‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 55 sur 563 · Mat. 34. Etlw. I. St · texte numérisé non relu

Mat. 34. Etlw. I. St

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communes d'Angleterre. Si nous sommes redevables au palriotisme du cardinal Langton et aux barons de Runnymead, auteurs de la grande charte , nous devons également révérer la mémoire de l'archevêque Winchelsea et des comtes de Hereford et de Norfolk. Les premiers élevèrent une barrière contre l'abus de l'autorité souveraine; les derniers établirent les libertés des sujets sur une base sure et durable.

III. Malgré ces actes d'oppression , Edouard a obtenu le nom de Justinien anglais, à cause des améliorations qui furent faites sous son règne au code national et dans l'administration de la justice; améliorations dont ses sujets furent peut-être autant redevables à ses besoins qu'a sa sagesse ; car elles furent toujours accordées à la requête de son parlement, et achetées par le vote d'un subside considérable. Afin que les cours du banc du roi, de l'échiquier et des plaids communs n'empiétassent pas l'une sur l'autre, les limites de leurs juridictions respectives furent exactement définies ; et afin que les cours chrétiennes ne s'arrogeassentpas une connaissance indue des droits temporels, elles furent restreintes aux causes matrimoniales et testamentaires, au nonpayement des dîmes, au parjure, a la diffamation, aux legs pieux et à Tinfliction des pénitences publiques [1285]. On conserva l'institution des juges ambulants; et, pour la plus prompte administration de la justice, il fut arrêté que deux d'entre eux, assistés d'un ou de plusieurs discrets chevaliers, tiendraient les assises dans chaque comté trois fois l'an '. Ces officiers pouvaient ne pas manquer de lumières ou de talents ; mais il y a de fortes raisons de douter de leur intégrité. Avec de faibles salaires, ils amassaient d'immenses richesses; et quand le roi, après une absence de trois ans, revint en Angleterre en 1289, tous les juges furent arrêtés et accusés de corruption. Deux seulement furent acquittés. Weyland, chef de justice du banc du roi, fut convaincu d'avoir engagé d'abord ses domestiques a commettre un meurtre, et ensuite de les avoir préservés du châtiment. Il abandonna le royaume; et toutes ses propriétés, tant mobilières qu'immobilières, furent adjugées au roi2. Stratton, premier baron de l'échi-

1. Siat. 13. Edtc. I. c. 30. Huit ans plus tard, il divisa le royaume en quatrr circuits, et assigna à chacun deux juges dont l'occupation constante, dans cet office, devait être le soulagement du peuple. Middfesex n'était compris dans aucun circuit, parce (jue le banc du roi était dans le comté. Stat. of Realm, i, 112.

2. L'histoire de "\\ eyland est curieuse. 11 s'échappa de prison, se dépuisa et fut admis comme novice chez les frères mineurs de Saint-Edmundsbury. Sa retraite cependant fut découverte: mais comme il était dans un sanctuaire , on lui

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quier, subit un long emprisonnement , fut dépouillé de ses fiefs laïques , et paya une amende de trente-quatre mille marcs. Sir Ralf de Hengham, grand justicier, et régent en l'absence du roi, fut mis a une amende de sept mille marcs; le reste à de moindres amendes , montant le tout ensemble a vingt-quatre mille marcs.

Pour le maintien de la paix, on rendit le célèbre statut de Winchester, qui faisait revivre l'ancienne coutume de requérir caution des étrangers et locataires, établissait le guet depuis le coucher jusqu'au lever du soleil dans toutes les cités et les bourgs; réglait la clameur de haro, et ordonnait que toutes les haies et les taillis fussent rasés à la distance de deux cents pieds de chaque côté des grandes routes menant do ville en ville , afin qu-'ils ne pussent pas offrir d'abri aux voleurs1. Ces règlements toutefois furent mal observés, jusqu'à ce que le roi donnât à certains chevaliers dans chaque province une commission qui les autorisait h faire exécuter les dispositions de cet acte , et à appeler à leur aide la milice du shériff aussi souvent que besoin serait. L'utilité de ces commissaires fut bientôt constatée; ils furent graduellement armés de pouvoirs plus étendus; et au lieu du titre de conservateurs, ils eurent bientôt celui de juges de paix. Mais durant les expéditions d'Edouard en Ecosse, ils ne purent détruire les bandes de brigands qui s'assemblaient en divers endroits, se louaient au plus offrant, et devenaient les exécuteurs de ses vengeances ou les ministres de sa rapacité. Ces excès toutefois cessèrent lors de la soumission des Ecossais [6 avril 1305]. Une commission extraordinaire de juges de tray-le-baston se rendit de comté en comté, et en condamnant, après un jugement sommaire, un bon nombre de délinquants au gibet, intimida tellement les autres, qu'ils quittèrent précipitamment le royaume2.

accorda, conformément à la loi, quarante jours après lesquels l'introduction de toutes provisions dans le couvent Tut prohibée. Le besoin en chassa bientôt les moines : Weyland les suivit et fut conduit à la Tour. Dans le conseil du roi, on lui donna l'option de subir son procès, d'être emprisonné pour la vie, ou d'abandonner le royaume. 11 choisit ce dernier parti, et, marchant pieds et tète nus, un crucifix à la main, jusqu'au bord de la mer, il fut immédiatement déporté. Voyez Dunst. 573-5T7. Wikes, 118, 119.

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