‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 208 sur 563 · CHAPITRE QUATRIÈME. 2b · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. 2b

les hommes s'exerçassent à tirer de l'arc les jours de féle, aux heures qui ne seraient point celles du service divin ; et tous les jeux qui pouvaient détourner leur attention de cet exercice furent strictement défendus1. En bataille, les archers étaient rangés en lignes écartées , Tune derrière l'autre, de manière à ressembler en quelque façon aux pointes d'une herse2. Us combattaient nécessairement à pied; mais du moment où leur importance fut reconnue, chaque chevalier eut soin d'en mettre quelques-uns à cheval, pour s'en faire accompagner dans toutes ses expéditions, et tirer parti de leur adresse. Edouard lui-même avait, commo gardes du corps, cent vingt archers choisis parmi les hommes les plus robustes du royaume 3.

U. En dernier venait le reste des fantassins. Dans les levées générales, on leur fournissait des armes conformément aux dispositions de l'ordonnance; mais lorsqu'on n'en demandait qu'un petit nombre a chaque comté, on leur donnait à tous des jaquettes matelassées, des calottes et des gantelets de fer4. Il y avait toujours parmi eux un grand nombre de Gallois, armés de lances et revêtus d'un uniforme aux frais du roi. Ils étaient d'une grande utilité , partout où le pays était montagneux et impropre aux opérations de la cavalerie 5 .

Indépendamment des militaires, l'armée était suivie d'une multitude d'artisans et d'ouvriers, pressés par les shériffs et envoyés aux frais du roi. Il existe encore d'innombrables writs qui leur assignent différents comtés, et indiquent leurs métiers respectifs. Nous rencontrons des forgerons, des charpentiers, des scieurs de long , des carriers , des maçons , des bûcherons , des fossoyeurs, des mineurs et des cordiers, qui étaient ainsi arrachés par vingtaines a leur famille et à leur besogne, et forcés de souffrir les fatigues et d'affronter les dangers d'une expédition militaire6.

Quand le roi convoquait ses tenanciers militaires, le comte connétable et le comte maréchal avaient le principal commandement sous le souverain ; mais quand les armées étaient levées

in actibus nostris guerrinis subventionem non modicam dinoscitur provenisse. Ryra. vi, 417.

1. Les jeux défendus étaient le palet, la balle, le ballon, la crosse, les combats de chiens et ceux de coqs. Rym. ibid et 4G8.

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