C. Sentences diverses
I« i590. Cinq personnes convaincues de sortilège sont brûlées à Arlon.
Les juges d'Arlon^ en fait de sortilège, de sorciers et de sorcières» n'étaient pas plus éclairés que ceux de Kœrich^ de Sugny et de Sainl-Hubert.
Le dossier d'Arlon est perdu.
Le dossier du procès de Kœrich est enlaIpossessiondeM.le6aroyi(fel/arrk^ de Guirsctk. Celui du procès de Sugny fait partie des archives de Bouillon.
Les Annales de tlnstHut archéologique de la province de Luxembourg, tome V pnge 97, ont publié les actes divers du procès de Saint-Hubert.
On y voit l'odieux le disputer ù l'arbitaire. On ne sait ce que l'on doit le plus déplorer ou l'ignorance des juges ou celte crédulité superstitieuse qui leur faisait adopter les idées les plus absurdes. On rit aujourd'hui de ces crédulités, mais eu ce temps-là, cela était d'un sérieux atroce et les victimes, après avoir passé par les tortures, terminaient leur misérable vie par le supplice du feu.
2'' Entre le procureur du Roi établi en cette ville acteur d'office d'une part. Jean-Georges Beck, natif de Gallenkirchen, comté de Thirol, accusé du crime de stupre et d'adultère d'autre part.
Veaes les pièces,
Decretans la peine comminée par l'ord^^* du 14 mars dernier tiennent le recollement des témoins pour confrontation et faisant droit sur le besoignéet les conclurions de l'acteur. Déclarent l'accusé suffisamment conuaincu du crime de stupre et véhémentement suspect de celuy d'adultère, pour réparation duquel le condamnent à l'amende de quarante-cinq florins d'or, un tiers au profit du Roy et les deux autres tiers applicables aux ornements de cette église paroissiale et aux dépens de cette pour pure (sic) au taux de ce magistrat à payer hors des cent florins d'or pour lesquels Jean Wengeler, bourgeois de cette ville a caué pour le dit accusé avec inhibition aud^ accusé de a l'adueair fréquenter et conuerser la personne d'Anne-Marie Alteuhoven et de retourner avec icelle dans les di^s crimes à peine de punition corporelle et exemplaire. Prononcé à Arlon le 27 aoust 1687 (Extrait des registres des sentences de la justice d* Arlon. Archives de l'État à Arlon).
3® Entre l'acteur d'office de ce siège prévostal plaignant d'office contre Pierre Lardon, habitant de Rachecourl, accusé et prisonnier ez prisons royalles de cette ville.
Veu les pièces du procès criminel extraordinairement instruit fourny par Inventaire jusques a la lettre S inclusivement.
Googh
LU lUITICII^ ttS
Déclarent le dit accasë prUooaier suffisamment atteint et convaincu mcsme par sa propre confession» d'avoir commis le crime d'adulter avec Anne Longchamps de Racliecourt et d'avoir a icelle de ses œuvres procréé un enfant, pour réparation de quoy qu'il sera demain jour de dimanclie conduit à l'église paroissiale de cette ville chargé de deux pierres sur l'espaule ou il demandera pardon à Dieu, au Roy et à la justice et au public du scandai qu'il at donné et y resterat a genoux avec une cierge ardente en main pendant la grande messe et service divin, et de la il serat reconduit es prisons royalles de cette ville pour y demeurer jusques a ce qu'il aurat entièrement satisfait à la présente sentence. Condamnant le dit prisonnier a ce et en outre a une amende de douze
florins d'or, moitié au proflt du Roy et l'autre moitié au profit du ment de
cette maison de ville, ensemble aux dépens de cette poursuite au taux de ce siège avec deffènses à n'y plus récidiver a peine de punition corporelle. Prononcé à Arlon, le 26 fev. 1707. Droit de justice, six fl. d'or.
En satisfaction de la sentence cy dessus après qu'icelle at été prononcée au prisonnier, le dit prisonnier condamné at esté le 27 féb. 4707 jour de dimanche chargé de deux pierres sur les épaules avec une cierge ardente en main conduit à l'esglise paroissiale de cette ville ou a l'entrée, il s'est mis a genoux et a demandé pardon a Dieu, au Roy, à la justice et au publiq du scandai par lui donné et de suitte at esté conduit jusques a l'entrée du chœur de la dite esglise ou il at resté pendant la grande messe et service divin avec la dite chandelle ardente en main et les dit** deux pierres sur les épaules, et après le service divin achevé, il a esté reconduit ez prisons, pour y rester jusques a ce qu'il aurat satisfait a la dite sentence. Fait à Ârlon comme dessus.
(Extrait conforme du registre des sentences de la prévôté d'Ârlon du 26 février 1707 au 26 avril 1709. Archives de VÉtal à ArUm).
On pourra éprouver quelque surprise de cette peine de deux pierres portées sur les épaules d'un condamné ; on y verra de l'arbitraire. On aurait tort peutêtre, car voici deux actes législatifs dans lesquels la même peine est reproduite.
Loi de Beaumoiit. iiSa.
47. I^ fenaine qui aura injurié une autre femme, paiera cinq sols, quatre au seigneur, six deniers au maycur et six deniers à l'iDJuriée ; et si la femme ne veut payer, elle portera des pierres dans sa chemise k la procession du dimanche.
Chartes et Vvoix, en février ma.
17. Si aucune femme dit injure k une autre femme, elle portera deux pierres sur les épaules en présence de tuus depuis U porte Si-Georges jusqu'au pont {iMxemburger ff^eisiàUmer, p. 374).
Quelles singularités dans ces actes d'émancipation des douzième et treizième siècles !
Googh
tS4 HISTOIEE II'ARLON.
D. Personnel judiciaire aciueL — Personnel du tribunal d'Arlon.
Présidents.
Vice-Présidents.
Juges.
MM
MM
MM
1830» nov. Wurlb, Louis-
1830. Paquet
/ Wolf
Denis (1)
1832. Berger
V Berger
4882, oct Paquet (2)
1838. Tscboffen (5)
1830. (Tscboiïen
1837. Berger (3)
1847. Résiboîs (6).
/ Résiboîs
1868, nov. Magnettc (4)
' Kahn, décédé
4873. Houry.
Jacques, décédé Gillet, pensionné Remacle (7) Notbomb, R. (8) Wurlh (9)
1854. Thorn, décédé Houry
1869. Bartb
1869. Jacminot
1873. Rossignon.
(0 Nommé confeîllei* à la cour de cassation.
fa] Nummë conseiller à la cour d'nppel de Lidge.
(3) Pensionné.
(4) A la page loo de ce volume, il est dit que M. Magnette a élé nommé, en i863, président du tribunal d*ArIon. C'est une distraction c|ue je corrige ici. M, Magnette a été nommé, en i864, procureur du Roi près ie tribunal d'Arlon, et en i868, président de ce tribunal.
Je veux profiter de Toccasion de cette rectification pour en faire d'autres.
1* C'est un oubli bien involontaire que Tomission, à la page loa, de MM. Rolant d*ArIon et Jeanty de Nobressart comme conseillers provinciaux du canton d'Arlon de i848 à i85i inclus; ils ont été remplacés en 18S2 par MM. L. de Mathelin et Richard.
a<» A la page 101, il est dit que M. Nothoinb Jean-Baptiste, a été secrétaire-général à Arlon. Ce qui paraît plus exact, c'est que M. Notbomb,â la révolution de i83o, s'est rendu directement de Luxembourg à Bruxelles, et a été désigné comme secrétaire-géoéral du comité des travaux publics ; nommé membre du Congrès national, il a, par arrêté du 18 novembre i83o, fait partie du comité diplomatique.
(5) Nommé conseiller à la cour d'appel de Liège.
(6) Pensionné. La place de vice-président est supprimée.
(7) Nommé juge i Liège.
(8) Nommé juge de paix à Fauvillers.
(9) Nommé procureur du Roi à Namur et depuis procureur général à la cour d'appel de Gand.
Coogl(
Parquet.
Procureurs du Roi. Substituts,
MH« MM«
i830 et i832. Watlet (I) 1832. Putzeys (3)
1864. Magaelte (2) Molitor (4)
1868. Hubert. Rulh (5)
Nothomb, Alp. (6) Herman (7) 1848. Domont 1851.Berten 1855. Verdussen 1858. Dauw
1860. Lefebyre
1861. Schloss DeTos (8) Hubert (9)
1868. Bormansr
Greffiers cii chef.
1830 et 4832. M. Kocb, décédé.
Janvier 1864. M. Kathelin.
Justice de paix d'Arlon.
Juges depuis 1831. MM. Reuter, décédé Hippert, décédé Lacroix, décédé
Bregentzer, nommé juge à Dinant Résîbois.
(i) Pensionne.
(a) Nommé président du tribunal d*Arlon.
(3) Nommé secrétaire- général du ministère de la justice. .
(4) Nommé professeur i T université de Gand.
(5) Nommé professeur k l'université de Liège.
(6) Nommé procureur du Roi & Neufcbâteau.
(7) Nommé substitut â Dînant.
(8) Les substituts qui se sont succédés à Arlon depuis i848, ont été nommés à des places dans l'intérieur du royaume ; quelques-uns occupent aujourd'bui des fonctions élevées dans la magistrature.
(9) Nommé procureur du Roi h Arlon.