‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 330 sur 563 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Mais si le roi, à la tète d'une armée victorieuse, pouvait mépriser les murmures de ses sujets, qui condamnaient l'exécution de l'archevêque , il jugea utile de pallier ou de justifier sa conduite auprès du pape Grégoire XII, dont le prédécesseur, Innocent VII , avait publié une sentence provisoire d'excommunication contre tous ceux qui avaient pris part à la mort de ce prélat. Henri allégua comme défense que Scrope avait pris les armes contre son souverain, crime que les lois anglaises punissaient de ■mort; qu'il avait été fait prisonnier après une bataille dans laquelle ses troupes, montant à huit mille hommes, avaient été bat- • tues; que les royalistes demandaient à grands cris son châtiment et menaçaient de se joindre aux rebelles si on l'épargnait; et que le roi avait donné à regret son consentement pour prévenir les malheurs qui seraient arrivés, si ses vassaux en armes s'étaient chargés eux-mêmes de faire justice1. On ne sait quelle im- • pression cette réponse fit sur l'esprit de Grégoire; mais il ordonna de lever l'excommunication pour tous ceux qui déclareraient être fâchés du rôle qu'ils avaient joué dans la mort de l'archevêque 2.

Pendant plus de deux ans, Northumberland et son compagnon d'exil errèrent de lieu en lieu ; tantôt demandant l'assistance des Ecossais, tantôt consultant les insurgés des Galles Henri employa toute espèce d'artifices pour s'emparer de leurs personnes ; ils mirent une égale vigilance a déjouer tous ses projets, et cherchèrent l'occasion de tirer quelque vengeance signalée de leur antagoniste. [1407.] Une fois, ils obtinrent la permission de visiter, en compagnie de deux évêques et de l'abbé de Welbeck, le prétendu Richard au château de Stirling, afin de s'assurer s'il était en réalité le monarque déposé, et, dans ce cas, de préparer avec lui un plan d'opérations. Mais leur tentative fut infructueuse. Ou leur dit qu'il refusait de les voir , et qu'aucunes sollicitations , pas même celles du régent , ne pouvaient lui arracher son consentement 3. Leurs' espérances néanmoins furent ranimées par les contestations du parlement de 1407, et par le mécontentement qu'excitaient les lourds subsides que le roi demandait à son

1. Le lecteur remarquera qu'il est impossible de concilier cette version avec celle qui a été donnée précédemment d'après nos historiens. Devons-nous les accuser de déguiser la vérité par inimitié pour la maison de Lancaster, ou accuser le roi d'inventer des mensonges pour apaiser le pontife?

Page 1