‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 57 sur 102 · HENRI I · texte numérisé non relu

HENRI I

Henri I, comte dç Limbourg et d'Arlon de 1082 à 1119, duc de la Basse-Lorraine de 1101 à 1106.

Il avait épousé Adélaïde, fille de Bodon, comte en Bavière (Annaliste Saxon).

Le 27 mars 1082, il figure, comme comte de Limbourg, à l'établissement du tribunal de la paix, par Henri, évéque de Liège.

(i) Ërnst. bist. Lîmb. H, Soi.

(2) Je trouve cette note dans Bertholet, tome III, p. i3 :

« Âlberîc prétend que les comtes de Limbourg viennent des comtes d'Arlon, et d'autres veulent que Henri, fils puîné de Gilbert, III* comte de Luxembourg, en soit la tige. — Mais ni les uns ni les autres n'avancent point la vérité, puisque la maison de Limbourg fleurissait longtemps auparavant. Gilles d'Orval fait mention d'un Henri, comte de Limbourg, en 1071. »

« Il est certain, selon Mantelius, que Louis, comte de. Loos, était marié, dès l'an 1070, à Adélaïde de Limbourg* »

Oui, il est possible que, dès 1061, il y eut un comte de Limbourg qui fut Waleran II d'Arlon. Son fils Henri, l* du nom, ne lui succéda qu'en 1082. Il n'est pas impossible non plus qu'un comte de Loos ait épousé, eu 1070, une Adélaïde de Limbourg, quoique la chose ne soit point vraisemblable, le mariage de Waleran II avec Judith de Luxembourg ayant eu lieu seulement avant 106 5.

J'ai cité, dans une note précédente, un passage de Mante tius,oà cet auteur prétend que Louis de Loos aurait épousé, bien avant 1018, une Adèle de Limbourg, puisque leur fils Baldn'c, évéque de Liège, est décédé en cette année. Maintenant, il est question de leur mariage dès 1070. Quelle contradiction entre les dates pour un même fait!

(3) Waleran II eut-il une fille qui, suivant des auteurs, aurait épousé Henri de Limbourg ? — mais les auteurs disent neptem ex filia. J'ai d'ailleurs réfuté cette erreur*

Voici maintenant, selon Mantelius, que cette Adèle, fille deJWaleran, aurait été donnée en mariage à Louis, comte de Loos. Quelle contradiction nouvelle !

Il prend part au siège du château de La Roche, dont le comte n'avait pas voulu se soumettre à ce tribunal.

tu 1093, la guerre éclata entre Henri etEgilbert, archevêque de Trêves, qui réclamait le comté d'Arlon, comme fief de l'église de Trêves, et devant lai retourner par l'avènement de la mort de Waleran II (1).

Cette guerre fut suivie d'un accommodement qui eut lieu avant la croisade de 1093. On ignore lequel. On peut présumer que Henri fut laissé en possession du comté d'Arlon (2).

(i) J'établirai plus loin que le marquisat d'Arlon n'avait pas été engagé à l'église de Trêves, mais seulement des biens situés presque tous sur les bords du Rhin et nommément désignés.

(a) Ici, je dois placer une relation que je trouve dans les G esta Trevirorum, cap. LXV :

Longtemps après, lorsque le duc Henri avait tenu peu de souci de l'anathème qui lui avait été infligé et persévérait dans sa faute, il arriva qu'il reçut la visite d'un de ses chevaliers ; c'était l'heure d'un repas ; la table étant dressée, un pain fut placé devant lui. Le duc plaisantant : lève-toi, dit-il, et sors de ma présence, tu ne peux manger avec moi, car n'es- tu pas excommunié ? Le chevalier répondît : où ai- je été excommunié et par qui, si ce n'est par celui qui vous excommunia vous-même ? Le duc lui dit : maintenant regarde, il va être établi si nous sommes excommuniés à ce point qu'un dommage quelconque doive nous arriver. Tu vcîs ce chien qui par hasard assiste à notre repas ; je vais lui donner une bouchée de pain $ s'il la mange, je n'ai rien à craindre ; s'il la refuse, nous avons tout à redouter de l'excommuniation et nous devrons demander notre réconciliation avec l'église. Ces paroles dites, le duc lança le morceau de pain. Le chien, après l'avoir flairé, l'abandonna ; et pour qu'on ne crut pas que le chien n'avait plus faim, nne autre personne lui jeta une autre bouchée que le chien s'empressa d'avaler. Ce qui mit dans une très-grande admiration toutes les personnes présentes, lesquelles s'écrièrent d'une commune voix qu'il fallait venir à rescipiscence et donner toute satisfaction à l'église de Trêves.

Browerus emprunte cette anecdote aux Gesta et la rapporte lib. XII, anne 1095, c. III, en y faisant quelques changements, mais le fond reste le même.

Le récit de l'auteur des Gesta a tout l'air d'un conte, et ce qui semble prouva* que

Post multum vero tempo ris cum idem dux inflictum sibi anathema parvi penderet, et in malis supradictis et similibus perseveraret, accîdit ut quidam de militibus ejus, die quadain in domum venissét', et facti horâ prandil apposita mensa coram ipso panem comedere debuisset, et dux illi illudeus : surge, ait, et foras egredere, coram me commesturus non es, excommunicatus enim es; et ikle : ubi, inquit, et quis me praster eum qui et te excommunicavit? Cùi dux ait : ecce nunc vide : jam parebit si ita surous excommunicati, ut aliquae nobis molestiae possint accidere, ai hic canis, qui forte il lis edentibus aderat, buccellam quam illi dedero commederit, non pertimesco : sin autero, titnenda est no bis excomrounicatio, et petenda reconcilia tio. Et hoc dicto, misit buccellam, quam canis ut naribus adhibuit, ultra contingere non curât; et ne quis hune canemsaturitatiputari poluerit, cum al Jus illi buccellam milteret, festinans arripuit ; unde omnes qui aderant summa ad mira tio ne ducti, una voce dixerunt, opportere eos ad satisfactionem venîre.

FAITS HISTORIQUES AOTÉRIBCR8 A 1809. S8S

En 1101, Henri I, comte d'Arion et de Lirabourg, eut un démêlé avec l'empereur d'Allemagne ; celui-ci avec une armée, s'avança sur les terres du Limbourg, assiégea la capitale du pays, et s'en empara. Henri se soumit. Le duché de Lorraine lui avait été ôté et transféré à Godefroid de Bouillon. Après la mort de celui-ci, le duché de Lorraine fut rendu à Henri, avec le marquisat d'Anvers (1).

En 1104, Il y eut une révolte contre l'empereur Henri IV, de la part de son fils qui fut depuis l'empereur Henri Y.

Henri de Limbourg prit parti pour le père contre le fils. Cetui-ii devint empereur après le décès de son père, mort de chagrin à L*ége, le 7 ^oût

Pour le punir de l'appui donné à «on père, Henri IY, l'empereur Henri V ôta au comte Henri le gouvernement de la Basse Lorraine et .du A^Bf uisat d'Anvers, pour le donner à Godefroi, dit Le Grand et le Barbu, comte de Louvain.

Guerre entre cep deux seigneurs an sujet du Duché de Lorraine.

En 1107, Henri se réconcilia avec l'Empereur el avec Godefeoy et selon toute apparence, conserva le titre de duc et partagea le gouvernement de la Basse Lorraine.

Henri de Limbourg, vassal de l'église de Trêves, se rendit au synode 4e 1107 tenu à Trêves.

Il mourut dans le cours de l'année 1119.

L'une de ses trois filles avait épousé Henri I, comte de Laroche. Outre Waleran qui lui succéda, il eut plusieurs fils du nom de Henri qui furent apanages en Allemagne. On prétend même qu'un de ces fils devint évéque de Liège, ce qui n'est pas bien établi.

Le gouvernement de la Basse Lorraine et du marquisat d'Anvers, joint a ses propriétés allodiales, rendit Henri I, comte d'Arion et de Limbourg, un des plus redoutables princes de ce temps-là, au point que, à s'en rapporter au témoignage d'un auteur comtemporain, il ressemblait plutôt à un roi qu'à un duc (Ernst. hisl. Limb. IL 191).

cette anecdote fait partie ries lieux communs de ce genre, c'est que Botruf, dans son histoire rfA/ihalt, raconte la même chose d'Othon II, marquis de Brandebourg, avec la différence seulement que le chien brandebourgeois, plus friand que vie Uighanrgeqps, dédaigna de manger un morceau de viande (Ernst, àist. du Lima. III, *66). (i) JÇrnst. hkt. du liimb. II. p. 180 et suiv.

236 HI8T0IRE D'AHLON.

WÀLERAN III dit Payen.

Waleran, fils aloé de Henri I, lui succéda aux comtés d'Arlon et de Limbourg.

II fut nommé paganus, parce qu'il fut baptisé dans un âge un peu avancé.

Il est indiqué dans les chartes sous des noms divers : Gualeranus, Walramus, Walrabonus, Paganus. C'est le même personnage qui fut comte d'Àrlon et comte de Limbourg.

Il fut duc de la Basse-Lorraine.

Dux Paganus est-il dit dans une charte du 13 juin 1128, expédiée à Aix-la-Chapelle en faveur de l'église St-Servais à Mastreicht.

Il est marquis d'Anvers.

Dux et marchio lotharingiae. Charte d'Etienne, évêque de Metz de 1136 (Mirai op. dipl. 1-102).

L'empereur Lothaire, à la diète d'Aix-la-Chapelle, tenue le 13 juin 1128, avait dépouillé Godefroid du duché de Lorraine et en avait revêtu Waleran de Limbourg.

Néanmoins, Godefroid, ancien duc de la Basse-Lotharingie, se maintint dans ce titre et en exerça les pouvoirs dans le Brabant.

Une guerre surgit entre les deux ducs, laquelle fut bientôt suivie de la paix.

Godefroid conserva le titre de duc de Brabant, avec l'exercice du gouvernement dans une grande partie du duché de Lorraine. Waleran eut le reste avec le titre de duc de Lorraine.

Diplôme de Lothaire, daté de Liège en 1131, Wateranus, dux de Lotharingia, et en 1133, Waleran s'intitule par la grâce de Dieu, duc de Lorraine. V. aussi quatre diplômes donnés à Cologne par Conrad, en avril 1138.

Après la mort de Waleran, en 1139, le duc Godefroid le remplaça dans le gouvernement de la Lotharingie.

Waleran Païen, regardé pendant sa vie comme l'ornement de ces contrées, decus terrœ^ ainsi que le nomme la chronique de l'église d'Aix-la- Chapelle, laissa en mourant la réputation d'un excellent prince, qualité que longtemps après, lui attribua encore un duc de Brabant. Wibald, abbé de Stavelot, l'un des hommes les plus remarquables de son siècle, l'appelle un prince illustre et distingué, dont la mémoire était honorable. En

FAITS HISTORIQUES ANRÉMEUR8 A 1809. 987

effet, à la valeur qu'il avait héritée de son père, il joignit des vertus que celui-ci ne connut point. Toute sa conduite annonce un prince modéré et équitable ; ce fut cet amour constant de la justice, dont il était animé, qui lai fit éviter toute action injuste. On ne peut pas lui reprocher un acte fautif, ce qui est rare pour les princes de son temps. Il fit beaucoup de bien & divers monastères (1).

Waleran eut de sa femme Judith, fille de Gérard, comte de Gueldre et de Wassemberg, trois fils et deux filles :

Henri, son successeur au comté de Limbourg, le fut plus tard, au comté d'Arlon.

Gérard eut le château et la seigneurie de Reifferscheid.

Waleran fut apanage du comté d'Arlon. On lit en effet :

1° Dans une charte d'Àdalberon, archevêque de trêves en 1142, que Waleran est comte d'Arlon et frère de Henri de Limbourg : Walramus% cornes de Arlon ;

2° Dans un diplôme de Conrad, empereur d'Allemagne, donné à Aixla-Chapelle, le 30 décembre 1145 : Henricus de Lemburch et frater ejus cornes Waleramus de Arlon. (Miraei op. dipl. tit. III, p. 182).

Waleran est mort sans enfants entre le 30 décembre 1145 et le 5 janvier 1147, dans le cours de l'année 1146, suivant M. Ernst, /K$f . Limb. III, 77. Y. plus bas.

On a, en effet, un diplôme de Conrad du 11 janvier 1147, où il est fait mention de Henri, comte d'Arlon. — Il s'agit de Henri II, frère de Waleran.

Béatrix fut mariée à Rupert, comte de Lurenbourg, château sur la Lahn.

La seconde fille épousa Eckehart, comte de Tecklenbourg, principauté située entre les évêchés de Munster et d'Osnabruck.

Waleran II eut un autre fils du nom de Waleran. Synode, général de Trêves, de 1142. Ch. du 30 décembre 1145. H est mort sans lignée.

HENRI II, duc de Limbourg el comte d'Arlon. 1139-1167,

Henri II succéda h son père Waleran dans le duché de Limbourg.

(i)Hrnst, Hist. du Limb. III, p. 49.

Son frère Waleran avait reçu le comté d'Arlon en apanage. A sa mort, en 1146, ce comté revint à Henri, chef de la maison,

Dans un diplôme de l'an 1147, Henri de Limbourg porte la qualité de comte d'Arlon, qu'il prit encore au synode de Trêves de 1163 : Henricus cornes de Arlo (Concilia Germanise III, 394).

Henri, voulant se maintenir dans la dignité de duc de Lotharingie qu'avait eue son père, fît, en 1140, la guerre à Godefroid le jeune, & qui Conrad III, roi d'Allemagne, avait conféré le titre de duc de Lorraine.

Ces contestations se terminèrent plus tard par le mariage de Godefroid avec Marguerite, fille de Henri, et celui-ci renonça à ses prétentions sur le duché de Basse-Lorraine.

Henri et ses successeurs n'en conservèrent pas moins le titre de duc.

Henri assista, à Aix-la-Chapelle, le 9 mars 1152, au couronnement de Frédéric Barberousse.

A la Bataille d'Ancienne, entre l'évéque de Liège et le comte de Namur, le 1er février 1152, les Liégeois, vainqueurs, étaient commandés par Henri, duc d'Ardennes.

Concile provincial de Trêves du 16 août 1152: Henricus, dux de Lenburc (Hontheim, dipl. I, p. 567). Charte de Hillin Arch. de Trêves, 1er mai 1164.

Henricus, dux de Limburg (Duchène, preuves de l'histoire de la maison de Limbourg, p. 60).

Diplôme de l'empereur Frédéric de 1166 : Henricus Ardennce dux.

Charte de Renaud, arch. de Cologne de 1166 : Dux Henricus de Limburg.

Henri mourut vers le milieu de l'an 1167, de la peste en Italie, où il avait suivi l'empereur Frédéric.

Henri eut deux enfants de sa femme Mathilde, fille d'Adolphe, comte de Saphenberg et seigneur du pays de Rolduc, savoir :

Henri III, son successeur,

Marguerite, mariée à Godefroid III, duc de Brabanl, en l'an 1155.

HENRI III, dit te Vieux, due de Limbourg et marquis d'Arlon.

Dans une charte de 1170, Henri III s'intitule duc de Limbourg et marchio de Arlo, marquis d'Arlon.

Le comté d'Arlon a-t-il été érigé en marquisat? Par qui et à quelle époque ? On n'en sait rien. Le litre de marquis d'Arlon a été pris par

FAITS HI8T0RlQUfcS ANTÉRIEURS A 1309. 239

Henri, par la même raison que son père et lui ont pris le titre de duc de Limbourg, quoique le pays n'eût jamais été érigé en duché. Ils avaient été ducs de Basse- Lorraine, et un de leurs aïeux avait été marquis de Saint-Empire ou d'Anvers (i).

En 1172, il s'éleva une guerre entre Henri III, duc de Limbourg et Henri l'aveugle, comte de Luxembourg et de Namur. Henri l'aveugle, parait-il, voulait que le duc Henri de Limbourg relev&t de lui le marquisat d'Arion, ce que celui-ci refusa.

Henri III vint à Arlon et ravagea le pays jusqu'aux portes de Luxembourg, qu'il attaqua, mais il fut repoussé et se retira à Arlon (1171).

Beaudoin, le courageux, comte de Hainaut, vint au secours de son oncle, Henri l'aveugle.

Bertholet, tome IV, p. 186, raconte ainsi la fin de cette lutte :

< Beaudoin se présenta devant Arlon, entouré pour lors de quelques forts et murailles et somma le duc de rendre son prisonnier. Celte proposition ayant été rejetée avec hauteur, on se disposa à attaquer et à défendre la place de part et d'autre. Le siège dura dix jours, et il paraît qu'il n'y eut pas grande effusion de sang. Cependant, trois cents chevaliers, que le comte de Hainaut avait amenés avec lui, brûlaient d'en venir aux mains ou d'emporter la ville d'assaut, mais ils en furent empêchés par leur chef, qui vit bien que le duc de Limbourg ne pouvait résister longtemps par la disette des vivres et le manque d'autres munitions de guerre. En effet, les assiégés se virent serrés de si près, que n'ayant plus de ressource, ils demandèrent à capituler. Le comte Beaudouih leur en fixa les conditions, savoir : que le duc de Limbourg restituerait tout le butin qu'il avait emporté des deux comtés, et que, de plus, il réparerait les dommages causés par ses incendies et autres violences injustes. La nécessité est une loi bien dure, mais quelque dure qu'elle soit, il fallut que le duc de Limbourg souscrivit à tout, malgré le peu d'honneur qui toi en revenait. >

{O.firsst, hitt. de lAmbourg, Ht, i55.

Pitrret, maousc. toioe II, f. 181 , dit que le comté -d'Arion fut érigé co marquisat en uo3, par Henri V, en rébellion coutre Henri IV, son père, mais Pacte n'a jamais été publié ; a-t-il existé ?

Walerao II dans diverses chartes de son règne, s'est toujours intitulé comte iTJ/lon.

II en a été de même de Henri II, son fils et de Waleran, frère de celui-ci : ib sont comtes d'Arion.

Ce fut Henri III, duc de Limbourg, qui, dans une charte de 1170, s'intitula marquis (f Arlon.

Voici encore quelques faits historiques concernant Henri III.

Comme vassal de l'église de Trêves, il assiste, le 25 mai 1183, k l'élection d'un nouvel archevêque.

1191. Pour des motifs ignorés, le duc de Limbourg se constitua, pour d'autres fiefs encore, vassal du duc de Brabant, en lui remettant les alleux qu'il avait k Arlon et k Rolduc, comme tout ce qu'il possédait héréditairement entre la Meuse, le Rhin et la Moselle. Il reçut ensuite toutes ces terres, k titre de fief, de son neveu, après que celui-ci y eût ajouté, tout ce qui lui revenait du chef de Marguerite de Limbourg, sa mère (1).

Il prit part aux luttes qui suivirent la mort de Raoul de Zehringen, évéque de Liège. Simon, fils de Henri III, était le compétiteur de Albert de Cuyck ; il mourut k Rome, revêtu de la dignité de cardinal.

Henri prit le parti d'Otton dans sa lutte, pour l'empire d'Allemagne, d'abord avec Philippe duc de Souabe, ensuite avec Frédéric II.

Il combattait du côté de Otton k la bataille de Bouvînnes que gagna Philippe-Auguste, roi de France.

Le duc de Limbourg se soumit a l'empereur Frédéric II, et assista à son couronnement, en 1215, k Aix-la-Chapelle.

Henri mourut dans la première moitié de l'année 1221, après avoir doté plusieurs églises et abbayes.

« Ce que l'histoire a conservé des actions de Henri, fait voir que c'était un prince très-marquant parmi ceux de son siècle ; il était doué d'une activité extraordinaire ; inébranlable dans ses résolutions, fécond, mais peutêtre pas toujours délicat dans le choix de ses moyens ; on le vit aussi habile k entraîner par la persuasion qu'k employer la force pour parvenir k ses fins. Politique fort adroit, il manqua pourtant quelquefois de sincérité ; mais il fut guerrier d'une valeur qui ne se démentit jamais et parut toujours avec éclat, malgré son grand âge, dont les dernières années semblent avoir été consacrées au repos et peut-être même aux exercices de piété ; car on ne voit pas qu'il se soit mêlé des querelles dans lesquelles son fils Waleran s'est alors trouvé engagé (2). »

Il avait eu de sa femme Sophie, fille de Simon I, comte de Sarrebruck :

Page 1