‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 355 sur 563 · Rym. îx, -10. Conc · texte numérisé non relu

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duite fut aussi arrogante et insultante que celle de son juge fut digne et modérée. Non content de manifester son dissentiment d'avec la croyance établie, il vomit un torrent d'invectives contre tous ceux qui la soutenaient. H prétendit que l'Eglise avait cessé d'enseigner la doctrine de l'Evangile du moment qu'elle était devenue infectée du poison des richesses mondaines ; que le clergé était Tantichrist; que le pape était la tête de la bête, que les évêques et les prélats en étaient les membres, et les ordres religieux la queue ; et que le seul vrai successeur de saint Pierre était celui qui pratiquait lé plus fidèlement les vertus de saint Pierre. Puis , se tournant vers les spectateurs et étendant les bras, il s'écria : « Méfiez-vous des hommes qui siègent ici comme mes juges. Ils vous séduiront ainsi qu'eux-mêmes, et vous conduiront en enfer. » Il fut amené h la barre à deux jours différents , et , persistant dans ses opinions , fut déclaré hérétique obstiné1. Cependant le primat, lorsqu'il le remit au magistrat civil, obtint du roi un sursis de cinquante jours, durant lequel Oldcastle trouva moyen de s'échapper de la Tour [10 oct.J, et de rassembler les plus ardents de ses partisans. Ils envoyèrent aus^ sitôt des émissaires dans les comtés voisins ; une armée fut secrètement organisée, et un grand nombre de fanatiques se tinrent prêts a marcher sur la métropole, quoiqu'ils fussent dans l'ignorance du projet réel de leurs chefs. Le premier plan des conspirateurs, qui était de surprendre le roi a Eltham, échoua par suite de son départ imprévu pour Westminster [7 janvier], et ils -formèrent alors la résolution de réunir tous leurs adhérents dans les champs de Saint-Giles, le lendemain de l'Epiphanie. Henri, qui était parfaitement instruit de leurs intentions, ayanfrfait fermer les portes de la Cité pour séparer les lollards du dedans de ceux du dehors, se dirigea un peu après minuit, avec un corps de troupes considérables , vers le lieu du rendez-vous. Les chemins étaients couverts d'insurgés, qui accouraient de toutes les directions vers Saint-Giles ; mais les premières bandes qui arrivèrent furent cernées et arrêtées ; les fugitifs qui s'échappèrent répandirent l'alarme , et celles qui étaient en marche se dispersèrent précipitamment2.

On a fait monter en cette occasion les insurgés au nombre exagéré de vingt mille ; et le but de leurs chefs , si nous en devons

1. Extrait des Actes de Ruiner, ix, 61, 60, et de Wilkins, m, 353-357. Le docteur Southey {Livre de l'Église, i, 370) s'appuie sur l'autorité de Foxe.

■2. TU. Liv. 6. Wuls. 385, 380. Elm. 31, 33.

croire les proclamations royales et les registres du parlement , était de la plus dangereuse tendance. Les communes exposent dans leur adresse que les lollards avaient cherché « à détruire la foi chrétienne, le roi, les dignités spirituelles et temporelles, et toute espèce de police et de loi. » Henri , dans sa proclamation , déclare qu'ils a voulaient détruire lui , ses frères et plusieurs des lords spirituels et temporels, confisquer les biens de l'Eglise, séculariser les ordres religieux , diviser le royaume en districts confédérés, et nommer sir John Oldcastle président de la communauté1. » Ce meneur s'échappa, et quoique le roi offrît les récompenses les plus tentantes pour son arrestation, il éluda pendant plusieurs années les poursuites et les recherches de ses ennemis. Beaucoup de ses complices furent pris, et trente-neuf furent condamnés et exécutés. L'insuccès de l'insurrection eut l'effet ordinaire d'ajouter à la sévérité des lois pénales déjà existantes. On décréta que tous les jugés et magistrats seraient autorisés à appréhender les personnes suspectes de lollardisme, et à les livrer aux cours ecclésiastiques; et qu'après conviction , on confisquerait les terres, biens et effets mobiliers des prisonniers comme dans un cas de félonie 2.

Le rétablissement de la tranquillité permit au roi de diriger son attention sur le trône de France, qui élait encore occupé par un monarque imbécile , et miné chaque jour par la fureur des factions rivales. Dans le cours de quelques mois, les rênes du gouvernement avaient successive, ment passé des mains de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, a celles du dauphin, jeune prince téméraire, opiniâtre et capricieux3; à celles de la populace de la capitale, jlont le triomphe éphémère avait été suivi de l'emprisonnement ou du massacre des 'seigneurs et des dames attachés à la cour* [28 avril 1413] ; et enfin à celles du duc d'Orléans, qui persistait à faire une guerre heureuse, mais impolitique, aux Bourguignons, les anciens ennemis de sa famille. Ces troubles offraient à l'esprit ambitieux de Henri la perspective la plus attrayante. Il résolut de ressusciter la prétention et de suivre les

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