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I • ld iule «ircan«pccliun d’EÜulii'lli louchant
durant plusieurs années, lorsqu’elle reçut la nouvelle de son avènement au Irène: elle eu fut d’altord toute saisie, et tombant à genoux, elle s’écria: « C’est l’œuvre du Seigneur, et elle est merveilleuse à nos yeux1! » Elle donna tout d’abord sa confiance au célèbre William Cecil, dans la suite lord lîurleigb, ancien secrétaire d’Edouard VI, et elle la lui conserva durant sa vie entière. Par son conseil, elle ne laissa rien percer d’abord de ses intentions véritables relativement à la religion. Contrainte durant la vie de sa sœur, et pour sauver la la religion. sjt.nnC) ,|e se ,|jre eatboliquc et d’observer toutes les pratiques extérieures du culte romain, elle continua quelque temps à s’y conformer: elle fut moins d’ailleurs portée vers la religion nouvelle par son inclination que par la force des circonstances, et elle eut toute sa vie une forte prédilection pour les pompes et pour certaines pratiques s« m. .nu l’Eglise romaine. Mais, tille d’Anne Boleyn , issue
polltiqura D * ’
pour embraaacr d’une union flétrie par cette Eglise, elle savait que les
le
nouveau ,u|ic. catholiques contestaient la légitimité de sa naissance et de son droit au trône, et qu’un grand nombre tournaient leurs vœux et leurs espérances vers la jeune reine d’Ecosse Marie Stuart, dont ils considéraient le titre au trône d’Angleterre comme préférable au sien. Contre les dangers éventuels d’une semblable situation, les seules forces sur lesquelles Elisabeth pût compter étaient celles des protestants ; la politique lui faisait un devoir de se les attacher, et le sentiment de sa dignité autant que celui de sa sûreté personnelle confondait à ses yeux sa propre cause dans celle du protestantisme. Ces considérations
I. Domino fatlum i>lud i*il. «l e>l niirahite iu oculis nottrii.
KI.ISABKTH.
puissantes réglèrent sa conduite, et elle résolut de rétablirai Angleterre la religion nouvelle. Toutefois, elle ne procéda aux réformes qu’avec lenteur, cachant d’abord ses projets sous une dissimulation profonde qui était un des traits saillants de son caractère, et attendant, par le conseil deCecil, qu’un nouveau parlement fût réuni pour donner force légale à tous ses actes.
Elle conserva une partie des anciens conseillers de la feue reine, tous catholiques, et leur adjoignit quelques collègues protestants, entre lesquels, outre William Cecil, était sir Nicolas Bacon, homme intègre et distingué pour son savoir, qu'elle éleva au rang de gardien du grand sceau. Aucune innovation ne fut ordonnée dans le culte publie avant la réunion du parlement; mais le 28 décembre une proclamation de la reine permit qu’on lût en anglais les Epîtres, les Evangiles, le Décalogue, l’Oraison Dominicale, le Credo et les Litanies. Les évêques virent avec raison dans cet acte le symptôme décisif d’une révolution religieuse, et s'abstinrent de paraître à la cérémonie du couronnement, qui eut lieu le 14 janvier. Un seul, l’évêque ' "uronaym de Carlisle, Oglethor|»e, consentit à officier; mais la reine '* r,i,,c reçut le sacrement sous une seule espece, et seconformaen- (iss**)
core, dans celte solennité, à tous les rites du catholicisme.
D’autres soins partageaient la pensée d’Elisabeth et de ses conseillers : la paix avec la France et l’Ecosse leur semblait nécessaire pourconjurer les périls de la situation intérieure, et ils s’y employèrent activement. Un congrès était ouvert alors à Cateau-Cambresis entre les ministres de l’Espagne et de la France : Elisabeth et la jeune reine d’Ecosse s’v firent représenter, et le 2 avril 1359, la paix fut signée entre les souverains de France et d’Ecosse d’une
Il *
i>„, |»art, et la reine d’Angleterre d’autre |>art. Celle-ci obtint CaiMu-ctm- des °b'ges comme garantie de la restitution de Calais, br6»a. (|ne Henri II s’engageait à lui rendre dans le terme de (1559) huit années, sous peine de payer cinq cent mille écus aux Anglais. Les rois de France et d’Espagne lirent également la |>aix le lendemain. Elisabeth avait déjà fait assurer de ses dispositions pacifiques Philippe II et l’empereur : elle avait en même temps communiqué en secret aux princes luthériens d’Allemagne son désir de cimenter avec eux une étroite union, et quoique déjà résolue, avant d’avoir fait encore aucune démarche décisive, à opérer une réforme prochaine dans l’Eglise d’Angleterre, elle témoigna les plus grands égards au souverain |>onlife et l’assura, en lui annonçant son avènement, qu’elle était fermement résolue à ne violenter la conscience d’aucune classe de ses sujets. Paul IV occupait encore le trône pontifical. Ce pontife octogénaire répondit avec une hauteur inflexible que l’Angleterre était un fief du siège apostolique et qu’Elisabeth, étant illégitime, ne pouvait succéder à la couronne. Il s’indignait qu’elle eût osé la prendre sans son aveu, mais il s’engageait, si elle renonçait à ses prétentions, à user envers elle d'indulgence. Elisabeth rappela son envoyé, Bulle et le pape, la voyant insensible à ses menaces, fulmina
•!« bientôt après, sans la nommer, uue bulle d’excommuni-
Puul IV.
cation contre les souverains hérétiques, les déclarant tous ^l559) indistinctement déchus de leurs droits et privés de leurs K «'u mon domaines '. Cette bulle hâta la révolution religieuse à
du ,
rariemrni. laquelle déjà le nouveau parlement, réuni le 24 janvier,
I. Olto bulle &e trouve dent le B»Utri»m rtmtnum, I, 810, idit. 1737, * U dtle du 15 mm» 1559.
KI.ISABE1 H.
travaillait avec ardeur. L’un de ses premiers actes fut la remise en vigueur des statuts de Henri VIII contre une juridiction étrangère et du statut protestant d’Edouard VI, relatif au sacrement de l’autel. Le même acte annexa à la couronne toute juridiction spirituelle, et les fonctionnaires ecclésiastiques et civils furent tenus de jurer qu’ils reconnaissaient la reine pour seul chef suprême du royaume, au spirituel comme au temporel. Le livre des prières communes d’Edouard VI fut remis en usage avec quelques modifications; on rapporta les anciens statuts contre les Lollards, et il fut défendu aux commissaires ecclésiastiques de poursuivre comme hérésie toute opinion qui n’aurait pas été déclarée hérétique, soit j»ar les saintes Ecritures, soit par les premiers conciles généraux. Enfin la reconnaissance publique d’une autorité étrangère dans le royaume fut punie par l’amende et la prison, en cas de récidive, par la peine du statut de prœmunire, et la troisième fois par la mort.
Vers le milieu de l’année 1559, la liturgie protestante fut de nouveau prescrite et le serinent de suprématie exigé. Le haut clergé se montra, dans celte circonstance, très-supérieur par le caractère à ce qu’il avait été sous Henri VIU ; sur seize évêques, le serment fut refusé par quinze et leur exemple fut suivi par soixante-dix-sept dignitaires ecclésiastiques et quinze chefs de collège. Le clergé inférieur fut beaucoup plus docile et l’immense majorité des recteurs 1 prêta serinent : circonstance remarquable, où les hommes éminents par la
1 . On nomme rerieurs en Angleterre ceux que nous appelons cures en Prince.
Nouvelle
révolution
religieuse.
Iléaclioii
proksianlc.
science et la dignité furent fidèles à leurs opinions, tandis que la foule n’écouta que l’intérêt. Les sièges vacants furent remplis par des adhérents au nouveau culte, et Matthieu Parker, ancien chapelain d’Anne Uolevn , homme de mœurs simples et austères , fut élevé, malgré sa répugnance, au siège primatial.
La popularité dont jouissait déjà Elisabeth et l’assentiment donné par la majeure partie de la nation à ses actes relatifs au culte, est un indice qu'à son avènement les doctrines de la réformation étaient en progrès dans le royaume et que les cruelles rigueurs exercées par la reine Marie, avaient contribué à affaiblir l’Eglise qu’elles avaient pour objet de défendre et d’affermir. Cependant le nouvel établissement religieux était de toute part exposé à de grands dangers. Les catholiques, très-nombreux dans beaucoup de comtés, dominaient au nord ; l’Irlande tout entière était fidèle au catholicisme ; les deux cultes se partagaient l’Ecosse d’une manière à peu près égale, et Marie Stuart, reine de ce royaume et reine aussi de France par son mariage avec le jeune roi François II, était catholique et héritière présomptive de la couronne d’Angleterre. C’était d’elle surtout qu’Elisabeth redoutait les plus grands périls pour l’œuvre qu’elle essayait de fonder, et Marie Stuart par ses projets, par ses fautes et surtout par ses malheurs, occupe une si grande place dans le règne d’Elisabeth, qu’il convient de s’arrêter ici pour considérer le caractère de cette princesse infortunée et la situation de l’Ecosse au moment où elle fut appelée à la gouverner.
Les Ecossais conservaient encore , à cette époque.
KI.ISAIIETII.
la langue, le costume, l’organisation et en partie les armes des trilms celtiques. La puissance réelle était en quelque sorte concentrée dans les mains de la haute aristocratie et celle-ci, malgré les ellbrts de cinq rois de la maison de Stuart qui précédèrent Marie sur le trône, n’avait pu être pliée à l’obéissance ou assujettie au sceptre. Aucun de ces rois n’était parvenu a organiser une force publique qui lui appartînt; ils n’avaient ni troupe permanente pour contenir la noblesse, ni administration régulière indépendante de l’arislo,. cratie qui gouvernait le parlement , siégeait dans les tribunaux, composait l’armée féodale et obtenait même la prévôté des villes.
Le parlement d’Ecosse formait une assemblée unique ou délibéraient en commun les lords séculiers, les lords ecclésiastiques , les députés des bourgs et les officiers de la couronne. Par une combinaison particulière à l'Ecosse , uni: petite assemblée de trentedeux membres se détachait de la grande sous le nom de comité des lords des articles , et préparait toutes les affaires qui devaient être traitées dans la session. Ce comité dirigeait le parlement par lequel il était choisi, et là encore dominait l’aristocratie territoriale. Après la mort de Jacques V, et durant les troubles qui marquèrent la régence de la reine douairière, Marie de Lorraine, les doctrines de la réformation firent de sérieux et rapides progrès dans la noblesse, et celle-ci, en s’appuyant par la conformité de la foi sur les classes inférieures, se rendit plus redoutable encore à la couronne. Le célèbre réformateur, Jean Knox, disciple de Calvin, avait reparu en Ecosse, après avoir langui plu-
Silutfion de l’Kcosse.
Marie Sluarl I la cour 4e Krauco.
sieurs années enchaîné, pour cause de religion, sur les galères de France. Il avait acquis dans celle contrée une grande autorité, par une parole entraînante, des mœurs austères et un caractère inflexible, et son influence allait toujours croissant , tandis que la jeune reine, accordée au dauphin François, recevait en France, sous la direction des princes lorrains ses oncles, l’éducation la plus opposée aux sentiments et aux opinions qui prévalaient dans le pays quelle était appelée à gouverner.
La cour de Henri il était alors la plus magnifique, la plus joyeuse et aussi la plus relâchée de l’Europe. Marie Stuart y grandit sous les yeux de Catherine de Médicis et y développa de bonne heure tou» les dons de l’esprit qu’elle avait reçus de la nature avec la grâce la plus séduisante. Outre la connaissance des langues vivantes, elle possédait le latin qu’elle parlait avec facilité, elle était instruite «le l’histoire, composait des vers, excellait dans la musique, et chantait agréablement en s’accompagnant du luth. Celte charmante princesse faisait par ses talents, son esprit et sa rare beauté, les délices de la cour et, lorsqu’elle eut quinze ans, elle épousa le jeune dauphin François, fils de Henri II, et consolida ainsi l’ancienne alliance de la France avec l’Ecosse.
Marie Stuart unissait pour son malheur aux dons les plus brillants les défauts les plus dangereux pour une femme et surtout pour une reine ; elle manquait de prudence et d’empire sur elle-même, et signa sans réflexion, à Fontainebleau, le jour même de son mariage, deux actes secrets d’une importance extrême :
EI.IS.tBKT H.
l'un assurait la reversion de l’Ecosse au roi de France dans le cas où elle mourrait sans entants et lui transmettait aussi ses droits sur l’Angleterre et l’Irlande; le second, en cas de non-exécution du premier, donnait au môme monarque 1’usufruil de son royaume jusqu'au remboursement des sommes avancées pour sa défense. Enfin, peu de jours après son mariage, lorsque Elisabeth eut succédé sur le trône à son frère Edouard, Henri II rappela témérairement la sentence qui avait déclaré cette princesse illégitime, et, considérant la dauphino Marie Stuart, descendante directe de Henri VII par sa tille aînée Marguerite Tudor mariée à Jacques IV. comme l’héritière légitime du trône d’Angleterre, il lui fit prendre sur son écusson les armes d’Angleterre a côté des armes d’Écosse et alluma ainsi dans le cœur d’Élisabeth l’ardente jalousie et la haine implacable dont elle poursuivit sa rivale jusqu’à la mort.
La reine douairière d’Écosse, Marie de Lorraine, essaya d’abord de balancer les partis, puis elle tenta de combattre la réforme, contraignit Knox à se retirer à Genève, et fut enfin forcée d’accorder aux partisans des nouvelles doctrines une tolérance tacite. Les barons et les gentils- Ligut hommes protestants s’assemblèrent, le 3 décembre ISS7, décidèrent par un covenant (ligue) de pratiquer ouvertement leur culte, en proscrivant l’ancienne croyance, |,ï57) et formèrent un gouvernement insurrectionnel dans l’État, sous le nom de lords de la congrégation. Les principaux d’entre eux furent les comtes de Glaincairn et .le Morton, le duc d'Argyle et lord James Prieur de Saint-André, üls naturel de Jacques V et frère de Marie
u vii k iv. niAnniK m.
Abolition
catholicisme
Écos»o.
Trtilé de Perwick.
Alliance d*M . isalicl 11 avec 1a ligue du covcnanl
Stuart, célébré dans la suite sous le nom de comte de Murray. Plusieurs \ il les embrassèrent ouvertement la réforme, et Knox, rappelé par les lords de la congrégation, revint en Ecosse en 1559 pour ne plus en sortir. Ses ardentes prédications portèrent une multitude exaltée à renverser les images, à abattre les couvents, à ravager les monuments vénérables de l’ancien culte. Exaspérée par ces excès, la régente essaya en vain de les réprimer et de les punir; l’armée des lords de la congrégation s’empara d’Edimbourg, où elle renversa les autels, tit cesser le culte catholique et accomplit la révolution religieuse.
Marie de Lorraine demanda au roi Henri II des renforts qu’elle reçut dans Leitli , qu’elle fortifia, et ses adversaires reconnurent que l’influence et les secours de l’Angleterre pouvaient seuls balancer l’avantage que les troupes françaises donnaient en Ecosse à la régente et au parti catholique. L’assistance d’Elisabeth fut sollicitée par eux, et Knox s’adressa dans ce but à Cecil, qui avait déjà cherché à convaincre 3a souveraine de l’utilité de soustraire l'Ecosse à l’influence française. « Ce royaume, avait-il dit, ne saurait arriver à une entière prospérité que par deux moyens, ou en se liant d’une amitié perpétuelle avec l’Angleterre, ou en ne formant avec elle qu’une seule monarchie; et l’Ecosse, une fois libre, Votre Majesté saura trouver le moyen d’unir les deux royaumes. »
Elisabeth hésitait ; cependant lorsque les lords de la congrégation, après avoir destitué la régente, Marie de Lorraine, eurent été de nouveau battus et chassés d’Edimbourg par les Français, elle signa, en 15C0,
Kl ISAIIKI II.
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le traité de Berwick, par lequel le duc de Norfolk, son envoyé, conclut une alliance défensive avec les commissaires de la congrégation. En exécution de ce traité, une flotte anglaise entra dans le Fortli, et lord Grey conduisit en Ecosse une armée de six mille hommes de pied et de deux mille chevaux que rejoignirent à Prcston huit mille confédérés, sous le duc de Châtellerault. Les Français furent dès lors trop faibles pour tenir la campagne; ils s’enfermèrent dans Leilh où ils soutinrent un siège glorieux, et demandèrent inutilement de nouveaux renforts à la cour de France.
Celle-ci, tout entière à la lutte qui venait d’éclater entre les catholiques et les protestants, les princes lorrains et les Bourbons, était hors d’état d’envoyer des forces à l’étranger. La conjuration d’Amboise, récemment découverte, avait réduit le duc de Guise et le cardinal de Lorraine à se défendre eux-mêmes, et la régente d’Ecosse, leur sœur, voyait maintenant toute sa noblesse liguée avec Elisabeth , contre la faible garnison française et contre elle-même.
Accablée de fatigues et de soucis, Marie de Lorraine tomba dangereusement malade et, convoquant une dernière fois les chefs écossais confédérés, elle les entretint du salut de l’Ecosse, les engageant à préférer |*our le royaume, à l’alliance de l’Angleterre, celle de la France qui ne menaçait point leur indépendance nationale, puis elle leur lendit la main, les . u "rt.
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embrassa et leur fil scs adieux : bientôt après elle de Lorr*io«. expira. La paix était devenue inévitable, elle se con- dEdiinLurg. dut à Edimbourg entre les commissaires d'Elisabeth. , |3G0) et ceux de François II et de Marie Stuart. Les prin-
Eubli'lerocnl
>)• l’Egliw <l'Eco»$».
cipales conditions de ce traité (tirent : l’évacuation de l’Écosse par les troupes françaises, la renonciation du souverain de la France au droit do prendre les armes et le titre de roi de France et d’Angleterre ; la création, pour la conduite des affaires en Ecosse, d’un conseil de douze membres dont sept seulement à la nomination de la reine, et entin la réunion d'un parlement libre au mois d’août.
Ainsi fut renversée en Écosse la domination étrangère de la France. La révolution religieuse y fut bientôt complètement achevée par le parlement nouveau qui, à la demande de Knox et des plus zélés réformateurs, adopta leur croyance et sanctionna une confession qui eut pour fondement le Credo de» Apôtres, et se rapprocha des articles de l'Eglise d’Angleterre, sous Edouard VI : la foi catholique et la juridiction du saint-siège furent abolies en Ecosse et des peines terribles, la confiscation, le bannissement et, pour la troisième fois la mort, menacèrent ceux qui célébreraient la messe et les assistants. Les ministres de la nouvelle Eglise rédigèrent ensuite le livre de discipline, destiné à régler parmi eux le gouvernement chrétien. Désapprouvant la hiérarchie anglicane, ils ne reconnurent point, comme en Angleterre, le chef de l’État pour le chef de l’Eglise : la souveraineté religieuse appartint au peuple qui désigna les ministres par l’élection et fut ainsi la source de l’autorité ecclésiastique.
Le livre de discipline affectait les biens du clergé catholique nu service du culte réformé, à l'instruction du peuple et au soulagement des jmuvres : il n'obtint pas sur ce point l'assentiment de plusieurs
ELISABETH
barons qui voulaient garder ce qu’ils avaient pris; mais à part cette dissidence, dit un historien déjà cité, l’ancienne noblesse et la nouvelle Eglise agirent d’accord contre le clergé romain qu’elles détruisirent , contre l’influence française qu’elles annulèrent et le pouvoir royal qu elles affaiblirent. Le traité d’Edimbourg et les actes du parlement d’août 1560 firent de l’Ecosse une sorte de république protestante , conduite par des seigneurs et des ministres , et placée sous le protectorat de l’Angleterre. Les lords de la congrégation n’hésitaient pas à dire : que la reine Elisabeth ayant pourvu à la sécurité et à la liberté de l’Ecosse, le royaume lui était plus obligé qu'à son propre souverain1.
Mario Stuart refusa de signer le traité d’Edimbourg qui consacrait dans son royaume tant de changements si préjudiciables à son autorité , mais elle était hors d’état de réduire scs sujets à leur ancienne obéissance , et la mort prématurée de son mari François II, survenue le S décembre 1560, fit passer le pouvoir en France aux mains d’une princesse jalouse d’elle et de sa famille, à la reine douairière Catherine de Médicis, mère du jeune roi Charles IX.
Veuve à dix-huit ans, Marie Stuart sentit amèrement tout ce qu’elle perdait en descendant du trône de France par la mort de son mari, pour aller régner sur un royaume qu’elle ne connaissait pas et où les mœurs et les croyances, la politique et la religion étaient également menaçantes pour elle.