‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 162 sur 224 · I.IVRK IV. r.llAI'ITIIK · texte numérisé non relu

I.IVRK IV. r.llAI'ITIIK

sioii populaire1. Vainement elle déclara qu’elle n’entendait contraindre ou gêner personne dans sa religion, réclamant pour elle-même une tolérance que les ardents sectaires qui l’entouraient n’étaient pas disposés à lui accorder : « J'aimerais mieux, disait Knox, voir débarquer dix mille ennemis en Ecosse que d’y voir célébrer une seule messe. » Et lorsqu'on sut, le dimanche suivant, que la messe avait été dite pour la reine dans sa chapelle privée, le peuple s’agita, les ministres firent entendre des menaces et le fanatique Lindsay pénétra dans le palais d’Holyrood avec une troupe furieuse, demandant le sang des prêtres. Tels furent les débuts de Marie .Stuart au milieu d’un peuple qui n’avait avec elle aucune conformité de mœurs ou de croyances. Les orages de son règne sortirent d’abord des difficultés mêmes de la situation, |>uis de ses imprudences et de se3 fautes et aux cruelles disgrâces que celles-ci attirèrent

1. Comme la reine parlait d’ouvrir de» conférence} pour la religion entre les défenseurs de l’ancienne et de la nouvelle doctrine, Knox répondit brusquement : « Les papistes ignorants ne savent point argumenter avre câline, cl parmi eux les habiles se gardent bien de laisser examiner les fondements de leur croyance. Ils sc savent impuissants a soutenir leur opinion s’ils n’ont le feu et l'épée pour auxiliaires et leurs propres lois pour juges. Je suis donc fondé h vous dire. Madame, qu’ils n’acceptent jamais la discussion qu’aulant qu’ils sont eux-mémes juges et parties, a La reine ayant été avertie pour dîner, Knox lui dit en la quittant : Je prie Dieu, Madame, qu’il accorde a vous cl aux vôtres et au peuple d'Ecosse le» mêmes bénédictions qu'il accorda jadis il Deborah au milieu du peuple d’Israël. ■ Les papistes murmurèrent et tremblèrent, et les saints furent dausla joie, espérant qu’elle consentirait du moins il entendre des sermons. Mais en cela ils furent déçus, et M. knox ayant été interrogé par quelques amis familiers touchant son opinion sur la reine, il répon* dit : • S’il n’y a point eu elle un esprit d'orgueil, une volonté pleine de ruses et un cœur endurci contre Dieu cl sa parole, mon erreur est grande. * (Caldwood, Histoire de t’Eglite d'Ecosse.)

ÉLISAUtill.

sur sa tète la fortune inflexible ajouta ses rigueurs.

Elisabeth était alors dans cette première et paisible période de son règne que les poêles ont appelée scs jours alcyoniens et dont le calme ne fut interrompu que l>ar une courte intervention dans les troubles de la France. La reine douairière, Catherine de Médicis, avait été reconnue régente de ce royaume pour son fils Charles IX, âgé de dix ans seulement à la mort de François U. Elle avait d’abord louvoyé entre les partis, s’appuyant tantôt sur les Guises et sur les catholiques, tantôt sur les princes bourbons, le roi de Navarre et Condé, qui, avec l’amiral de Coligny, étaient à la tête du parti protestant. La guerre civile éclata en 1561 : les Guisc3 Contint Herment et Montmorency tenaient à cette époque, en leur pouvoir la régente et le jeune roi, Paris et la plupart des grandes cn Fr*ncfvilles du royaume : les protestants dominaient dans plu- iôcs. sieurs provinces et ils étaient maîtres de la Normandie presque tout entière. Les deux partis négocièrent avec les étrangers; les Guises s'appuyèrent sur Philippe 11 et le duc de Savoie, Condé négocia avec les princes allemands et avec Elisabeth. Cette princesse était en paix Aiiimc» avec la France : mais elle prétendit, avec sa duplicité ha- a È1,'^e,h bituelle, que tous ses efforts ne tendaient qu’à soustraire 111 P™'"'»»1» la régente et son fils à la tyrannie des Guises, et qu en s’alliant pour cet objet aux protestants et à Condé leur chef, elle ne violait aucune des clauses du traité de Cateau-Cambresis : elle s’engagea donc par la convention d’Hamptuncourt. à les assister de cent mille couronnes el C*,nfc,,ll0n d’uu corps de six mille hommes moyennant la remise de quelques places fortes du littoral de la Normandie, et le mois suivant, en exécution de ce traité, le comte de

Il VU! IV. CHANTRE IN.

i.c Havre

cédé

aux Anglais «l repris.

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Traité de Troyc*.

I SGi

Warwick parut avec une armée anglaise devant le Havre dont les protestants s’étaient emparé et que Condé livra aux Anglais. Mais bientôt la convention d’Amboise mil (in à cette première guerre civile : le connétable de Montmorency vint alors assiéger le Havre, ou périssait l’armée anglaise privée d’eau douce et décimée par les fièvres. Warwick capitula et rendit la ville aux assiégeants. Deux envoyés d’Elisabeth * vinrent alors en France chargés de rétablir la paix entre leur souveraine et le roi Charles IX qui avait atteint sa majorité a. Ils invoquèrent sans succès l’engagement pris par la France à Cateau-Cambrésis pour la restitution de Calais : il leur fut répondu que la reine d’Angleterre avait annulé cette clause en s’em|>aranl du Havre. Un nouveau traité fut conclu : par cet acte signé à Troves le (1 avril (504, Charles IX s’engagea à payer une somme de cent vingt mille écus; et Calais fut définitivement laissé à la France qui recouvra ses otages a.

Cette courte guerre, en vue de laquelle le parlement anglais, convoqué en 1502, accorda un important subside, fut le plus grand événement politique des dix premières

1. Il» se nommaient Thomas Sinitli et Tiogmort-ni. Ce d ruier aviil irempé fort avant dans les intrigue» dont le résultat fui I ’w 1 1 ia nce d’Klisalieili avec Condé. N fui arrêté ainsi que nn collègue, a son arrivée eu France, par l’oidre du roi cl il» ne recou vrèrenl leur liberté que lorsque fdiarlc* IX cul résolu dj négocier fcTroyea. V«y. .Ven». de Castelnau, 1. V, c i.

2. tue urJonoaiice de Chai les V fixait la majorité des rois a fl ans.

3. C’est pat le Irailé de Ttoyus que la France rentra d’tiue manière définitive en possession de la Tille du Calais, et elle en fui redevable surloul a Michel de Castelnau, sot» ambassadeur auprès d'Élisabeth, Celle-ci, avant de ratifier ce traité, qu’elle considérait, dit-elle, comme pou honorable, parlait «le faire trancher la tète à ses ambassadeurs pour l'avoir signé sait» l’avertir. Mais tout ce discours de U reine, dit Castelnau, n'était qu ailifire, dont elle était pleine, etc. Me Moires, I. V, c. K.

ELISABETH

années du règne d'Elisabeth; et la paix étant rétablie, la reine d’Angleterre tourna de nouveau son attention sur l’Écosse et sur sa jeune souveraine. Elle n’ignorait pas <]ue Marie, par sa naissance, connue petite -fille de Henri VII et sa plus proche parente, était appelée au trône après elle, el elle attachait une importance extrême à lui faire contracter un second mariage qui fût selon ses vœux et d accord avec les intérêts de sa couronne. Ce mariage occupa tous les cabinets de l’Europe : plusieurs grands princes se mirent sur les rangs, et en première ligne don Carlos, prince des Asturies, fils aîné de Philippe II. Mais le mariage de la reine d’ Écosse avec ce prince, héritier de l’Espagne, des Pays-Bas et du Nouveau- Monde, et'.qui semblait appelé à être, par son éducation comme par sa puissance, le plus redoutable soutien du catholicisme en Europe, était trop contraire aux vues d’Elisabeth pour obtenir son assentiment. Elle conçut le projet de faire épouser à Marie Stuart son favori, lord Robert Dudley, fils de ce puissant duc de Northumberland, qui avait gouverné l’Angleterre sous Edouard VI. Marie répondit par un refus aux ouvertures d’Elisabeth, qui avait élevé Dudley au faite des honneurs, le créant à la fois comte de Leicester et baron de Denbigh, et posant elle-même la couronne de comte sur sa tète pour le rendre plus acceptable à la reine d’Ecosse. Le choix de Marie Stuart était déjà tombé sur lord Henri Damley, fils aîné du comte de Lennox, de la maison de Stuart : il descendait dans la ligne maternelle des Tudors et il était ainsi allié par le sang aux deux princesses assises sur les trônes d’Angleterre et d’Ecosse.

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