CHAPITRE SEPTIÈME
comme héritier présomptif, qu'il ne fut pas question des droits du comte de Mardi; et quoique ses égarements eussent fait naître des préventions contre lui, ses sujets furent plus disposés h les attribuer à l'étourderie de la jeunesse qu'à la dépravation du cœur. Au reste, il ne trompa pas leur attente. Dès que son père eut expiré , il se retira dans son cabinet , passa le reste du jour dans l'isolement et la prière , et le soir il se rendit près de son confesseur, religieux de l'église de Westminster, qui le confirma dans la résolution d'expier le scandale de sa vie passée par la régularité de sa conduite future. Les compagnons dissolus de ses plaisirs furent renvoyés à l'instant; des hommes de savoir et d'expérience furent appelés près du trône; et ceux qui en réprimant ses excès s'étaient attirés l'inimitié du prince se trouvèrent, à leur étonnement , honorés de l'approbation et de l'amitié du rot1. Il fit acte de justice en mettant en liberté le comte de March, qui depuis son enfance était détenu par le feu roi, sans autre crime que son droit au trône ; quelque temps après, il rendit au fils de Hotspur, exilé en Ecosse, les honneurs et domaines héréditaires des Percy ; et quand les restes de l'infortuné Richard furent transportés par son ordre de Langley à l'abbaye de Westminster, il témoigna son respect pour ce prince en menant le deuil du cortège funèbre2.
Henri avait partagé l'alarme générale excitée dans les hautes classes par les principes du nivellement des lollards; et lorsqu'il n'était que prince de Galles , il s'était joint aux lords et aux communes pour présenter à son père une pétition qui demandait l'arrestation et le châtiment de leurs prédicateurs3. Maintenant, toutefois, les chefs de la secte, soit entraînés par l'enthousiasme, soit enivrés par le succès, au lieu de travailler à effacer ces impressions défavorables, cherchèrent h intimider leurs adver-