‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 336 sur 643 · Ead · texte numérisé non relu

Ead

2. Ce n'était pas que l'église d'Angleterre rejetât la suprématie du pape, mais les évêques n'avaient pas la permission de s'enquérir du droit des compétiteurs, et , en conséquence , ils suspendaient leur obéissance. uQuiseorum canonice, quis secus fuerit institutus, ab Anglis usque id temporis ignorabatur. » Ead. 32. — . Dubitabant propter illam quœ nata est dissensioncm , et propter dubitationem illum susciperc quasi certum diflerebant. » Ep. Anselm. m, 3G.

3. Ead. 25 , 26. Quoiqu'elle eût pris naissance sous son père , Flambard dit de cette prérogative qu'elle était « praecipuum in omni dominationc sua, et quo eum cuncLis regibus prœstare certum erat. » Id. 29.

4. Id. 28, 29. Anselme a été blâmé pour avoir donné au pape, pendant les déhats , les titres d'évêque des évêques , de prince de tous les hommes , et d'ange du grand concile. Quiconque lira l'original sera convaincu que cette accusation a été faite par erreur. C est au Christ, et non au pape, que 1 archevêque applique ces expressions. Voyez Eadmer, p. 27.

diront que cola n'était point on leur pouvoir. Il lour commanda d'abjurer son autorité , et ils obéiront. Il invita alors les barons laïques à imiter l'exemple des prélats; mais, à son extrême désappointement, ils refusèrent. Déconcerté et furieux, il remit la décision de la question à doux mois; et, appelant les évèques autour de lui, il demanda successivement à chacun d'eux dans quel sens il avait abjuré l'autorité d'Anselme. Quelques-uns répondirent sans condition; et ceux-là, il les appela ses amis et leur commanda de s'asseoir. D'autres diront qu'ils ne l'avaient abjurée qu'en tant que le primat reconnaissait un pape qui n'avait pas encore été reconnu par l'église d'Angleterre; ceux-ci reçurent l'ordre de quitter la salle , avec l'assurance qu'ils avaient perdu la faveur royale. Pour la racheter, chacun d'eux fut obligé de faire au roi un présent considérable *.

Si je suis entré dans ces détails, c'est afin que le lecteur puisse apprécier plus aisément le caractère de Guillaume et remarquer la procédure de ces cours arbitraires de justice. [4095.] Il y eut quoique chose de risibledans le résultat de cette contestation. Le roi envoya clandestinement un messager à Rome , reconnut , sans être sollicité, l'autorité d'Urbain, obtint de lui en secret le pallium, et, après plusieurs tentatives infructueuses pour le vendre, finit par consentir à ce qu'il fût donné à l'archevêque. Mais, quoiqu'Anselme eût réussi en cette circonstance, il avait encore lieu de regretter la tranquillité de sa cellule. La haine qui fermentait dans le cœur du roi était souvent visible dans sa conduite; et il ne laissait échapper aucune occasion de contre-carror les efforts et de blesser les sentiments du primat. En dépit de ses remontrances, Guillaume retenait la possession des bénéfices vacants , empochait la convocation dos synodes, refusait de rendre les manoirs qui appartenaient au siège de Canterbury , et , après une expédition dans le pays de Galles, cita l'archevêque devant lui , pour avoir envoyé ses vassaux sans leur donner suffisamment d'armes et de provisions. On dit que l'accusation était fausse ». Mais Anselme , las de ces provocations sans fondement , au lieu de plaider sa cause , sollicita la permission de se retirer à Rome 3. [15 oct.] Il lui fut répondu qu'il pouvait agir à son gré; mais que, s'il quittait le royaume , le roi prendrait immédiatement posses-

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