ÉDOUARD III
il rencontrait un homme qu’il haïssait ou qu’il avait en soupçon, il le faisait aussitôt mettre à mort : il fit tuer ainsi plusieurs grands maîtres, par quoi il était si redouté que nul n’osait parler contre chose qu’il voulut faire ni à peine penser de le contredire. Il avait rempli de ses espions les villes de Flandre : il bannit de la province tous les seigneurs favorables au comte, et confisqua la moitié de leurs revenus, laissant le reste à leurs familles; il tirait à volonté l’argent de tous par emprunts ou par taxes, levant d’ailfeurs tous les impôts que levait avant lui le comte : il en dispersait le produit arbitrairement sans en rendre aucun compte, et personne n’eut en aucun pays un pouvoir aussi absolu que le sien1. » C’est à lui qu’Edouard s’adressa.
Artevelt avait compris que sa popularité en Flandre dépendait tout entière de la prospérité de l’industrie des foulons et drapiers, et celle-ci périssait à défaut des laines anglaises : il accueillit donc les avances du roi d’Angleterre , fit alliance avec lui et l’appela sur le continent. F.douard ofdint de son parlement un don de vingt mille sacs de laine2, destinés à lui rendre les Flamands favorables, et il aborda en Flandre avec une armée.
Les peuples de ce pays montraient cependant quelque scrupule à déclarer la guerre au roi de France, leur seigneur suzerain. Artevelt leva l'obstacle en invitant Edouard à prendre lui-même ce titre : le roi d’Angle-