‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 134 sur 643 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

tères, seules écoles de cette époque, avaient été détruits; et, à l'avènement d'Alfred , le Wessex pouvait à peine se vanter de posséder un seul érudit capable de traduire un livre latin en langue anglaise ». Le roi , qui dès ses plus tendres années avait eu la passion de la science , tacha d'animer du même esprit tous ceux qui aspiraient à sa faveur. Dans ce dessein, il invita à sa cour les savants les plus distingués de son pays et des pays étrangers. Plegmand et Werfrith , Ethelstan et Werwulf vinrent de la Mercie. Jean , de la Vieille-Saxe , quitta le monastère de Corbie pour un établissement à Ethelinçev. Asser de Saint-David fut décidé par des présents considérables à résider six mois de l'année avec le roi ; et une honorable ambassade envoyée à Hincmar, archevêque de Reims, revint avec Grimbald, le célèbre prévôt de Saint-Omer*. Avec leur assistance, Alfred commença, dans sa trente-neuvième année, à s'appliquer à l'étude de la littérature romaine, et ouvrit, en différents endroits, des écoles pour l'instruction de ses sujets. Sa volonté fut que les enfants de tout homme libre dont les moyens le permettraient acquissent les connaissances élémentaires de la lecture et de l'écriture , et que ceux qui se destineraient aux emplois civils ou ecclésiastiques apprissent en outre la langue latine *.

Un malheur que le roi déplorait fréquemment, ce fut qu'il n'existât dans la littérature saxonne aucun livre de science. « Je me suis souvent étonné , » dit-il, « que les illustres savants qui jadis florissaient en Angleterre et qui avaient lu tant d'ouvrages étrangers n'eussent jamais songé à traduire les plus utiles dans leur propre langue *. Pour y suppléer, Alfred entreprit lui-même cette tâche. De ses traductions , deux furent historiques et deux didactiques. Les premières étaient Y Histoire ecclésiastique des Anglais , par Bède , et VEpitome d'Orosius , le meilleur abrégé d'histoire ancienne qu'on eût alors : ouvrages également propres à exciter et à satisfaire la curiosité de ses sujets. Des deux autres , l'un , qui s'adressait à la générosité des lecteurs, était la Consolation de la

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