SUIT LE TESTAMENT
Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité, le père, le fils et le saintesprit, ainsi soil-il.
A tous et un chacun qui ces présentes verront, liront ou entendront lire, ou que la chose concerne, concernera ou pourra concerner en quelque manière que ce soit, par la suite ; salut, et félicité à celui qui est le vrai salut de tous, auxquels et à tous autres quelconques, je fais savoir et reconnaître que : Moi Henri Warnach, curé à Hachy, doyen de la chrétienté d'Arlon, réfléchissant et considérant combien la vie de l'homme est courte sur la terre, que rien n'est plus certain que la mort et de si incertain que son heure, désirant de pourvoir ao salut de mon âme et à l'aide de Dieu, aux joies de la félicité éternelle et de la bonté bupréme, ai en l'année mil six cent trente-trois, le vingt-trois du mois de février, étant à Arlon, en personne dans la maison de M. le curé, ayant le jugement sain et entier, jouissant d'une bonne santé de corps, disposé, ainsi que depuis plusieurs années J'en ai la pensée et le désir, des biens que Dieu
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m'a accordés et conservés miséricordieuseroent, afin de les faire remonler vers ]a source, d'où ils sont sortis et ai ordonné ma dernière volonté et fait mon testament pour des œuvres pies, à la plus grande gloire de Dieu le soulagement de l'église et salut de mon âme, comme par les présentes je dispose» ordonne et teste irrévocablement et inviolablement de la manière suivante :
En premier lieu, je recommande mon âme à la sortie de mon corps, au Seigneur Dieu très-haut, mon créateur et rédempteur, ainsi qu'à la très-sainte et glorieuse mère de Dieu, la vierge Marie, à mon ange gardien et mes autres patrons et à toute la cour céleste et je confie mon corps à la terre, désirant et voulant qu'il soit enterré dans Téglise paroissiale de Hachy à l'entrée du chœur devant le maître autel. Ensuite je veux et ordonne que mes dettes, si après mon décès, il en existe à payer, soient acquittées ; de même je veux que mon enterrement se fasse d'une manière décente et que l'on ait soin de célébrer mes obsèques de suite après mon décès pour le soulagement de mon âme, en traitant d'une manière décente les prêtres autant que l'on pourra en avoir commodément, en même tems que mes amis, en ayant égard plutôt à la gloire de Dieu qu'à toute autre chose, suivant la louable coutume de l'église catholique, en faisant une large distribution d'aumônes et en payant fidèlement les droits fixés par notre très-révérend archevêque.
Ensuite je veux et ordonne et prescris que quatre fois Tannée, savoir : Chaque mercredi des quatre tems il soit dit et célébré pour mon âme dans l'église paroissiale de Hachy, par M. le curé du lieu ou par son vicaire un anniversaire perpétuel consistant en une messe. Pour assurance, fondation et dotation des quatre messes de cet anniversaire, je'donne et lègue à la fabrique du dit lieu de Hachy, quatre propriétés rurales qui m'appartiennent à titre d'engagement, situées sur le territoire et finage de la dite communauté de Hachy qui sont désignées et spécifiées sur les tailles des administrateurs de la dite fabrique, de manière que les dits administrateurs aient après ma mort la jouissance des dites quatre propriétés; qu'ils paient au curé chaque fois, pour chaque messe, huit sous, et au sacristain deux sous ; qu'ils distribuent aussi chaque fois dans Téglise même aux pauvres du lieu huit sous en aumône, et que chaque administrateur de la fabrique retienne deux sous pour les peines qu'ils auront chaque mercredi des quatre tems et ce qui restera du revenu des dites quatre propriétés serait employé à l'avantage de l'église. Si par la suite il arrivait que le prix d'engagement des dites propriétés venait à être remboursé, les administrateurs de la fabrique feront le remploi de la somme remboursée pour le produit conserver en entier le dit anniversaire de quatre messes et les autres dispositions ci-dessus prescrites.
Ensuite je nomme et institue pour héritiers les étudians, je dis les étudians du collège de Jésus à Luxembourg et les étudians à Trêves, je veux que ces étudians soient deux et même de ma parenté ou consanguinité et ceux qui ne
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seront les plus proches et les plus alliés, de manière cependant que si plusieurs de mes parens se trouvent au même degré, les pauvres soient préférés aux riches. Quiconque qui voudra se faire recevoir et admettre, sera tenu de se présenter au moins deux mois avant que la place soit vacante ou doive devenir vacante ^autrement s'il se présente plus tard, il sera libre à Messieurs mes proviseurs préposés d'admettre à son exclusion pour cette fois tous autres, même des étrangers ou à un grade plus éloigné, en se conformant à la disposition et limitation suivante, s'il arrivait un tems où il n'y aurait personne de ma famille, ou si ceux qui existeraient, ne seraient pas, pour défaut d'âge ou de tout autre empêchement légitime, habiles et aptes aux études ; comme aussi s'ils étaient aptes mais qu'ils ne se présenteraient, il sera pris en leur lieu et place et à leur défaut, deux pauvres jeunes gens aptes aux études de la ville d'Arlon, pourvu toute fois qu'ils se présentent, et s'il ne s'en présente pas, il sera pris deux pauvres jeunes gens de la prévôté d'Ârlon. Chacun de mes étudians ou élèves pourra recevoir annuellement cent florins Carolus, à vingt sous le florin. D'où s'il arrivait qu'à la suite du tems, les revenus des bieqs viendraient à augmenter ou à diminuer, je veux aussi que le nombre de mes élèves soit augmenté ou respectivement diminué. Pourront également être admis non-seulement ceux qui seront habiles et propres aux hautes classes de ces collèges, mais indistîDctivement à quelque classe que ce soit, même aux plus basses, et ils jouiront du bénéfice de ma présente institution ou fondation, jusqu'à ce qu'ils aient terminé tontes les classes dans l'un des dits collèges, même la philosophie, la théologie, la morale et scolastique (si peut-être par la suite du tems les leçons de ces sciences se donnaient dans le coilége.de Luxembourg comme à Trêves) : mais lorsqu'ils déserteront les études ou qu'ils auront terminé les classes comme il vient d'être indiqué, ou qu'avant de les avoir terminées, ils iront dans un autre collège que celui de Luxembourg ou de Trêves, ils seront par cela même privés d'un subside de mon institution et l'on en admettra d'autres qui succéderont à leur place, néanmoins s'il en existait quelques-uns de ma famille qui ne puissent être admis par défaut d'ûge uu pour un autre défaut qui ne puisse leur être imputé à mal, et qu'ainsi il fallut prendre des étrangers, je veux que ces étrangers cèdent la place aux miens, .aussitôt que ceux-ci auront atteint l'âge compétent ou que le défaut non imputable à faute viendra à cesser quand bien même ceux-là n'auront joui du bénéfice de mon institution que pendant un ou deux ans seulement.
En outre je veux que mes élèves ainsi qualifiés qu'ils soient étrangers, soit qu'ils soient de ma famille puissent être renvoyés et dépossédés, s'ils étaient d'une mauvaise vie et d'une vie scandaleuse ou s'ils ne remplissaient pas leurs devoirs d'une manière satisfaisante et cela sur l'avis tant du révérend père recteur du collège du lieu, que sur celui de Messieurs mes exécuteurs et proviseurs qui tous ensemble les renverront aussitôt qu'il sera constaté de leur
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mauvaise vie et les remplaceront par d'autres qui se présenteront ayant les qualités ci-dessus indiquée».
Mes élèves ou étudians susdits, dès qu'ils seront admis, devront réciter tons les jours en mémoire de moi une certaine petite oraison, surtout le rosaire oa une partie du rosaire ; si les vicissitudes du lems amèneraient par la suite h suppression des écoles dans'Jes collèges susdits, alors Messieurs mes exécuteurs proviseurs ou protecteurs, auront plein pouvoir de transférer mes biens et leurs revenus à un autre collège voisin avec toutes les charges ci-dessus indiquées, ou s'il ne se trouve pas de collège où cela puisse avoir lieu d'une manière convenable, à l'hôpital d'Arlon ou confrérie de Ste-Catberine ou à tout autre établissement religieux avec ou sans charge, suivant qu'en conscience ils le trouveront convenable, en en faisant cependant la transmission, sous la condition qu'ils ne seront appliqués et employés qu'à des usages pieux et non autrement.
Je donne la moitié de la maison paternelle d'Arlon à mes deux sœurs germaines ; savoir : Jeanne qui est mariée dans le village de Redange en Lorraine et Marie veuve, demeurant à Arlon ou à leurs ayant causes qui la partageront également entre elles, et sur le prix ou valeur de la dite moitié de maison, il sera prélevé trois cents florins de Luxembourg à dix sous le florin pour être distribués par part égale aux trois petits neveux fils de Grégoire Vîta en donnant à chacun cent florins pour qu'au moyen de cette somme ils puissent apprendre un art mécanique ou se procurer les moyens d'une autre existence honnête. Ce qui restera du prix de cette moitié de maison, ou bien la moitié même de cette maison si mes sœurs veuillent compter les dits trois cents florins, sera partagée entre elles par part égale ainsi qu'il est dit ci-dessus, je donne et lègue en outre à chacune de mes dites deux sœurs, deux vaches, deux porcs, trois maldres de froment ou de seigle.
Les meubles qui se trouveront à ma mort dans ma maison paroissiale seront divisés en deux parts égales, une moitié appartiendra à mes deux sœurs, l'antre moitié sera distribuée aux pauvres jusqu'à concurrence du juste prix des objets en fer, cuivre, étain, bois, airain, lits, linges, tables, chaises, habillements, bois de lit, cofi*res, à l'exception d'un seul coff're sur mon grenier à Ârlon, que je donne et lègue à l'église paroissiale de Hachy« pour conserver les ornemens. Je ne donne ni lègue rien de mon argent à mes sœurs, où il puisse se trouver, soit dans ma maison pastorale, soit partout ailleurs, ni les livres, ni plus de grain et de bestiaux, que ceux ci-dessus exprimés. Je donne et lègue à l'église paroissiale de Nobressart ou à la fabrique du dit lieu, mon vivier à Rhambom, proche le village afin que les administrateurs et receveurs de la dite église on fabrique emploient et fassent servir le dit vivier à des usages pieux de leur église.
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Je donne à la hbriqiie do couvenl des Carmes d'Arlon, deux maldres de grain.
Je donne également i la fabrique des Pères Capucins aussi d'Arlon, deux maldres el j'en donne et lègue autant à l'hôpital ou confrérie de S^ Catherine do dit lieu.
Si lors de mon décès ou de l'exécution de mon présent testament, il ne sa trouvait pas dans ma succession autant de grains et de bestiaux que j'en ai légués ci-dessus, alors les legs seront acquittés en proportion de la quantité de grains et de bestiaux qui existera à chaque époque, et s'il ne s'en trouvait pas du tout, il n'y aura pas de legs.
Enfin moi testateur, je nomme, appelle, choisis et institue exécuteurs, protecteurs, proviseurs et ordonnateurs pour tous les cas de cette, ma présente disposition. M' le révérend curé d'Arlon, M' le chef du lieu ou celui qui en tient la place et le plus âgé des synodaux du dit lieu et leurs successeurs à perpétuité, sans pr^udice de leur salaire légitime qu'ils percevront toujours pour leurs peines et vacations, toutes et quanles fois ils s'occuperont des affaires de cette exécution ou provision, sur le produit de mes biens d'après leur conscience et l'avis d'hommes timorés.
Partant messieurs les exécuteurs et proviseurs prédénommés choisiront mes élèves étudians, ainsi que de concert avec le révérend père, recteur du collège et le Président du séminaire déjà souvent dénommés ils jugeront de leur aptitude aux études et les admettront et recevront d'après L'ordre et le grade qui leur auront été assignés.
En outre. Messieurs les exécuteurs présenteront au moins chaque triennal, aux dits père, recteur et Président, les registres et comptes des revenus de mes biens, pour qu'ils puissent décider si le nombre de mes élèves doit être augmenté oja diminué.
Même s'il leur paraissait plus utile de confier au Président ou procureur du dit séminaire, l'administration des dits revenus soit pour un tems soit pour toujours, suivant leur aris, les mêmes exécuteurs en auront la faculté, mais j'entends cependant qu'ils consenreront toujours le droit plein et entier de choisir et juger mes élèves sans qu'aucun autre qu'eux puisse dans tout ce qui précède, avoir droit d'ordonner et d'interpréter s'il s'élevait quelque difficulté.
Enfin je révoque et annullepar le présent mon testament toutes dispositions précédentes, si j'en ai faites ; finalement je veux que mon testament et disposition ou dernière volonté vaille suivant le mode, la forme, le style, le droit, la cause et toute manière qu'il peut le mieux et le plus solidement valoir d'après les statuts, ordonnances, coutumes, pratique, ou de toute autre manière, ou s'il ne peut valoir comme testament, je veux qu'il vaille comme codicille, invoquant le secours pour autant que de besoin du bénéfice de l'apposition de la clause codicilliaire et de tout autre meilleurmode. que de coutume il peut Valoir
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et subsister en eicloant et repoussant tous et un chacun des légataires, donataires et tous autres quelconques en général et en particulier qui contreviendront ou contesteront en quelque manière et sous quelque prétexte que ce soit, ma disposition et dernière volonté qui par la suite oseraient ou voudraient la contredire et contester. Comme ma présente disposition après l'honneur de Dieu, concerne le bien public de la patrie, je prie et appelle également le Conseil Royal du Luxembourg et detoutautre magistrat compétent de daigner à défaut des exécuteurs prédenommés et autrement, ou et quand la chose l'exigera, interposer son autorité pour assurer, protéger l'exécution de toutes ces présentes et s'en charger s'il est nécessaire.
En foi, force et témoignage de la vérité, le tout a été écrit par moi de ma main signé à chaque page et scellé de mon cachet ordinaire^ l'an, le jour, et le lieu que dessus, avant midi (signé) Henri Warnach, avec parafe, curé de Hachy.
J'ai prié Messieurs les vénérables curés, savoir Robert Werner, curé de Thiannlont, Gérard Gouin, curé de Nobressart, Adam Félix de Menger, curé de Heinstert, Dominique Henricy, vicaire d'Arlon, de bien signer comme témoins de mon testament, ce quMlsont fait. Désirant satisfaire à la demande de M^ Henri Warnach, curé de Hachy et doyen d'Arlon, j'ai signé comme témoin de son testament, (est signé) Robert Werner, curé de Thiaumont.
A l'instance de M' le doyen d'Arlon et curé. de Hachy, j'ai souscrit et signé comme témoin de sa dernière volonté (est signé) Gérard Gouin, curé de Nobressart.
Je soussigné ai souscrit et signé comme témoin du testament de Henri Warnach, doyen d'Arlon et curé de Hachy (est signé) Adam Félix de Mengen, curé de Heinstert.
(Est signé). Dom : Henrici, vicaire d'Arlon, témoin spécialement requis dn testament ci^devant écrit de M'' le doyen d'Arlon et curé de Hachy.
Au dos de la dernière page est :
Ceci est le testament de moi sousigné Henri Warnach, curé de Hachy, que jVi déposé entre les mains de M^ Julien Flontel curé d'Arlon, sous la réserre de pouvoir le retirer et placer ailleurs toute et quante fois il me plaira, et je veux qu'aussitôt mon décès il soit ouvert pour être exécuté delà manière ordinaire (est signé) Henri Warnach, curé de Hachy.
Acte de dépôt et expédition du testament 26 francs, payés parle S' Eichhom, receveur de la fondation.
Pour copie et traduction du latin en français, certifiés véritables par le Notaire Jean Nicolas Rossignon, soussigné, résidant en la Ville d'Arlon, arrondissement et province de Luxembourg, cejourd'hui premier Août, mil huit cent trente cinq sur l'original du dit testament déposé pour minute au dit notaire par acte reçu par lui le dix-huit février dernier, sur lequel se trouve
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l'instruction publique. 3.9
à la suite : Enregistré à Arloo le vingt-cinq février mil huit cent trente-cini]. Vol : 53, folio soixante, recto, case trois, reçu un franc septante centimes, plus soixante-sept centimes pour additionnels et décime (sans renvoi).
Le Receveur (signé) BOUNIOL.
(signé) ROSSIGNON.
Insiruclion primaire.