Bed. v, 10. Wittich. i, p. 7 1. Huntiugd
48 HISTOIKK 1) AtSGl.KTKHHK.
taille allait jusqu'à une espèce de vénération; mais avant son initiation ils lui fendaient les naseaux , ils lui cousaient les oreilles, et détruisaient complètement en lui le sens de l'ouïe. A dater de ce moment, il était consacré au dieu de la guerre; et on croyait que, dans les occasions importantes , il annonçait la volonté de cette divinité *.
Dans l'enfance de leur puissance navale, leurs bateaux ressemblaient à ceux des autres tribus du Nord, et quelques planches, garnies d'osier et couvertes de peaux , portaient ces barbares intrépides , à travers l'océan , à la recherche des dépouilles et des aventures*. Mais dans le ve siècle leurs chiules5, ou vaisseaux de guerre, avaient pris une plus formidable apparence, et le nombre des guerriers qu'elles contenaient, et la longueur de leurs voyages, donnent à penser qu'elles étaient formées de matériaux plus solides et plus durables. Montés sur elles, les Saxons sortaient fréquemment de leurs ports, tantôt se dirigeant vers un point précis, tantôt s'abandonnant tout à fait à l'impulsion des vents. Mais, soit qu'ils eussent le hasard ou un plan pour guide, leur but était invariablement le même : surprendre et piller les habitants inoffensifs de quelque partie des côtes bretonnes ou gauloises. L'éloquent évèque de Glermont, Sidoine, a décrit d'un style animé les terreurs des provinciaux et les ravages des barbares. — « Nous n'avons pas, drt-il, d'ennemi plus cruel et plus dangereux que les Saxons. Ils triomphent de tous ceux qui ont le courage de leur tenir tète ; ils surprennent tous ceux qui sont assez imprudents pour n'être pas préparés à une attaque. Lorsqu'ils poursuivent, ils atteignent infailliblement; lorsqu'ils sont poursuivis, ils sont sûrs de s'échapper. Ils méprisent le danger; ils sont endurcis aux naufrages ; ils sont ardents au butin et l'achètent au péril de leur v ie. Les tempêtes, si redoutables pour d'autres, pour eux sont des sujets de joie • l'orage les protège quand ils sont pressés par l'ennemi, et couvre leurs opérations quand ils méditent une attaque. Avant de quitter leurs rivages, ils vouent à leurs dieux le dixième des principaux captifs; et, lorsqu'ils sont sur le point de revenir, les lots sont tirés au sort avec une affectation d'équité, et le vœu