HENRI IV
P(o 4. — Deux inscriptions concentriques ; croix pattée au centre. Lég. extér.: t HenricuB cornes iMceburgensis ei Rupe. Lég. intér. : f Marehio Erlom (avec ft gothique).
R. Rordure des gros tournois de douze cercles garnis chacun d'une quintefeuille. Dans le champ» château ou porte de ville à trois tours crénelées» dont celle do milieu est sommée d'une croix qui passe dans la légende : Moneta Meraude.
Arg. — Diam. 27. Gros au portail.
Ce type a été employé par Jean 111» duc de Rrabant (1312-1355) etc.
N« 5. — Même type» avec légendes variées. Lég. extér. : f Hericus : Cornes : Uueburgesis : ei Rupe. Lég. intér..: f Marehio Erlom (avec E romain).
R.. Rordure et Château» comme à la pièce précédente. M*eta. Emeraude.
Arg. — Diam. 26. — Gr. 4,198. Gros au portail.
(Cab. du O Maurice de Robiano.) JEAN L'AVEUGLE.
N« 6. Deux inscriptions concentriques ; croix pattée au centre. Lég. extér. : t Nomen : Domini : sit : beneditum. Lég. intér. : f Marehio : Erbm.
R. Bordure du gros tournois à douze fleurs de lis. Dans un grenetis» au centre» UD château à deux tourelles. Autour ; f Emeraudensis.
Arg. — Diam. 26. — Gr. 2,900. Gros au portail.
(Cab. de M. Serrure.)
nSTOWB 0'AlLOfl.
M. de Lafootaine, dans son Catalogne publié en 484f9 (Revue nnoiislii. belge, tome V), attribua celte pièce anonyme à un de nos comtes do nom de Heari. Il est évident que rien n'empécberait de la revendiquer pour Jean de Bobéne. Nous n'avons pas vu ce gros en nature, mais son type nons fait supposer qu'il appartient i l'époque immédiatement postérieure aux règnes des comtes Henri. Le type du gros tournois avec la ricbe bordure composée de douse fleors de lis (imité dans les Pays-Bas, mais à partir du xiv« siècle seulement^, la forme de la lettre 00 arrondie et fermée (n'apparaissant sur les monnaies qu'à l'approche du xiv« siècle, nVst guère encore employée du temps de nos comtes Henri), enfin la légende religieuse • Nomen : Domini etc. > dont Louis IX, roi de France (1226-1270), entoura la croix de son tournois (répétée partovtdaas le courant du siècle suivaet), voilé les raisons qui, à notre avis, semblent militer pour le règne du roi Jean. Ce règne coïncide, d'ailleurs, avec Tépoque de l'émission la plus fréquente de ce type dans les Pays-Bas. La pièce qui nous occupe est tout-à-fait semblable entr'autres à ce gros au portail, anonyme également, attribué à Jean III, duc de Brabant (1312-4355), contemporain de Jean l'Aveugle (Voir Den Duyts, pi. 3, flg. 36).
Les six monnaies ci-dessus décrites, timbrées de la légende : c Marchio Ërlon 9 ont toutes été frappées à Poilvacbe (Hcraude, Esmeraude). Henri 111, Henri lY et Jean l'Aveugle sont, à notre connaissance, les seuls princes Luxembourgeois qui aient munnayé dans l'atelier de Meraude. Sous le comte Henri IV surtout, cet bdtel monétaire parait avoir acquis une grande importance. Son fils et successeur dans le comté de Luxembourg, Jean de Bobéme, aliéna h propriété de cet atelier en 1342, et définitivement en 1344, en faveur de Marie d'Artois, comtesse douairière de Namur, qui, dès lors, y frappa sa monnaie. Son fils Guillaume I*', comte de Namur, continua à y monnayer ; mais on présume qu'après sa mort l'atelier de Poilvacbe fut fermé.
Les pièces ci-dessus signalées sont indistinctement d^une rareté de premier ordre. Le musée de la Société archéologique, malgré la précieuse acquisition qu'elle a faite de la riche série luxembourgeoise de feu M. de Lafontaiae, n'en possède pa« même un seul spécimeu.
Il se trouve cependant parmi ses richesses nue autre pièce non moins rare, qui est d'autant plus intéressante qu'elle nous apprend à connaître un nouvel atelier monétaire de nos comtes: c'est une c plaque » de l'empereur Charles IT, frappée à Arlon pendant la minorité de Wenceslas W. Cette pièce est le seal monument monétaire qui nous révèle l'existence d'un atelier établi à Arloa même. En voici la description :