parlement n'y met obstacle, le mariage peut être conclu. L'acte le plus important de la session suivante fut l'acte qui constitua et organisa sur un plan nouveau, l'administration des possessions anglaises dans les Indes; il est célèbre sous le nom de l'acte régulateur, regulating act.
Les affaires de la Compagnie périclitaient de nou-
1 D r Affaire»
veau : lord Clive ne les avait relevées quelques années de l'Iode, auiwravant que dans le Bengale, où il avait été envoyé 1769-1772 avec pleins pouvoirs, et les trois présidences, malgré ses conseils, étaient restées indépendantes l'une et l'autre. La dernière guerre soutenue dans celle de Madras contre Hyder Ali et terminée en 1769, et les éclatantes victoires remportées par les troupes de la Compagnie n'avaient
point reparé l'échec porté à ses finances et à son crédit. Les dividendes diminuèrent, une panique survint et les actions tombèrent, en quelques jours, de plus de soixante pour cent. La discorde et l'anarchie régnaient de nouveau dans la cour des directeurs où Sullivan, l'ennemi de lord Clive, avait été réélu à la présidence. Le cabinet et le parlement s'étaient déjà vivement préoccupés de la situation des Anglais en Orient, et nous a\ons vu une enquête prescrite, sur la demande de lonl Châtain, au début de son ministère. La maladie de ce grand homme avait fait avorter tous ses efforts et arrêté l'exécution du plan régénérateur qu'il avait conçu. En 4 770, le mal s'accrut et devint immense. La récolte annuelle du riz ayant manqué, il s'en suivit une famine F«rai»« effroyable qui enleva, dit-on, un tiers de la population
dans
les htfa. indoue. Cet horrible fléau provoqua, selon l'usage, d'el770 dieux soupçons contre les administrateurs du pays, qu'on accusa, sans fondement suffisant, des plus criminelles manoeuvres pour l'accaparement des subsistances. A cri odieux grief. |kju fondé selon toute apparence, il s'enjoignait beaucoup d'autres trop réels qui entretinrent, dans les Indes, un état de choses non moins funeste pour les affaires de la Compagnie que nuisible aux intérêts comme à la considération de l'Angleterre. Enfin, en avril 1 77i, et Enquête sur la motion du général Burgoyue, une nouvelle enquête rommùiM's. Ait ordonnée par les commuues, qui nommèrent un comité nombreux pour y procéder. La clôture de la session suspendit les recherchesjusqu'à la session suivante; mais, dans l'intervalle, de nouveaux désastres frappèrent la Compagnie, qui fut réduite à solliciter de l'Etat un prêt considérable. Cette demande arma le gouvernement
<.kohgks m
d'une force suffisante pour intervenir avec autorité et malgré elle dans la direction de ses affaires. Dès l'ouverture de la session suivante , le comité d'enquête fut réélu, et lord Nortli repoussant l'accusation de malveillance, déclara que l'intention formelle du gouvernement à l'égard de la Compagnie des Indes était d'en faire une institution grande et glorieuse et d'établir sa puissance sur des fondements inébranlables. 11 fit accorder dans ce but à la Compagnie, pour quatre années, un prêt de un million cinq cent mille livres avec remise de la somme de quatre cent mille livres dont elle était annuellement redevable envers l'Etat. En échange de ces importantes concessions, lord Nortli présenta le bill régulateur (regulating act), qui modifia profondément le bui mode d'administration de la Compagnie en subordou • réfi^*'rcur nant, sur plusieurs points essentiels, son pouvoir à l'au- ,e» »"«'«•• torité de la couronne et du parlement Ce bill établissait im (pie toutes les possessions anglaises dans les Indes seraient subordonnées à la présidence du Bengale, que le chef actuel de cette présidence aurait le titre de gouverneur général, qu'il serait assisté de quatre conseillers, et qu'une cour suprême de justice formée d'un grand juge (chief justice) et de trois assesseurs aurait son siège à Calcutta. Cette cour était rendue indépendante du gouverneur général et de son conseil et elle élail investie d'une autorité mal définie et sans limites. Le gouverneur général et les quatre conseillers étaient nominativement désignés dans ce bill : la durée de leurs pouvoirs était fixée à cinq années ; mais l'acte réservait au gouvernement le droil ne les révoquer sur la demande de la Compagnie. Après les cinq premières années révolues, la nomi-
nation du gouverneur général et de son conseil devait appartenir à la cour des directeurs sous l'approbation de la couronne
Une clause peu importante en apparence fut ajoutée additionnelle au bill : elle était relative au thé importé des Indes dans ?ù*\bè ^es c°l°mes américaines, et par cette clause, sur la proposition de lord North. une rémission de droits (drau* back) très-considérable fut accordée sur les thés de la Compagnie qui seraient envoyés aux colonies transatlantiques. U fut spécifié, sans aucune limitation de temps, que dans les cas où les thés de la Compagnie seraient exportés^des ports anglais dans les colonies, rémission serait faite aux propriétaires de tous les droits payables en Angleterre et des trois cinquièmes de la taxe établie, par un acte antérieur 1 pour l'entrée en Amérique. Lord North s'était flatté que celte concession incomplète serait accueillie avec reconnaissance par les colons : il s'abusait; elle eut des conséquences toutes différentes et très -imprévues, mais l'acte célèbre dont elle était une des clauses fut un véritable bienfait pour la Compagnie des Indes, quoiqu'il lui eût été imposé malgré elle par le parlement. U laissait encore, cependant, beaucoup à désirer; mais il rappelait dans quelques-unes de ses principales dispositions, le plan qu'avait conçu lord Clive. Cet homme fameux, au moment même où il remportait ainsi sa dernière victoire, était
1, L'acte portail en outre qu'au lieu de l'élection annuelle de «ous le* directeurs, il en serait élu m, tout le» ans, par série* successives et pour quatT aum La somme nécessaire, dans les fonds de la Compagnie; pour donner U droit de vote, fut portée de cinq cents litres sterling I mi lit livra*.