‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 98 sur 276 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

sion du pont, entra dans la villo. ( i triompha successivement île tous les obstacles. La foi donnée fut alors violée; et, dès que la résistance cessa, Cromwell ordonna ou toléra un massacre général. Pendant cinq jours, les mes de Drogheda ruisselèrent de sang : la Tengeance et le fanatisme stimnlaient Fardeur des solcats; la garnison détruite, ils tournèrent leurs épées contre les habitants, et nn millier de rictimes sans résistance furent immolées ensemble dans les murs de la grande église, où elles avaient cherché asile ^ De Drogin cki, le voinqueur comliiisit ses troupes, ivres de carnage, au siég»^ de W'exford. La résolution du gouverneur imposa silence aux timides conseils dos bourgeois; mais un traître ouvrit la citadelle h rennenii, le mur adjacent fut aussitôt escaladé, et après une résistance opiniAtre, mais inutile, sur la place du marché, Wexford fut abandonnée à la merci des assaillants [12 oct.]. Les scènes tragiques, encore si récentes» de Drogheda se renouvelèrent. On ne fit pas de distinction entre l'habitant sans défense et le soldat armé; et les cris et les prières de trois cents femmes, qui s'étaient rassemblées autour de la grande croix, ne purent les prémrer du glaive de ces barbares impitoyables. Cromwell réduit à deux mille le nombre des morts; quelques écrivains le font renjontcT h cinq uiille'^.

Ormond, hors d'état d'arrêter la marche sanglante de son adversaire, attendait avec impatience la détermination d'O'Ncil. Ce chef avait tidèlement rempli ses engagements avec les commandants parlementaires. 11 avait suscité des obstacles aux royalistes : il avait forcé Montgomery a lever le siège de Londonderry, et avait sauvé Coote et sa petite armée, dernière espérance du parlement dans TUlster, du sort qui leur semblait réservé. Les meneurs de Londres hésitèrent d'abord à ratifier les traités fiiits

1. Voye» rOrmond do Carte, ii, 84. Carte, Lettres, iv. 412. Philop. Iren. i, 120. Whitel. i^H. Ludlow, i, 1^01. Lvnch, Cambrensis Éversut, in une. Tarn-'

phlets ilii roi , 111, 17. Ormond affirme plii5?ieurs fois qu'on avait accordé quartier avant le massacre : « Tous ses ofliciers et soldats proniettiint quartier à ceux qui mettraient bM Iw «rmeg, et le faisant tant qu'on tint dans quelque endroit, ce qui encourapca les autres a céder. Mais une fois (ju'ils les eurent tous eu leur pouvoir et qu'ils u'eureut plus rien & cruiudre, alors le mot vutnt de quartier circula, et les soldais furent forcés, beaucoup contre leur Tolonté, de tuer leurs prisonniers. : Carte, Lritres, ii, 412. Cromwell seralile aftii nier le contraire dans sa dépêche oflicielle : « Etant ainsi entres, nous leur refusâmes quartier, ayant la veille sommé la ville. Je crois que nous avons passe au lil de répée tous ses défenseurs... Dieu nous a fait là une grâce vraiment miraculeuse. > Dans une autre lettre, on admet en outre le massacre de roillie habitante qui avaient cherche un refuge dans la piantle eplisc. \\ Intel. biS.

S. V Ormond de Carte, il, d3. Castleliaveu, i>U. Thilop. Ireu. i, 1223. Païupiilettt dn roi, 44?, 36.

avec lui par leurs ofûciers : après la victoire de Rathmines , ils refusèrent publiquoiucnt K Transporté d indij^Miaiion, (VNeil accepta les offres d'Ôrmond, et partit de Londoiidurry pour rejoindre Taruiée royale; mais en route il tomba malade, et il mourut à Clocknacter, dans le Cavan. Ses officiers, toutefois, remplirent ses intentions; Farrivée des hommes de Tllster ranima le courage de leurs alliés, et le général anglais échoua successiyement dans ses tentatives sur Duncannon et Waterford. Ses troupes commençaient à souffirir de la rigueur de la saison, Imque lord Broghill, qui était réoenunent revenu d^ Angleterre, corrompit la fidélité des régiments de lord Inchiquin. Les garnisons de Cork, 4Toughall, deBandonetdeKinsalesedédarinrentpour le parlement, et Cromwell saisit cette occasion de clore la campagne, et de mettre ses troupes dans les quartiers d'hiver'^.

Mais riîiartion ne convenait ni à sa politique ni à son caractère. Après sept >eniaines de repos, il les remit en campagne [29 janv. 1650]; et a la tète de 20,000 hommes, bien équipés et bien disciphnés, il prédit avec conliance l'entière conquête de Tlrlaude. Les royalistes étaient dénuçs d'argent, d'armes et de munitions; une maladie pestilentielle, apportée d'Ëspagne avec la cargaison d'un vaisseau, ravageait leurs quartiers; au nord, Cbarlemont seule reconnaissait Tautorité royale; dans le Leinsteret le Uunster, presque toutes les places importantes leur avaient été enlevéec^ par la force ou par la perOdie; et même dans le Connaught, lemr dernier refuge, les discordes intestines empéchaieni l'union qui seule pouvait les sauver d'une entière deslruciion. Leurs malheurs mirent en mouvement les factions qui dormaient depuis le départ du nonce. La re( t nte trahison des troupes d" Inchiquin avait engendré des sentiments de méfiance et de soupçon; et beaueoup de gens soutenaient qu'il valait mieux sur-le-champ se soumettre au vainqueur que de compter sur la fidélité douteuse du lord-lieutenant. Cromwell rencontra peu de résistance. Ptt^ toni où il arrivait, il promettait la vie sauve et la liberté de cose sdence'; mais le rejet de cette oQre^ mtme û on Tacceptait

1. Council BooJk, 6 août, n- 67, 68, 69, 70. Joum, 10^ 84 août. Wafter, ii, 2'4H. Pamph. Ju roi, il" 435, xi ; W, xxxiii. Le lecteur no «loit pas confondre cet Oweu Rue U'iScU avec uix autre du même nom, un des régicides, qui reclama duMflemei^iUMdctte de 6J)SS 1 17 s. 6 é*, «1 dbtiat un ordre po«r être payé sur les terres eonflaqpiées m Iriaa4e. /««m. S lepk. Itsa

9. Phn. Ires. I, SSL Vùrmonà de Carte, ii, 108. Deiid, Curiot. Sib. 581.

3. Par libiM tt' <lc tonscicnce, il entendait la liberté de croyance intérieure» cl non celle du culte extérieur. Voyes sa lettre dsns FhiL Xren.

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