‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 128 sur 224 · Ilullar. Roman , I, 704, édit · texte numérisé non relu

Ilullar. Roman , I, 704, édit

2. Il convient «le lire à ce sujet la correspondance du cardinal Pôle, celle

du cardinal Eartièse, la vie de Pille par Beralelli et le récit de Pallavicini extrait des lettres de plusieurs nonces et légats. — Le docteur Lingard donne aussi quelques éclaircissement* sur celle grave question, d'Anyl., régna

de Henri \ 111. )

3. Le cardinal élail petit-fils du duc de Clarence, frère d'Edouard IV, par sa mère, la comtesse de SalUhury.

IIK.NH1 VIII.

tisfll, dans cette occasion, tout à la fois sa vengeance et la haine ombrageuse qu’il avait toujours nourrie contre ses proches. Par son ordre, les frères du cardinal, lord Montague et sir Geoffroy de la Pôle, et la comtesse de Salisbury, sa mère, furent arrêtés avec Henri Courtnay, marquis d’Exeter ', sir Henri Nevil et plusieurs autres gentilshommes. Les frères de la Pôle , rejetons de la branche royale d’York, auraient pu précédemment tirer avantage de l’indignation générale , causée par Henri VIII, et profiter des derniers soulèvements pour tenter de rétablir sur le trône leur illustre maison. Ils étaient demeurés fidèles, et quelques propos vagues 2 leur furent imputés à trahison. Le chancelier Audley poursuivit leur condamnation devant les pairs, tandis qu’un jury jugeait les autres accusés. Tous, sauf Geoffroy de la Pôle, furent condamnés et moururent sur l’échafaud. Henri VIII voulait davantage : il demanda aux princesétrangers l’extradition du cardinal et le fil condamner par défaut pour crime de trahison. Ne pouvant enfin l’atteindre lui-même, il le frappa dans sa mère, la vénérable comtesse de Salisbury, qui fut arrêtée et |>oursuivie cruellement. Aucun indice, aucun témoignage ne

4. Heurt Courtuay était petit-fils d’Edouard IV, par ia princesse Cal lierinr, fille de ce prince.

2. Ces propos, lels que l’aclc d’accusaliou les rapportait, étaient ceux-ci :

« Je u ai me pas ce qui se passe dans ce royaume : j’espère voir un changement dans ce monde : je compte bien prendre un jour ma revanche sur les misérables qui gouvernent aujourd’hui près du roi. ■ (Lord Campbell, Vie du chamelier Audley.) — Lord Herbert de Chcrbury, dans son histoire, partiale d’ailleurs pour Henri MH, dit n’avoir jamais pu découvrir le crime de ces seigneurs, qui se trouve suffisamment indique dans cette seule phrase : « Sihil tandem invenire polui niai quod ipne diit judiravi, odium lyranni in vir/u/em et nobilitalem. • (Apol. Poli, 4 4 8.)

s’élevait contre elle, mais le roi voulait son sang, et il n’y avait aucun moyen légal de la convaincre. Le servile Cromwell obtint alors des juges du royaume une décision (|iii reconnaissait à la cour du parlement toute l’autorité nécessaire pour juger et condamner tout accusé par liill d ’allaindtr, sans l’avoir entendu dans sa défense. Un bill fut immédiatement rendu, condamnant à mort la jomtesse sans aucune procédure préalable. Conduite au supplice, après avoir été deux ans détenue en otage, elle refusa de s’incliner sur le bloc, disant à l’exécuteur : « Ma tête n’a jamais commis de trahison; si vous la voulez, lâchez de la prendre. » Le bourreau la poursuivit avec sa hache et L'on vit avec une inexprimable horreur la tête septuagénaire de la dernière des Plantagenets. mutilée de plusieurs coups et souillée de sang, avant de rouler sur l’échafaud '.

Le sang versé enivrait Henri VIII sans l'assouvir, plus il eu ré|>andait, plus il en avait soif, et il fut ingénieux

Le chancelier Audley avait puissamment secondé le vice-gérant Crotnvrcl dans tous ces procès monstrueux : il avait l’âme avide et basse plus que cruelle, c’était un besoin pour lui dTendorinir les reproche» de sa conscience sous des faveurs nouvelles ; il faisait valoir sa propre ignominie comme un litre h les obtenir (a), et ses remords sans cesse renaissants le rendaient insatiable : c’est ainsi que déjà comblé des biens de l'Kglisc, cl priant Croinwel d'intervenir auprès du roi pour lui obtenir ceux de la riche abbaye de Woldeo en Kssex, il disait : • J’ai souffert grand dommage et beaucoup d'opprobre (b) pour les services que j'ai rendus au roi, cl j*y trouverai une compensation dans la faveur que je sollicite. • Henri VIII reconnut la justice d'une requête ainsi présentée cl il l’exauça. Peu d'anuées après, lord Audley accablé d'infirmités et d'honneurs dangereux sous un Ici matlro, résigna sa charge, exemple presque unique, durant ce règne, d’un homme descendu de haut sans être précipité.

{<#) Mu'i'tjuc liMcti» , ordmea» fraudia , vuumqoe i|>»i d«d*cu* aarravrrr. ^Tacit . .4 muai , »v, 69.)

jA| Orcat doenage anJ infamii . l'u^al l s Darunat*

I1KMU VIII.

à trouver, jusque dans son zèle pour l’orthodoxie , d’abondants prétextes pour lâcher la bride à sa cruauté.

Il se montrait l'ennemi des opinions nouvelles qui avaient prévalu dans une partie de l’Europe, tout autant que de la suprématie du pape, el ayant convoqué un nouveau parlement, en l’année 1539, il fit connaître aux lords, par l'organe de son chancelier, qu’il n’avait rien de plus à cœur que d’étouffer toute diversité d’opinion parmi ses sujets. Un comité que présida son vicaire 8i“,hI

, «les

general fut aussitôt nomme, à reflet de pourvoir a Tuni- 8u article#, fo imité de la foi dans le royaume, et le bill sanglant ^ , 53«j) des six articles, adopté par les deux chambres du parlement, fut le résultat de ses travaux. Ces articles maintenaient : 1° le dogme de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans l’eucharistie ou la transsubstantiation;

2° la communion sous une seule espece; 3° l’interdiction du mariage des prêtres; 4° l’obligation d’observer les vœux de chasteté; 5° les messes particulières; 6° enfin la confession auriculaire. Des peines terribles étaient décrétées contre les violateurs de ces articles. Quiconque, dit le statut, écrira, prêchera ou disputera contre le premier article, ne sera point admis à faire abjuration, il sera brûlé, et ses biens seront confisqués : toute opposition publique aux suivants, sera punie de la potence el de la confiscation. Le statut annulait les mariages contractés par des prêtres et par des religieuses, il déclarait toute cohabitation illicite de ces personnes punissable, pour la première fois, par l’emprisonnemen^jet la confiscation, et en cas de récidive par la mort '.

|. Slatuls, 31e ail. do Henri VIII, c, XIV.

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