‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 407 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

dégât, s'assit par terre et mordit la paille du plancher *. Le lecleur voit donc que l'orgueil et la colère, la circonspection et la duplicité formaient les traits dislinctifsde son caractère.

Parmi ceux qui avaient des droits fondés à la reconnaissance du roi , l'un des premiers était Théobald , archevêque de Canterbury. Il avait subi le bannissement pour la cause des Plantagenets, avait refusé de placer la couronne sur la tète d'Eustache , avait négocié le traité conclu entre Henri et Étienne , et maintenu la tranquillité publique à la mort imprévue de ce dernier. Ses services ne furent point oubliés, et pendant deux ans le primat conserva la première place dans les conseils de son souverain. Quand l'âge et les infirmités l'avertirent de se retirer, son affection pour Henri, qu'il aimait comme son propre enfant*, l'engagea à recommander à la faveur royale un ministre dont les talents pussent mériter l'estime , et dont la sagesse pût guider l'expérience du jeune monarque. Dans cette vue, et à l'instigation de l'évêque de Winchester, Théobald présenta son archidiacre Thomas Becket, personnage que le lecteur verra jouer pendant nombre d'années un rôle important sur le théâtre des affaires publiques, et qui, depuis sa mort, a été représenté alternativement comme un saint et un héros ou comme un hypocrite et un traître, selon la tendance religieuse de l'historien.

Becket était fils de Gilbert, un des principaux citoyens de Londres, compatriote et ami de l'archevêque. Il fut confié dans son enfance aux soins des ohanoines de Merton, et il continua ensuite ses études aux écoles de la métropole, d'Oxford et de Paris. Quand son père mourut, il fut admis dans la famille de Théobald, et, avec la permission de son protecteur, il quitta l'Angleterre pour se perfectionner dans l'étude du droit civil et du droit canon. 11 assista aux leçons de Gratien à Bologne , et d'un autre célèbre professeur à Auxerre. Dès qu'il fut de retour , ses connaissances furent appréciées et récompensées ; il obtint des emplois dans les églises de Lincoln et de Saint-Paul ; on lui conféra la prévôté de Beverley; et lors de l'élévation de Roger de Pont-l'Évêque au siège d'York il lui succéda dans Parchidiaconat de Canterbury, la plus riche dignité de l'église d'Angleterre après les évèchés et abbayes qui donnaient le rang de baron à leurs titulaires3. Son prédécesseur l'avait toujours vu d'un œil de jalousie, et la rivalité qui commença dès lors entre eux continua de les diviser toute leur vie.

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