‹ Histoire d'ArlonChapitre 79 sur 139 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Voies de communication. — Agriculture. — Industrie. —

Commerce.

SECTION I. — Voies de communication.

Les voies de communication sont les artères et les veines par où s'écouleot les richesses agricoles, industrielles et commerciales, et qui entretiennent partout la sève et la vie.

Un auteur a dit : « Partout, l'établissement et l'entretien des routes ont joué un rôle capital dans l'histoire des progrès de l'humanité. L'&ge de barbarie est pour ainsi dire indiqué par l'absence de viabilité régulière. Dès qu'on commence k ouvrir des grands chemins, les sociétés, les gouvernements bien constitués apparaissent. »

Voyons ce q[u'ont été, a diverses époques, les voies de communication dans le Luxembourg.

Bergier, Histoire des grands chemins romains^ croit que^ sous les Celto-Belges^ il y avait de grands chemins dans la cité de Trêves et que les Romains en ont rectifié et amélioré quelques-uns. Ce qu'il y a de plus certain, c'est qu'un gouvernement unitaire avait créé les routes romaines et les entretenait.

Les voies romaines avaient surtout pour objet de livrer le pays aux armées et de permettre aux légions de se porter promptement sur les endroits menacés.

Sous les Romains, les routes n'avaient pas toutes la même importance : on les distinguait :

en routes impériales ou consulaires,

en voies secondaires, diverticula,

en voies de traverse, compendia.

DaDS le Luxembourg, Tétude pluB avancée du sol a permis de r^rouver les traces des voies suivantes :

Voie de Reims à Trèvef par Yvoix, Étalle, Arlon, Strasseu, Luxembourg, Autwen, Merfert, Igel.

Voie de Trêves à Bavay par Arlon, Wissembach, Mande S^ Etienne, Amberlou, Nassogne, avec an divertieulam de & Hubert vers Libin.

Voie de Trêves à Tongres par Mande à Wiompont, Hotton, Melreux, Chêne k Han et la province de Namur.

' Voie de Reims à Cologne par Yvoix, Izel, Freux, Remagoe, Mande et de là par les hauteurs, vers Bellain et Tommen (Prusse).

Voie de la Famenne de Reims à Cohgne par Rochefort, Marche, Hotton, Wéris, Izier, My, Ville et la province de Li^e.

Voie de Metz à Trêves par Weiler la Tour et Dalheim (I).

Je n'indique que quelques jalons, sans m^arréter aux points intermédiaires qui ont été retrouvés. Je néglige aussi les divertiada et les compendia qui traversaient des parties intermédiaires du pays et donnaient accès k des réunions d'habitations, à des exploitations rurales.

Les mailles de ce réseau de routes étaient assez serrées. Le long de ces voies, on trouvait des hdtelleries ou maisons de halte et des relais de chevaux ou de bètes de somme. Leur fixation remonte à Auguste qui ordonna que les étapes fussent fournies de chars et de chevaux pour les besoins des courriers publics et des voyageurs (S).

Les personnes qui se chargeaient des travaux k exécuter sur les routes se nommaient manctpes^ redempîores operum ptMicofum. Les sommes qu'ils déboursaient pour le service des routes, leur étaient remboursées par le produit des péages et des droits de circulation. Une loi avait fixé la quotité des impôts k percevoir.

( 1 >Bn Mgîîtitte, on croît que les tohs r oiiidines étaient Fouvrage (fou eertoîn Brmnehmt, quatrième successeur du fabuleux roî Bavon.

C'est doue i tort qu'on met sur le compte de la reine d*Âustrasie les ?oîes auzipeUef était attaché le nom d^un roi imaginaire.

Les chaussées de Brunehaut ne «ont que des \tirm romarues.

(2) J'ai & consigner ici une observation qui a quelque importance.

La ville de Luxembourg n'existait pas encore, alors que le viens ^Oroiaunum âait dans toute sa grandeur^ dans tout son éclat ; VJugusla Trevirorum était assez éloignée; toutes les voies romaines, venant de l'Ouest, du Nord- Ouest et du Noré, semMaienf toutes converger wers un centre unique qui était Or^éawuitn, Arlon pviuvflît donc être considéré comme le chef-lieu du Luxembourg romain et cette ville aurait « de nos Jours, repris son rang antique, son importance d'il y a bien des siècles.

YOIES DE GOUHUlflGATION. S65

Après l'invasion des Barbares, on ne songea pas à réparer et à entretenir les voies de communication et encore moins à en percer de nouvelles.

Les Mérovingiens ne s'occupèrent pas des routes ; les communications de la Gaule devinrent de plus en plus difficiles et périlleuses.

Il y eut bien une ordonnance de Dagobert I^^*^ qui punit les entreprises et les usurpations faites sur les chemins publics distingués en t;ia6)m62ica6, viae cantncinales et semUae.

L'unité du gouvernement renaquit sous Charlemagne qui employa ses soldats \k là réparation des routes et prit encore d'autres mesures.

Dans les provinces, les municipes, les vici, les colonies subvenaient aux frais de l'établissement et de l'entretien des routes. Les réparations des chemins et des ponts furent imposées aux habitants des localités sur le territoire desquelles ils étaient établis. L'œuvre s'exécutait par ban (capit. 819), c'est-à-dire par corvée. Les missi dominiei inspectaient les routes et veillaient à ce qu'on y fit les réparations. Les possesseurs de terres faisaient exécuter les travaux par des serfs. Aussi, la viabilité eut-elle à souffrir du peu de soin que de pareils ouvriers apportaient dans leurs tâches.

Sous les successeurs de Charlemagne, les voies de communication furent de nouveau délaissées. Le moyen-âge et la féodalité vécurent des débris légués par les Romains, mais ils morcellèrent et détruisirent ce que le Peuple-Roi avait construit et uni, car le sol fut fractionné en petits états, en seigneuries indépendantes, souvent ennemies.

Aux x^ et xi^ siècles, la viabilité était tombée dans un état déplorable; on n'y exécutait de réparations qu'à l'entrée des ponts et des grandes villes.

Et puis, les riverains détruisaient les routes romaines pour y chercher des pierres, des terres à leur usage.

Cet état des choses continua pendant des siècles.

On avait cependant imposé des droits de travers et de péage aux voyageurs pour leur personne, leurs serviteurs, leurs montures, leurs bétes de charge, leurs voitures et leurs marchandises ; mais originairement établis en vue de la construction et de l'entretien des routes et des ponts, ces droits avaient été détournés de leur destination. Les seigneurs s'étaient emparés des impôts de circulation h leur profit.

Néanmoins, l'augmentation des voies fut amenée forcément par la nais^ sance de nouveaux centres de population, et pour atteindre des lieux de pèlerinage, des châteaux, des églises, des monastères, des foires et des marchés.

Mais au milieu de toutes ces causes d'anéantissement, que pouvaient être

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386 HISTOIRB D'ARLON.

devenues même les voies royales ? de simples chemins de terre, soivant tous les accidents de terrain naturel, où la circulation était toujours difficile, souvent dangereuse, impossible parfois.

Qu'on juge par là de l'état des autres chemins !

Il ne faut pas reculer bien loin en arrière pour se rappeler ce qu'étaient, dans notre province, les chemins vicinaux d'avant 1824. et dans certaines parties du pays avant 1842; ce qu'étaient nos grands chemins avant les routes construites sous le gouvernement belge.

L'autorité supérieure avait maintes fois essayé de pourvoir au bon entretien des chemins. Je citerai, sur la matière, les ordonnances da mois de juin 1530, du 4 avril 1651, du 2 octobre 1671, du 14 juillet 1713, du 13 juillet 1726, du 8 février 1734, du 1er avril 1740, du 21 janvier 1755, da 12 février 1762 et du 10 mai 1794, pour les chemins royaux et les grands chemins, et celles du 8 février 1733, du 3 juillet 1738 et du 10 mai 1794 pour les chemins de traverse (1).

(I) i53g, juîn. Charles V. - Ordonn»: aux propriétaires des bans qui touchent aux cbemîns royaux et aux grands chemins, de les entretenir en bon état à Tendroit de leurs héritages.

i65i, 4 avril, le Roi. ^ Ordonne le curage des rivières et la réparation des chemins. Qieinios de différentes espèces, largeur qu*ils doivent avoir.

1671, a oct. Conseil provincial. — Ordonne aux officiers et communautés de faire réparer et mettre eu état tous les chemins et routes et de curer et nettoyer les rivières et ruisseaux.

1693, i*r janvier. Louis XtV. — Ordonne aux communautés de planter et d'entretenir des poteanx indicateurs aux chemins publics.

1698^ 19 fév. Gouvernement du Luxembourg. ~ Ordonne de rétablir les poteaux indicateurs aux chemins et de réparer les ponts et chaussées aux frais des communautés.

1713^ i4 juillet. Gouvernement du Luxembourg. — Défense d'anticiper sur les grands chemins qui doivent avoir 3 toises pour le pavé et une toise et demie de chaque côté ; de planter haie ou palissades et établir muraille ou clôture sans autorisation.

1726, i3 juillet. Charles VI.- Défense aux voituriers de charger sur leurs voitures plus de 55oo livres d*octobre à mai et 65oo livres de mai à octobre.

1733,8 février. Charles VI. 1738, 3 juillet.Charles VI.— mêmes dispositions.— Ordonnance. Les communautés répareront deux fois Tannée tous les chemins de traverse dans leurs bans et districts respectifs ; elles entieticndront les ponts, poteaux et aqueducs dans les endroits oà il y en a eu d'ancienneté. Les seigneurs hauts-justiciers ou leurs offiders sont chargés de Texécution de ce lèglenient.

I^s communautés ou les particuliers retardataires seront punis d'amendes.

Les communautés doivent faire planter des poteaux, de 7 à 8 pieds de hauteur, sur tons leâ chemins là oà ils se croisent, avec les inscriptions indiquant les lieux où ils condaiêmU les chemins doivent avoir au moins 18 pieds de St-Lambert de largeur sans ycom-

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VOIBS DE GOmiUNlCATlON. 3&1

Le système (^tait mauvais : rexîstence des voies de communication anciennes ou nouvelles dépendait d'autorités étrangères aux intérêts généraux, n'ayant en vue qu'un canton, qu'une paroisse ; il n'y avait pas d'unité, les dépenses des routes n'étaient pas générales : elles incombaient aux com^ munautés.

Enfin, une amélioration sensible fut apportée h cet état des choses, un peu tard il est vrai.

En 1722, Charles VI décréta la construction de la chaussée deBruxenes Il Trêves par Namur, Neufchàteau, Ârlon et Luxembourg, afin de faciliter Tccoulement des produits de la compagnie maritime d'Ostende.

Ce ne fut qu'en 1779 que Marie-Thérèse acheva cette route que son père n'avait fait qu'ébaucher.

Dès le 1®^ octobre 1771, une ordonnance du Conseil provincial avait pourvu à la conservation de la route de Luxembourg k Namur par Bastogne.

Plus tard, l'autorité provinciale s'occupa du redressement et de l'amélioration de cette route. Des capitaux furent empruntés et leur remboursement constitua les vieilles dettes du duché de Luxembourg. C'est k peu près vers ce temps également, qu'il faut placer les premières tentatives d'une route d' Arlon k Longwy vers Metz.

La loi du 15-28 mars 1790, titre II, art. 13 et 14, abolit sans indemnité les droits de péage de long et de travers passage, halage, pontonage, barrage, chaînage, grande et petite coutume, tonlieu et tous autres droits de ce genre, de quelque nature qu'ils soient ou sous quelque dénomination qu'ils puissent être perçus, par terre et par eau, soit en matière, soit en argent, sauf aux assemblées administratives k pourvoir k l'entretien des ouvrages.

II a été powni^ sous l'empire français, par des lois spéciales, k l'ouverture et k l'entretien de la voirie. Celle-ci a été divisée en routes de l'État,' en routes départementales et en chemina vicinaux. Leur création, leur amélioration et leur entretien ont été remis k l'État, aux départements et aux communes.

Sous le gouvernement des Pays-Bas, le même système a été suivi ; seu-

prendreles fosses. 1740, i«vaTril, C. pioT.— 1765, ai janv. G. gen. - 176a, la fëT. État5« — Etécutîon de Tordoonance de 1738.

1776, 19 fév. Députalion des États. - Envoi par les officiers des seigneurs des procès^ verbaux constatant les réparations et l'entretien des chemins.

1794, 10 mai. François IL — Remet en vigueur le placard du 3 juillet 1738 sur la réparation, Tentrelien des chenuns de traverse et sur la police des grandes routes.

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868 HISTOIRB d'ARLON.

lemeDt un impôt de barrières avait été créé sar les grandes routes au pro6i de rÉIat et des provinces. I^e même impôt pouvait être, à titre de péage, établi sur les chemins communaux avec l'autorisation du Roi.

Cette législation fut appliquée en Belgique depuis 1830 et l'impôt des barrières maintenu jusqu'en 1866 ; il fut alors aboli et l'entretien, comme la création de nouvelles voies de communication de terre, fut abandonoé à l'État, aux provinces, qui y pourvurent par d'autres ressources.

ta voirie vicinale avait fait l'objet de plusieurs lois, entre autres celles du 9 ventôse an XUI et du 13 avril 1810 ; mais elle avait peu progressé dans le Luxembourg. Un arrêté royal du 3 mars 1824 lui avait donné no peu d'impulsion par quelques dispositions réglementaires.

Une nouvelle loi, celle du 10 avril 1841, régla définitivement la voirie vicinale et les chemins communaux furent divisés en plusieurs classes, suivant leur importance. La dépense fut laissée à charge des communes, msiis aidées des subsides de l'État et de la province.

C'est de cette époque que datent les progrès.

L'état des communications dans la province élait donc assez peu avancé, lorsqu'éclata la révolution de 1830.

L'administration belge avait h réparer le long oubli des gouvernements précédents, et k remplir plusieurs des cadres vides signalés dans l'exposé de 1834.

Voici quel est, en 1872, le réseau des grandes routes qui entrecoupent le vaste territoire du Luxembourg belge :

Boutes de VÉiai. Mètres,

De Bruxelles vers Trêves 106,717

d'Ostende k Arlon 77,960

de Carignan à Uége et de Bastogne vers Clervaux 112,855

d'Arlon vers Longwy et d' Arlon vers Oberpallen 21,983

du bois des pendus vers Longuyon 37,861

de Virton vers Hontmédy 6,25*

de Luxembourg versi Florenville avec embranchement vers

Ruette et Tellancourt 70,334

de Florenville vers Sedan 5,586

de Ciney à Saint-Hubert 11,860

de Sedan vers Malmédy et de Vielsalm au Poteau. . • . . 117,136 de Terwagae k Marche, de Marche k Bouillon et de Bouillon

à Dînant 56,005

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VOIES DB CONMUlflCATIOiN, 809

de Beauraing 1i Grupont et vers Cbarlevîlle 27,954

des Ardoisières. . . . . 23,728

do Gros-chéne h Verviers 14,984

de Salmchâteau vers Diekirch 17,611

de Jarooigne k Gérouville el de BellefoDtaine à Limes. . . . 17,749

de Saint-Hubert par Poix k Libin et k Maissin 17,659

de la Croix rouge à Marbehao 14,296

de Libramont par Herbaimont k Houflalize 47,822

de LoDgIîer k Fauvillers 17,014

de Bastogne par Larocbe et Hotton k Meireux 50,328

de Grandhao k Meireux 4,706

de Marcbe k l^ocbe 14,820

de Neufchàteau k Hon-idée 28,628

de Forrières k Nassogne et de Nassogne k Champion. . . . 17,831

de Houffalize k la Prusse 20,409

de Peiithan k Baillonville et de Durbuy k Jenneret 14,147

de Tobogoe k Manhay 26,612

du pont d'Érézée k Samrëe. ........... 12,710

Total. . . 1,012,554

Routes provinciales^

De Virton vers Merscb 29,964

d'Arlon k Bouillon 61,626

de Marche k Barvaux 18,847

de Saint-Hubert k Martelange 48,105

de Hamipré k Tintigny 17,894

de Hotton k Manhay. ..'..., 19,628

Total. . . 190,564

Report des routes de TÉtat. . . 1,012,554

Total général. . . 1,20S,118

Quelle est dans ce chiffre la part des anciens gouvernements T

1® Route de Rruxelles à Trêves. Mètres»

Le gouvernement autrichien 21,453

La France (les côtes de Martelange) 3,500

Le gouvernement des Pays-Bas. . . 50,266 75,219

370 HISTOIRE D'ARLOff.

2« Route (POslende à Arlm. 75,M9

Le gouvernemeDt autrichien 70,788

Le gouvernement des Pays-Bas. 5,500 76,283

3^ Route d'Avion à Longwij.

Le gouvernement autrichien 15,385

4® Route du bois des Pendus à Longuyon. Le gouvernement des Pays-Bas 26,851

5<> Route de Sedan à îlalmédy.

Les ducs de Bouillon 2,878

6<> Route d'Arhn à Virlon.

Les communes (sous les Pays-Bas) 13,500

Total, . . (1) 210,116

Ainsi, sur une longueur de routes de l'État et de la province de m. 1,203,118

Les divers gouvernements du pays avant 1830, avaient construit 210,116

Il reste pour la part du gouvernement de la Belgique 993,002

C'est-à-dire le quadruplé de ce qui a été exécuté par l'Autriche, la France et les Pays-Bas.

Les lacunes que laissent les grandes routes sur un territoire aussi vaste que le Luxembourg, ont été remplies par des chemins de grande coromonication traversant les cantons et aboutissant aux grandes routes, en même temps que de nombreux chemins vicinaux de moindre importance ont achevé d'assurer partout la circulation et ont prêté une aide puissante k l'agriculture.

J'aurais voulu faire pour la voirie vicinale les mêmes rapprochemeDts que pour la grande voirie. Les renseignements manquent (2).

Depuis 1858, un chemin de fer allant du nord-ouest au sud-est traverse tout le système de nos voies publiques, qui sont réliées aux stations de la voie ferrée,

(i) Tous ces renseignements sont exlraîts des rapports de M. l' Ingénieur en cbcf, directeur des ponts et chaussées, insérés aux Exposés de situation administrative de la province pour les années i846 et 187a.

(a) J*ai demandé ces renseignements. SMs me sont fournis à temps, je les publierai i la fin du volume.

Qoo^<z

VOIES DB COmiDNlCATlON. S7I

Le canton de Vîelsalm possède aussi son rail-way, ligne de Luxembourg k Stavelot et Verviers. Les cantons de Marche et de Durbuy, la ville de Marche sont également reliés à Liège par un chemin de fer. Déjk la ville de Bastogne est rattachée à Libramont, à la ligne du Grand-Luxembourg, et la ville de Virton vient de l'être dans la direction de Marbehan.

Une loi du 15 mars 1873 a changé tout le système des rail-ways dans la province de Luxembourg.

lo L'artère principale, la voie ferrée concédée k la société du Grand- Luxembourg^ est devenue chemin de fer de l'État, avec les embranchements de [Jbramont k Bastogne et celui de Hollogne k Liège.

âo La société des Bassins-houillers construira pour le compte de l'État belge les lignes suivantes :

A. Un chemin de fer partant de Gembloux, sur la ligne de Bruxelles k Namur, et aboutissant k un point du chemin de fer de l'État entre Tamines et Jemeppe ;

B. Un chemin de fer prenant son origine k la station de Tamines, du chemin de fer de l'État, et aboutissant au chemin de fer de Namur k Givet, entre Dinant et la frontière française ;

C. Un chemin de fer qui, formant le prolongement du précédent, partira du point où celui-ci coupera la ligne de Namur k Givet, pour aller rejoindre le chemin de fer de Namur k Arlon, k ou près de Jemelle ;

D. Un chemin de fer partant de la ligne précédente, se dirigeant vers Athus, en passant près de Beauraing, de Paliseul, de Florenville et de Virton, et par la vallée de la Vire, avec un embranchement vers la frontière française, dans la direction de Gorcy ;

E. Un chemin de fer partant de la station de Bastogne et se raccordant au chemin de fer de Pepinster k la frontière du grand-duché de Luxembourg, k Gouvy ;

3^ La concession, k la société Prince-Henri, des chemins de fer indiqués ci-après :

A . Un chemin de fer formant le prolongement de la ligne de Pétange jusqu'aux gares établies ou k établir k Athus ;

B. Un chemin de fer partant de la station d'Autelbas et aboutissanl k la frontière royale grand-ducale, dans la direction de Clémency, k la rencontre de la ligne de l'Attert ;

C. Un chemin de fer partant de la station de Bastogne et aboutissant à la même frontière, dans la direction de Wiltz.

379 0I8TO1BB D'ARLOM.

Dans la convention avec la société des Bassins-houilliers qui a suivi la loi, il est encore question de la construction d'un chemin de fer qui, partant d'un point du chemin de fer de Marche à Liège vers Helreux, viendra aboutir dans le canton de Sibret au chemin de fer de Libramont k Bastogne.

Le Luxembourg aura donc également son réseau de chemins de fer. Cette assimilation aux autres provinces a été longtemps attendue ; mais enfin cette autre réparation d'un long oubli a été également accordée.

Aiqourd'hui^ nous jouissons et bientôt nous jouirons davantage de moyens de transport faciles, prompts et peu coûteux. Nous avons presque sous la main tout ce qui est*nécessaire à une existence ou modeste ou luxueuse; nos relations pour nos affections de famille, pour nos affaires, sont de tous les jours, presque de tous les instants. Nous profitons de tous ces biens sans paraître les apprécier pour tout ce qu'ils valent. Cependant il a ialla des siècles et des siècles pour les procurer.

Je viens de le faire voir en parlant de nos voies de communication ; il me reste h dire quelques mots des moyens de correspondance.

Posle aux lettres.

Je me borne à citer quelques actes.

1705, 7 mai, Philippe V. — Établissement d'un messagerqui se rend chaque semaine de Luxembourg à Virton, Orchimont, Neufchâteau, Chiny et autres lieux, lequel est autorisé à se faire payer de 2 à 4 sols pour chaque port de lettre. Défense3 aux particuliers de se charger de lettres cachetées pour ces localités.

4773, i*' décembre, ordonnance du Conseil provincial. Établissement de messagers. Organisation. Taxe des lettres et des paquets.

Voici ce qui concerne le Luxembourg belge :

La première Route des Messagers au Quartier Wallon aura un Messager qui résidera à St-Hubert, et se rendra le Mardi de chaque semaine au matin au Bureau de Poste à Grainchamps, où il se chargera des Lettres et Paquets qui lui seront remis pour en partir le lendemain Mercredi ù sept heures du matio, et se rendre pour les dix heures à Mirwart.

Le Messager qui sera établi à Orchiniont, se rendra aussi tous les Mercredis à dix heures du matin à Mirwart^ où il se chargera des Lettres et Paquets qui

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VOIBS DB GOMMCmOATlOM. 878

loi seroBl remis par celai de St-Hubert, et retournera ensuite par Grafde audit OrcbimoDt.

Il y aura pour la deuxième Koute un Messager de résidence i Neufcbâteau, qui se rendra tous les Mardis au Bureau de Poste à Flamîzoul» el y lèvera les Lettres et Paquets pour cette Route.

Le Messager de la troisième Route résidera à Bastogne, et ira tous les Mardis au même Bureau de Poste à Flamizoul^ se cbargera des Lettres et Paquets pour cette Route, lesquels il portera le même jour tant à Bastogne qu'à Houffallze.

La quatrième Roule aura un Messager de résidence h Durbuy, qui se rendra tous les Mardis au Bureau de Poste à Marcbe, pour s'y tbarger des Lettres et Paquets de son district.

Le Messager de la cinquième Route sera établi à Étatle, il se rendra tous les Mardis au Bureau de Poste à Arlon, où il lèvera des Lettres et Paquets pour cette Route^ passera par Hacby, et retournera le même jour au lieu de sa résidence.

29 août 1790. Loi relative aux postes.

6 septembre 1791. Loi qui établit l'admipistration des postes et le monopole du transport des lettres au profit du gouvernement.

29 juin 1827. Ordonnance de la députation des États portant organisation des messagers de district pour le transport de la correspondance administrative des commissaires d'arrondissement avec les communes et réciproquement des communes avec les commissaires d'arrondissement.

Le gouvernement ne transportait la correspondance publique ou privée que sur de grandes lignes aboutissant k des directions et à des perceptions de poste et les communications postales avec les communes étaient rares et difficiles. Le port d'une lettre transportée par le gouvernement d'un point du royaume à un autre a été très-longtemps fixé à fr. 0.60.

Depuis 1830, diverses lois ont été publiées en Belgique sur le service de la poste aux lettres, des améliorations ont été introduites successivement.

29 décembre 1835. Loi relative k la taxe des lettres et k l'établissement des postes rurales. Taxe des lettres de 2 k 5 décimes suivant la distance. Suppression des messagers de district. Établissement des facteurs ruraux. Le service des postes devient régulier dans tout le royaume.

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dlA HISTOIRE D'ARLON.

24 décembre 1847. Loi. Taxation à 10 centimes pour une lettre simple suivant la distance et d'un poids déterminé ; augmentation suivant le poids et la distance. Création des timbres de poste de 10 et de 20 centimes.

22 avril 1849. Loi sur la réforme postale. La taie est de 10 centimes par lettre simple lorsque la distance de bureau à bureau n'excède pas. 30 kilomètres et de 20 par ItUtre simple transportée au-delk de cette distance.

30 octobre 1854. Arrêté royal sur les franchises et les contreseings en matière postale.

15 mai 1870, lart. 3. Loi fixant à 10 centimes le transport d'une lettre simple pour tout le royaume. Création de cartes-correspondance à 5 centimes pour la circulation dans le canton.

24 décembre 1870. Arrêté royal réglant l'émission des cartes-correspondance.

24 décembre 1871. Loi et arrêté royal du 26, qui étendent à tout le royaume la circulation des cartes-correspondance.

Une autre disposition du gouvernement a créé les enveloppes timbrées vendues par la poste.

Des facilités poussées b des limites extrêmes ont été accordées pour le transport des journaux, des imprimés, des manuscrits, des annonces du commerce.

Poste aux chtvaux.

1551, 7 novembre, Charles V. l703, 8 mars, Philippe V. Ordonnances portant défenses de courir la poste, à moins d'être dépêché ou envoyé de Sa Majesté ou de ses gouverneurs.

1790, 29 août. Loi relative aux postes et aux messageries.

1793, 24 juillet. Décret portant organisation des postes et des messageries en régie nationale.

An VII, 19 frimaire. Loi qui règle le service de la poste aux chevaux.

La poste aux chevaux est b la disposition de tous ceux qui peuvent en payer la taxe. Ce service est bien tombé depuis la création des chemins de fer, et bientôt, on aura oublié qu'il a existé des maîtres de poste.

Messageries.

1677, 6 novembre. Ordonnance du Conseil provincial qui règle le salaire des voituriers pour le transport des différentes marchandises.

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A6R1GCLTURB. 375

1722. LeB ÉtatB députés. Convention pour l'établissement d'un coche entre Luxembourg et Bruxelles. Trajet en quinze jours, aller, retour et séjour compris.

1790, 29 août. Loi relative aux messageries.

1793, 24 juillet. Décret portant organisation des messageries en régie nationale.

An III, 25 vendémiaire. Loi qui autorise tous les particuliers h conduire ou faire conduire les voyageurs, les ballots ou paquets de la manière qu'ils le râleront avec les voyageurs, les expéditionnaires et les voituriers.

1829, 24 novembre. Arrêté royal concernant les transports publics par terre. Concessions k accorder par le Gouvernement pour l'établissement de voitures publiques. Règles prescrites pour la confection des voitures, pour la police, la surveillance.

C'est sous l'empire de ces dispositions que s'établirent les messageries longtemps connues sous les noms de Van Gend et de Briard. Des diligences furent établies pour le service des voyageurs. Dans les derniers temps, on mettait environ trente heures, en passant une nuit en voiture, pour faire le trajet de Bruxelles à Arlon. C'était beaucoup mieux que le coche de 1722. 11 y avait progrès sensible. Aujourd'hui, ce trajet se fait en six heures et l'on trouve que c'est trop de temps.

Les diligences Van Gend et Briard sont tombées par suite de la création du chemin de fer du Grand Luxembourg. Il n'existe plus que de rares voitures telles quelles amenant du fond de quelques cantons encore isolés les voyageurs et les marchandises aux stations des soies ferrées.

Voyons comment l'agriculture, l'industrie et le commerce ont pris naissance et ont progressé avec la création et le développement de nos voies de communication et de nos moyens de transport et de correspondance.

SECTION II. — Agriculture.

Quelle pouvait être anciennement l'agriculture dans le Luxembourg ? Pour s'en faire une idée, il faut rechercher d'abord ce qu'elle était chez les Germains, les ancêtres des Tréviriens.

Nous n'avons, k cet égard, que quelques passages d^anciens auteurs.

Les Germains s'adonnent peu à l'agriculture et ne vivent guère que de lait, de fromage et de chair. Nul n'a chez eux de champ limité, ni de terrain qui lui appartienne en propre ; mais, tous les ans, les magistrats et les principaux chefs assignent des terres en telle quantité et en tel lieu qu'ils

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S78 H18T0IU S^ARtOM.

jugent convenable, à chaque famille vivant en société commune, et Tannée suivante, ils l'obligent à passer ailleurs (1).

Chez les Suèves^ pendant qu'une partie sort de ses cantons pour faire la guerre, les autres restent dans le pays, le cultivent pour eux-mêmes et pour les absents et s'arment ii leur tour l'année suivante. Les premiers reviennent dans leur patrie et a leur tour labourent la terre pour eux et la partie guerrière du peuple. Ainsi ni l'agriculture ni la guerre ne sont interrompues (2).

Lorsque César porte la guerre chez les peuples du Rhin, ses troupes incendient les villages, les récoltes et enlèvent les troupeaux.

Il me reste à citer un dernier passage d'auteur devenu classique :

« Les champs sont alternativement occupés par la tribu, selon le nombre des cultivateurs et partagés entre eux d'après la désignation du sort. I^es grands espaces procurent la facilité du partage. On change tous les ans de culture et il en reste encore ; car on ne cherche pas à donner k un méioe sol cultivé plus de fertilité et d'étendue (3).

Arm per annos mutant. Cela veut-il dire que les Germains ne s'occupaient pas de culture, qu'ils étaient un peuple pasteur, changeant tous les ans de campement pour s'établir ailleurs, dans un pays nouveau ? Cette interprétation serait en contradiction avec le sens même du passage, avec ce que César écrit de la culture chez les Suèves, de l'existence de villages, ce que reconnaît ailleurs Tacite lui-même.

Je m'en suis déjà expliqué : l'interprétation des passages de César et de Tacite se retrouve dans ce qui s'est passé anciennement et dans ce qui se passe encore dans le Luxembourg actuel.

Dans les contrées ardennaises, habitées par les descendants des Tréviriens, on rencontrait de vastes étendues de terrains communaux vagues. Tons les ans, les chefs des communes désignaient et limitaient les parties de terrains qui devaient être exploitées ; ils les divisaient en lots qu'ils partageaient par la voie du sort entre les habitants pour y faire leurs semailles. C'est ce qui se pratique encore de nos jours. C'est la traduction exacte des passages cités de César et de Tacite : Dans la tribu germaine, on changeait,

(OCœsar, de bello galico,lib. 6, c. ui.

(a) Idetn^ lîb. 4, c. 3«

(3) Agri pro numéro cuUorum ab unîversis in vices occupanlur, quos mox ioterseï secunduin desîgualîonem partîuolur : facilitatem partieudî camporum spatia praesUiDl. Arva per anoos mutant et superest ager. Non enim cum uberlate et aropliludine soH labore contendunt (ThcituSjde moriôus Germanorum^ cap» 36).

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AORieULTURB. 377

tous les ans, dans la marche on les terrains communs, la partie à cultiver et celle-ci était divisée en lots pour être attribués k chaque famille par la voie du sort.

Le changement était nécessaire ; car le procédé de culture était en général récobuage qui épuisait pour longtemps un sol alors maigre, ce qui obligeait k changer, chaque année, le terrain de culture.

Arrivons aux Gaulois.

Depuis longtemps, les Celtes cultivaient le froment, le millet, l'avoine, le sarrasin, l'orge, l'épeautre et en faisaient un commerce considérable (i).

César a pu pourvoir facilement aux besoins de son armée, bien que les Gaulois eussent, k diverses reprises, détruit leurs moissons pour priver les Romains de vivres.

Les Romains incendient les récoltes, coupent le froment et enlèvent les troupeaux chez les Morins, les Ménapiens, les Éburons.

Les Gaulois faisaient usage de plusieurs sortes d'engrais pour fertiliser leurs champs. L'écobuage est d'origine gauloise (2).

Les Gaulois nourrissaient une grande quantité de bétail, principalement des porcs, des vaches et des moutons dont on employait la laine.

Suivant Strabon, la culture des champs était abandonnée aux femmes et aux personnes hors d'état de porter les armes ; mais César dépeint les Gaulois dispersés dans les champs et occupés de la culture, qu'ils quittaient pour voler aux armes et gagner leurs forteresses (3).

Sous des apparences grossières, la civilisation était réellement avancée en Gaule ; nous n'en voulons pour preuve que la rapidité avec laquelle elle se trouva au niveau de la civilisation romaine. Les vastes forêts du nord nourrissaient, il est vrai, de nombreux troupeaux, mais l'agriculture n'en florissait pas moins. C'est en Gaule que furent inventés la charrue à roues^ le crible de crins et l'emploi de la marne comme engrais. On estimait beaucoup en Italie le vin des Gaulois (4).

Les riches Gaulais avaient en dehors de leurs villes on de leurs forts» ce que les Romains appelaient des maisons de campagne et dans lesquelles ils passaient la plus grande partie de leur vie (5).

(OSlrs^bo^ lib. 4* riînius^ lib. iS, cap. a çl 7.

(a) SuetoDe dît des Gaulois : Gens impia quœ comburit matrtm^ peuple împîc qui brûle sa mère.

(3) GsBsar, bell. gall. lib. 3, cap. 3, 7, 17.

(4) Burette, histoire de France, I, 30.

(5) Idem', I, 21.

De ces diverses marques de cultore, de ces indices d'une industrie agricole appliquée h l'élevage du bétail, César n'en dit rien quand il parle des Tréviriens. La cité de Trêves était-elle un vaste désert non peuplé ? D'où seraient donc sorties les armées, cavaliers et fantassins, que les Tréviriens opposèrent aux Romains? Si le pays était peuplé, il fallait le nourrir. Les Tréviriens étaient agriculteurs comme les autres Gaulois, comme les Germains, leurs ancêtres (1).

Quant au Luxembourg en particulier, on ne doit pas se le figurer dans des temps reculés tel que nous le voyons à présent.

La forêt ardennaise {arduenna sylva) occupait la plus grande partie du territoire ; dans une autre partie, on rencontrait des fonds marécageux, des plaines incultes. On peut s'en faire une idée en parcourant aujourd'hui même les fanges des Tailles au nord de la province, au centre les plaines stériles entre S^-Hubert et Lavacherie, et au sud, celles entre la Cornette et Noirefontaine, dans le canton de Bouillon*, et même k droite et à gauche du tracé du chemin de fer entre Longlier et Libramont. Cependant, dans de nombreuses éclaircies que laissaient les bois, il y avait des habitants se livrant k la culture, k l'élevage des animaux domestiques.

Les Romains avaient ouvert une vaste éclaircie dans les forêts du sud du Luxembourg, le long de la Semois, en construisant la route de Reims a Trêves. D'autres grandes communications avaient traversé également les bois dans diverses directions, pour le service des légions de César et de ses successeurs. Ces voies ouvertes étaient un acheminement k des établissements de coftnre.

Sous les Romains, autour de Trêves et d'Arlon, se trouvaient de nombreuses villaey centres d'exploitation agricole. Il en était de même le long des voies consulaires, des grands chemins, principalement Ik où des stations étaient fondées.

En dehors de ces voies, dans la campagne, d'autres établissements ruraux existaient, dont les ruines nombreuses sont apparues çk et Ui. Quelques-uns de ces établissements étaient vastes et importants. La culture était opérée par les gens de la famille et par des esclaves.

D'anciens auteurs certifient que la culture des céréales était três-avancée sous les Romains, dans les Gaules. On y élevait beaucoup de chevaux, un

(t) Il j a, dans le Luxembours belge comme dans le Luxembourg graod-ducal, uo très- grand nombre de localilés dont les noms sont d'origine celtique et ue s'expliquent qu'au moyen de cette langue. Gela prouve que ces localités existaient avant le temps des Romains et même peut-être des Germains.

Googh

AGRICCLTUilB. 879

nombreux bétail. On nourrissait une multitude de porcs, des troupeaux d'oies que Ton conduisait en Italie.

Ce qui prouve l'état avancé de la culture sous les Romains, dans le pays de Trêves, et même du commerce, ce sont les nombreux autels élevés k Mercure et k Rosemerla des deux côtés du Rhin par des laboureurs et des petits commerçants. Mercure était le dieu du commerce et Rosemerla figurait la terre (1).

A la 6n de la domination romaine, les terres étaient ruinées par les exigences du fisc et par suite abandonnées.

La culture (ut complètement anéantie dans le Luxembourg par le passage des Barbares et l'irruption des Huns.

Quel était l'état de l'agriculture sous les Mérovingiens, sous les Carlo* vingiens et au moyen-âge?

Sous les souverains des deux premières races, il y eut des fiscs royaux, tels que Arlon, Amberlou, Bastogne, Laroche, Durbuy, Cugnon, Longlier, Mellier.

Ces domaines étaient garnis de troupeaux et de nombreux domestiques. Les terres étaient cultivées pour le profit particulier du maître (V. le capitulaire de Charlemagne de Villis). Les détails dans lesquels le souverain entre sur les moyens de culture, sur l'élevage des animaux, sur les profits 2i en tirer, prouvent l'importance qu'il attachait a ses domaines.

L'exemple du souverain fut suivi par les Leudes possesseurs de terre.

Arrivons au moyen-âge ; il n'y avait plus que des seigneurs et des serfs, des manants attachés k la glèbe.

J'ai dit comment les seigneurs essayaient de retenir leur» gens dans les villages sous leur domination.

Les avantages concédés aux cultivateurs sont énoncés dans les coutumes générales du Luxembourg de 1623, qui se réfèrent k un ordre de choses ancien.

Voici encore les textes :

Tii. i8> i. L'un des principaux moyens de l'entretien des roanans ethabitans de ce pays, est la nourriture de toutes sortes de bétail par le moyen des vains pâturages du district des bans de leurs villages, aïns aussi es bans voisins en vertu du droit de parcours.

(\) Epigraphie gallo-romaine de la Moselle^ élude par P. Ch. Robert, membre de rinstitut. Paris, 1873, page 65 et suivantes.

Qoo^<z

880 HfSTOIIIB d'aelom.

Item en aucuns bois du Prince ou de leur seigneur ou de leur GOnmonauté qui sont à ce sudjectz.

S. Sauf en cas de mesus à être gagés par les forestiers^ sergents et maissiers.

10. Bois à usage de vignobles, palissades pour conserver grains et jardinsoa autrement.

IS. Bois de chauffage en bois sec et mort bois ou blanc bois qui ne porte pas de fruit.

13. Ceux qui ont droit de chauffage doivent couper aux quartiers et régions assignées.

17. Arbres pour bâtir ne peuvent être coupés s'ils ne sont préalablement marqués par le foreslier.

18. Joaissance de la glandée ou paisson dans les bois du Prince on autres et ceux de communauté. N'y peuvent chasser autres porcs que ceux nourris eo leurs ménages avant la S'-Jean et soient leurs propres ou bien tenus par eox en nourrisson ou à cheptel.

19. Les droits d'usage ou pâturage se prouvent par titres, et aussi par témoins et longue possession.

30. Les sujets et communautez peuvent avoir droit de pécher, sans jetter amorces aux rivières et ruisseaux. Ce droit doit être établi par titre ou longue possession.

Record de Tavigny,

27. Les habitants de la seigneurie de Tavigny qui n'ont pas la puissance de mettre la charrue aux champs, peuvent prendre un cheval avec le corps et licol et aller à la première charrue qu'ils trouveront dans les champs et aUer 6iîre son labeur;

Dans quelques communes du Luxembourg, une portion du terrain communal était livrée aux nouveaux mariés. Cette bonne coutume a disparu comme contraire au code forestier belge et au règlement sur l'affouage et les émoluments communaux.

Mais la culture était frappée de charges énormes.

Le cultivateur donnait au seigneur un tantième des gerbes récoltées dans les terrains anciennement cultivés et dans ceux nouvellement défirichés ; un tantième dans les foins fauchés ; un autre tantième des produits conduils forcément au moulin banal, au four banal ; un tantième des autres fruits de la terre et du croit des animaux domestiques. Puis venaient les cens en argent, les corvées»

Googh

Toutes ces charges imposées au profit des seigneurs, iHaient encore accrues par les dimes ecclésiastiques (1).

Et tout cela était perçu sans aucune déduction des frais de semence et de culture.

Qu'on ajoute les lléaux du ciel, les conflits entre les seigneurs, les ravages qui en étaient la suite, et Ton comprendra ce que pouvait être la cultqre au moyen -âge dans le Luxembourg»

Plus tard, aux charges seigneuriales, il a fallu ajouter le fardeau des aydes et subsides au profit du souverain, fardeau qui pesa durement snr les campagnes. Les misères de ces temps sont écrites en traits navrants dans les représentations des États de cette époque (2). '

Aussi, dans le courant du dix-septième siècle, l'agriculture était-elle à peu près ruinée.

Cependant les cultivateurs respiraient dans quelques parties du territoire luxembourgeois.

Les souverains avaient favorisé la création d'établissements religieux, par do larges coDcessioos de terre, par des privilèges auxquels la papauté donna son assentiment, pour en assurer la durée. Tels furent chez nous les monastères d'Orval et de Saint-Hubert. Les propriétés étaient fixes dans les mains des abbés, ordinairement affranchies de toutes charges et par cela même susceptibles d'améliorations.

( I) La dîme des pommes de terre souleva des procès divers, entre autres celui du curé d'Aiilier. V. les Anunles de in Société archéologique d'Arloo, notice sur Anlier, 2* vol., page 197.

Avant 1 718 Ja plante était inconnue à Anlier. En 1720, on en vit quelques toquels. Dans les années suivantes, quelques particuliers en plantèrent par ci par Ift quelques planches dans leurs jardins. En 1742, la culture en était encore rare. La plantation en grand s'est faite de ijbo h 1766, et en 1768, elle était en son plein.

On payait la dîme des pommes de terre à Léglise, à Wttry^à Fauvillers,iiThiaumoot, à Villers-sur-Semois et à Habay-la-Neuve.

Les habitants d' Anlier refusaient la dîme des pommes de terre i leur curé, celuî-cî les attaqua eu justice en 1770; le procès dura six ans et se termina^ en 1776, par la condamnation des paroissiens.

(2j Extrait des Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas, par NENY, président du Conseil privé :

a Dans aucune province, les seigneurs n'ont le droit d'opprimer impunément ceux qui cultivent la terre. Le moindre paysan qui seroitlésé par son seigneur, Taltrait en justice devant son juge compétent, et à cet égard, devient son égal, parce que la justice s'administre aux faibles comme aux puissants. »

Cela pouvait être très-vrai en théorie, mais en pratique ! Les faits contredisent ces belles maiimes. Quel manant aurait été assez mal avisé pour faire un procès ft son seigneur 7 Le paysan eut-il eu raison devant la justice, le seigneur avait la puissance de l'en faire repentir.

Qoo^<z

Les moiaes considéraient l'agriculture comme une source de richesses. Les armes spirituelles protégeaient leurs terres contre toute vexation. Les Princes exemptaient les monastères, les religieux et leurs hommes des droits accablants pour le cultivateur et Tindustriel. Il y avait, pour les colons du monastère, sûreté pour leurs personnes el leurs biens, ce qui les attirait sur les terres du couvent.

C'est ainsi que les travaux agricoles pendant des siècles, sur des terres soumises à des établissements religieux, ont pu changer la face du pays, par des défrichements successifs et par une culture plus intense (I).

J'ai dit, dans d'autres chapitres, comment à la fin du siècle dernier, les campagnes avaient été affranchies de toutes les redevances seigneuriales qui les accablaient.

La liberté de culture fut également consacrée et débarrassée de quelques autres entraves.

(0 Je relate îcî quelques mesures prises par les autorites supérieures pour le plus grand avantage de la culture.

1673.35 juin, C. prov. — Il est prescrit aui habitants des communautés de bannir les praînes et de faire du regain de la seconde herbe.

1719. lajuill, C. prov. - Idem.

1704. 13 mars, Philippe V. — Ordre aux propriétaires de faire détruire les chenilles à peine d'amende.

1738. 31 juin, C. prov. — Défense de faucher aucune prairie avant le temps à régler en pleine communauté du lieu.

1731. 38 mars, Charles Vf. — Echenillage des arbres.

1733. 5 janv, Charles VI. — Idem. 177 1. ôo avril, C, prov. — Idem. 1777. 19 f<^v. C. prov. — Idem.

1731. 34 juin. C prov. ^ Mise h ban d*un tiers de toutes les prairies pour en retirer du regain.

1753. 18 juillet, C. prov. ^ Idem.

1740. t4 juillet, C. prov. — Défense de faucher les prairies avant le 10 juillet.

175 t. 3o juin y G. prov.— Idem.

1754. 6 juillet, C. prov. — Idem.

1753. 38 juin, C. prov. — Défense de couper les grains sur pied avant que les babitaots, réunis en communauté, n'aient déclaré à la pluralité des voix qu'ils ont acquis la maturité nécessaire, à peine d'amende.

175g. i4 mars, C. prov. — Mise à bande toutes les prairies dès le i5 avril.

176 !• 10 mars, G. prov. — Idem.

176a. G mars^ Marie- Thérèse. — > Mise à ban des prairies du i*** mars au i5 octobre.

1769. i4 mars, C. prov. — Institution, dans chaque communauté, de bons-gardes pour veiller à la cons^vation des fruits de la campagne.

1770, 34 sept., Marie-Thérèse. — Permission de clore les héritages ruraux et de les soustraire an parcours et à la vaine pâture.

1793, 5idéc«, François II. — Idem.

Loi du 26 septeiubre-6 octobre 1791 .

Art. 1. Le territoire est libre comme les personnes qui Thabitent. Toute propriété territoriale ne peut être sujette envers les particuliers qu'aux redeîances et aux charges dont la convention n'est pas défendue par la loi» et envers la nation qu'aux contributions publiques et aux sacrifices que peut exiger le bien général, sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Art. 2. Les propriétaires sont libres de varier à leur gré la culture et Texploitation de leurs terres, de conserver à leur gré leurs récoltes et de disposer de toutes les productions de leur propriété, dans l'intérieur du royaume comme an dehors, sans préjudice du droit d'autrui et en se conformant aux lois.

Quel fut, sous la République et sous l'Empire français, l'état de l'agriculture dans le Luxembourg ? Quelle fut sa situation sous le gouvernement des Pays-Bas? Il n'existe point de documents administratifs de cette époque qui puissent nous le renseigner. On peut s'en faire une idée en se représentant l'état de la voirie, les moyens de communication d'alors ; et, pour ne prendre qu'un exemple autour d'Arlon même, qui qe se rappelle le vaste triangle de terrain entre les routes vers Luxembourg et vers I^ngwy et le chemin de Birelhoff^ resté k l'état de bruyère encore en 1834? Il y a quelques années seulement que la commune de Bonnert a vendu ses dernières propriétés vagues situées le long de la grande route et à peu de distance du chef-lieu de la province.

J'arrive k la situation actuelle de l'agriculture dans le Luxembourg.

La culture et ses progrès dépendent principalement de la nature du sol, de son altitude et de sa coufiguntion»

La superficie du Luxembourg est de 441,784 hectares. Ce vaste territoire se divise en trois zones bien distinctes.

La Famenne comprend les cantons de Wellin, de Marche, de Durbuy et d'Érézée. La surface est de 33,200 hectares ; le terrain est rocbeux-dévonien (quartzo-schisteux).

VArdenne est composée des cantons suivants : Vielsalm, Laroche, Houffalize, Bastogne, Saint-Hubert, Nassogne, Bouillon, Paliseul, Neufchàteau, Sibret et Fauvillers.

La superficie est de 335,384 hectares et présente un plateau morne, froid, ingrat on peu fertile. Le terrain est rocheux-rhénan (schisteux).

La troisième partie, connue sous le nom de Lorraine luxembourgeoise^ comprenant 73,300 hectares, est placée entre l'Ardenne et les limites de la province vers la France. Elle embrasse les cantons de Florenville, de Virton, d'Ëtalle, d'Arlon et de Messancy.

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184 QiflTOiu d'ahlon.

Le terrain est rocheux-jurtssiqae (argilo-calcaire et en partie 8abloneiu(1). Voici quelques points d'altitode au-dessus de la mer :

Baraque de Fraiture. 638 mètres.

Bastogne 500

Libramont.

Carlsbott]^..

Arlon. • .

Neiifchftteau.

Virton. . .

Soy. . .

Bouillon. •

Booiflon est le point te plus bas comne Fraitvre est le point le fAusélevë. Les forêts occupent plus d'un tiers du territoire ; elles se partagent en froik groupes.

Prmumgnmpe^ m Sud. Les bois d'Étalle, de St-Léger, d'Elbe, les forêts d^Orml el rie Herlanvaox.

DêUODième ttmupe^ au centre, de l'Est à l'Ouest, Les foréls d'Anlier, deRuHes, dé Neiifcbâteau, deCbiay* d'Herbeuuiout, de Muno, de Ste-Cécile et de Bouillon.

Troifièm» yn^^p^au Nord et allant vers le Sud-Ouest.

Le bois de Cedrognè, la forêt de St-Jean, les bois de Larocbe, de Vecmoni, de Journal, de Champion, de Villers-Ste-Gerlrude, de Grune, de Nassogne, la Ibrét de Freyr, les bois dits Haselle, Lambert-Fays, la forêt de St-Michel, les lois d'Arrille, de Poix, desLoches,deTeTlin,âeTransinne,de Redu, deChaoly, de Halleux, les bois de St-Hubert, de Gembes et de St*Remacle.

Au Nord-Est. Les bois de 8t-<Pierre, de Hez, de Ronze, le grand bois ; et au Nord, le bois du Pays et le bois de Itarre.

EMM ces trsis «groupes principaux, on renccmtre encore plusieurs petits «novpes ifoMs (i^.

i«) ExpMé de BÎtuatioo adraioîstrative de l'année 1867. Rapport de Tlngëuîeur de» inîoea.

(a) La masse des 1h)Îs, en i846, coni prenait :

hect. a.

Boiff des communea et des ëlablissenients

publics. • ' 59960 00

Bois domaniaux 17085 00

*Bots particuliers 64oSo 00

161135 00 Cette masse était ainsi répartie :

AGRIGQLTUIIB. 885

Ces mafisUs de finréts ne suffisent pas pour abriter complètement le sol. Il reste en Ardenne de vastes plateaux démidés exposés ^ toutes les inlem* péries d'un climat froid et ^e.

Les rivières du Luxembourg sont :

Au Midi, la Semois dont le cours va de l'Est à l'Ouest ;

L'Ourthe, dont une branche va du Centre au Nord et dont l'autre branche rejoint la première en coulant de l'Est à l'Ouest ;

La Sûre, au Sud-Est ;

La Lesse, du Sud à TOnest.

Les autres rivières moins importantes sont l'Oor, la Wamme, I^Bonme, lu basse mre, le Ton, la Salm.

La Chière, au Midi est plut6t française.

Une foule de ruisseaux qui oui leurs sources dans les montagnes, alîmantent ces rivières en leur servant d'affluents.

Le territoire luxembourgeois présente une suite de collines plus ou moins escarpées, de groupes, de mamelons, de plateaux exigus, de gorges, de ravins souvent accentués, des rochers nus d'oii s'échappent de petits misseaux torrentueux, mais limpides. Les grandes plaines des autres provinces n'existent pas ; les terres s'inclinent et leurs pentes s'enchevêtrent dans tous les sens. C'est sur ces pentes, dans ces profonds ravins et ces gorges abruptes, que s'abritent le plus souvent les villages et les habitations isolées (1).

Dans les villages et les hameaux de FArdeime, des jardins^ des smIos et au delà, dans un rayon plus ou moins étendu suivant l'importance des localités, on rencontre des prairies, des champs labourables longeant les côtes.

Au delà de la ceinture cultivée, sont des espaces étendus de terrains en firiche, couverts d'une herbe courte ou de bruyères et de genêts.

Arrondissements : Arlon fibS

Vîrtoii 3aoS5

Neafchâteau. . . . 49892

Bastogoe i94io

Marche 3a4St

l4ll20

A la fin (le 1866, la masse des bois communaux ëCait de 6745S hect.

Des bois avaient été défrichés pour être convertis en champfl ds«uUnr«» ipaif dst l^r* rains vagues avaient été boisés en nombre beaucoup supérieur. Rapport delà députation du Conseil provincial sur le reboisement des terrains communaux. Ârlon, 1867.

(I) Exposé de situation administrative de 1866, rapport de la commbsîon fliédicale provÎBeîale.

Ces terrains sont écobués oa essartés tous les vingt k trente ans, pour produire une ou deux fois du seigle, de l'avoine ou des pommes de terre.

Dans rintervalle, les terrains sont abandonnés k la vaine p&ture.

Le long des routes, des habitations isolées ont été construites depuis trente k trente-cinq ans« Autour de ces habitations existe une zdne cultivée qui s'étend d'année en année, suivant les engrais obtenus et employés.

Nos villages avec la culture qui les environne, ces habitations isolées avec leurs jardins et leurs champs, ces forêts si vivaces k côté de vastes terrains dénudés, prouvent que le travail de l'homme peut rendre fécond un terrain ingrat. Ce n'est pas la terre qui manque k l'homme, c'est l'homme qui manque k la terre. La population n'est pas en rapport avec l'étendue du territoire En Ardenne, les villages sont éloignés d'une ou deux lieues, même sur les grandes routes. Quelques rares habitations servent d'étapes dans ces vastes solitudes.

Que pouvait donc être le pays k des temps reculés ?

Les pàtures-sarts étaient très-étendues autrefois. Suivant le recensement général de 1846, la situation était celle-ci :

Bruyères communales 50548 hectares.

Bruyères particulières 63463 è

Total. 114011 >

Une loi du 25 mars 1847 a ordonné le défirichement des terrains vagues communaux. Quel a été le résultat de l'exécution de cette loi ?

A la fin de 1868, les défrichements autorisés comprenaient : 22165 h.) ^^^ Ce qui restait à défricher: !28d8d h.^ ^^

Les terrains, dont le défrichement a été autorisé, ont été convertis :

En terres arables 14420 hectares.

En prairies 221

En jardins et bâtisses 18

En bois 5553

Sur les concessions accordées, il restait à défricher, fin de 1868, 1954 hect. Les défrichements et les boisements, opérés par les communes elles-mêmes, s'élevaient à 4364 hecUres (1).

{i) Exposé de SfUiation aclmîoistratîvedei869.

AORIGULTURB.

Ce mouYement avait été suivi sur les terrains vagues appartenant ^ des particuliers.

On se demande si les bruyères communales concédées, converties les premières en terres arables, seront toujours cultivées. On l'a fait une ou deux fois pour satisfaire aux conditions du contrat.

Est-on certain que ces terrains ne retourneront plus k l'état de bruyères?-

Il importe, sur le vaste territoire du Luxembourg, de dégager le terrain consacré k une culture réelle. J'ai tracé les tableaux suivants k l'aide de données extraites du volume du recensement général de 1866 traitant de l'agriculture et publié par le Gouvernement.

Arrondissaments.

Sup«r6cie cadastrale.

Etendue aoqploitable.

Arlon

Bastogne

Marche

Neufcbâteau

Virton

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