‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 372 sur 563 · Liv. 24-36. Elm. 77-83. Otterb. 278. Monstrel. i · texte numérisé non relu

Liv. 24-36. Elm. 77-83. Otterb. 278. Monstrel. i

m HISTOIRE D'ANGLKTERKE.

La France continuait h présenter les mêmes déplorables scènes de confusion. Les deux partis cherchaient ardemment à se détruire l'un l'autre; et tant que les Armagnacs conservaient leur ascendant dans les conseils de Charles, le duc de Bourgogne était forcé , par le sentiment de sa propre conservation , de chercher un contrepoids dans l'amitié de Henri. Pendant la dernière campagne, il avait défendu à ses vassaux de servir dans l'armée française, comme leur souverain les en avait sommés, et il avait permis que son comté de Flandre fût déclaré neutre, dans l'intérêt dos relations commerciales des habitants avec l'Angleterre ; mais il s'était prudemment abstenu de prendre des engagements avec Henri ou de prêter assistance h l'armée d'invasion. Cette année, une correspondance suivie s'établit entre les deux cours. L'objet ostensible était de régler le commerce ; la cause réelle, le désir de chaque prince de tirer avantage de la querelle personnelle de l'autre. Au commencement de septembre [4], le roi • d'Angleterre, l'empereur, qui avait conclu une alliance avec son bote et avait été inscrit parmi les chevaliers de la Jarretière, et le comte de Hainaut , se rendirent à Calais, oîi ils furent rejoints par le duc de Bourgogne, ainsi qu'il avait été convenu 1 [3 oct.]. Ce congrès surprit et alarma les ministres français; et leurs envoyés, qui se trouvaient la sous prétexte de solliciter une trêve, ne purent découvrir les desseins secrets des quatre puissances. On ne voulut pas croire qu'ils se fussent assemblés, comme ils le prétendaient , dans le seul but de délibérer sur l'état de l'Eglise et sur les moyens d'éteindre le schisme; et on se disait a l'oreille que le duc, par inimitié contre les Armagnacs, avait sollicité la protection de Henri , avait formellement reconnu son droit à la couronne de France, et lui avait fait hommage pour la Bourgogne et Alost. Le cabinet français donna plein crédit à ce bruit , et pour marquer l'horreur qu'inspirait cette conduite , il ordonna que les prélats et envoyés bourguignons à Constance fussent exclus des assemblées de la nation française ; mais il y a lieu de croire que le duc était calomnié, et que si des propositions de ce genre lui furent faites a Calais, il les rejeta comme incompatibles avec ses intérêts ou son honneur2.

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