‹ histoire d'ecosseChapitre 10 sur 86 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

CHAPITRE in

près Tordre reçu , une poignée de terre de ses domaines , les remit par ce symbole entre les mains da roi qui alors en octroya de nouveau des chartes à chaque propriétaire , sous forme d'investiture féodale. Le Mot-Hill de Scone, ou cour de justice, appelé Mons plaeiti S provient, à ce qu'on prétend, des poignées de terre apportées en cette occasion , et par ce motif il a reçu le nomd'emnts ferrai. Cette légende ne mérite aucune croyance. Mais si Malcolm , ce que sans doute il n'aurait pu faire , ne eiiangea point les lois de tout son royaume par une modification générale des titres de la propriété , il est hors de doute que par diverses concessions et des cas particuliers il contribua à introduire en Ecosse la coutume des investitures féodales. C'était un système agréable au prince, car il lui attribuait le caractère propre à le flatter , de propriétaire suprême , souverain ou originel , des terres du royaume entier. Il plaisait ainsi aux Normands que Mâlcolm attirait à sa cour. Ceux-ci attachaient un sentiment de sécurité à une charte royale , et comprenaient en même temps que leur importance personnelle s'augmentait par la puissance qu'ils obtenaient ainsi, d'accorder les terres qu'ils ne pouvaient occuper , à des sous-vassaux qui les tinssent d'eux aux semblables conditions de service auxquelles eux-mêmes tenaient leurs domaines de la couronne. Le système féodal avait aussi force de loi en France et en Angleterre , états sur lesquels le monarque écossais devait naturellement prendre modèle pour perfectionner les grossières institutions de sa contrée natale. Ainsi , quoique la féo* dalité n'ait pas certainement été introduite par Malcolm-Morh en Ecosse , nous pouvons conclure que, de son temps , des exemples détachés, ainsi que l'action graduelle et le concours de cir* constances favorables, préparaient déjà ce royaume à la recevoir^ Malcolm , à sa mort , laissa des enfants mineurs, et il eut pour successeur son frère Donald-Bane, sauvage écossais, qui, s'enfuyant aux Hébrides lors de l'assassinat de leur père Duncan, ne paraît avoir visité son frère Malcolm à aucune époque de son règne, ni approuvé aucune des nouvelles coutumes introduites par lui. Au décès de Cean-Morh il se hâta de revenir en Ecosse , et , à l'aide d'une armée d'insulaires occidentaux , prit possession de la couronne au préjudice de ses neveux. Ce chef presque bar-» bare fut d'autant mieux accueilli par beaucoup des Scots du nord^

i Mont da bon plaisir. A. u.

S Toute terre, a.h.

qu'ils voyaient avec jalousie les innovations de Malcolm «t aa pré^ ^rence pour les étrangers.

Le premier décret de Donald-Bane fut une sentence de bannie sèment contre tous ceux-ci ; tentative brutale pour ramener l'Ecosse entière à l'état sauvage d'Argyle et des Hébrides. Il es( rare toutefois que la civilisation , quand elle a fait d^à un peu do progrès, puisse être contrainte à rétrograder, sauf le cas où lei^ connaissances marchent de front avec la corruption et la mollesse. Sonald-Bane n'eut aucun triompbe durable. Duncan, bâtard du feu roi , rassembla une nombreuse armée d'Anglais et de Normands, repoussa Donald-Bane parmi les Jambes rouges S et s'enhpara du trône. Fut-ce pour son propre compte qu'il l'occupa ott comme régent de la légitime descendance de Malcolm? on l'ignore. Après avoir tenu le sceptre, en propre ou par délégation, pendant une année , Edmond son beau- frère , le deuxième des enfants légitimes de Malcolm Gean-Morb , dont l'ainé avait embrassé la prêtrise j fit assassiner Duncan par un comte des Mearns , et ré^ tablir Donald-Bane sur le trône en conséquence d'un traité par lequel il s'engageait à partager avec lui la royauté.

Donald-Bane , ainsi redevenu maître de la couronne , se remit à détruire tout ce qu'avait tenté son frère Malcolm, pour civiliser l'Ecosse , et chassa de nouveau les étrangers hors de ses états; De là, nouvelle révolution. Edgard, troisième fils de Malcolm çt de l'aimable Marguerite ,* que Guillaume-le-Roux favorisait , reçut des secours d'Angleterre, et parvenant à se saisir de la per^ sonne de son oncle Donald*6ane , l'emprisonna , puis lui creva les yeux. Edmond qui avait été l'auteur de cette seconde usurpation de Donald-Bane , fut aussi emprisonné , et en signe de repentir pour la participation qu'il avait prise à l'assassinat de^ Duncan, demanda, lorsqu'il mourut, que les fers qu'il avait portés dans son cachot fussent enterrés avec lui dans son cer*çueil. Edgard , malgré la cruauté qu'il montra envers son viem: oncle, parait avoir eu le caractère équitable et humain. Il restai e.n paix avec l'Angleterre , et l'amitié des deux royaumes fut encore cimentée par le mariage de sa sœqr Matbilde avec Renri I"S dit Beauclerc« Edgard mourut après avoir régné dans un )H*ofoa repos environ neuf ans,

Alexandre!'' lui succéda comme quatrième fils de Malcolm, et

4 Red legs. On appelait ainsi les montagnards d'Ecoççe et les insulsiir^f 4fi roi)esi de cette contrée, parcequMls ayaient les jambes entièrement nues. à. k.

C0AFITBS Xn. U

»on v^gM est priiDcipalaiBeot remarquable par la lutte énergique qu'il soutint pour défendre Tindépendance de l'Égliae écossaise* Il Faut à soutenir contre les archevêques de Cantorbéry et d'York^ qui cbacun réclamaient une supériorité spirituelle sur TÉcosse, et Je droit de consacrer Tarcbevêque de Saint- André, primat de eo roYàume, Malgré Tbostile intervention du pape, Alexandre, avec une adresse inouïe, parvint à rendre eontradictoires l'une à l'autre les prétentions des deux archevêques anglais, et s'évita ainsi d'eo sallstaiTe aucun. Quant au caractère personnel d'Alexandre, nous n'en pouvons juger que par l'épi thète de farouche ou vioUni qu'on lui donna et qui probablement s'appliquait i son naturel et à se« manières , puisque cerbeis son règne fut paciOque. U mourut en

Alexandre eut pour successeur David r% le plus jeune des 01$ de Malcolm, Gean-Morh , monarque plein de talent. Il était libre de i'ignorante barbarie de ses compatriotes , car il avait été pea*dant sa jeunesse élevé à là cour de Henri 1'% le célèbre Beaucîerc, mari de sa sœur. David était entré dans les vues de ce sage sou* verain touchant sa succession, et avait juré de maintenir les droita de la fîlle de Henri, l'impératrice Matbilde, cette^ fameuse reine Mand des chroniqueurs anglais , au royaume d'Angleterre. C'est pourquoi il la fît reconnaître en cette qualité dès 1135, et quand, à la mort de son royal père, Etienne, comte de Mortagne, usurpa la couronne anglaise , alors roi d'Ecosse , il commença la guerre pour renverser l'uâurpateur. Mais le comble de l'indiscipline régnait parmi ses troupes qui offraient un curieux échantillon de« diverses tribqs , long^temps mélangées sans se confondre , d'où s'est enOn formé le peuple écossais des temps uMNlernes. « Cette année maudite^ » prétend le moine chroniqueur, qui stigmatise ainsi les troupes de David à cause de leurs horribles excès, « était ccNnposée de Normands, de Gwmains et d'Anglais, de Bretons Cambriem et de Northumbriens, d'indigènes du Teviotdale et du Iiotbian, de Pietés, communément appelés hommes du Gatloway^ et de Seot£». » Étrangers les uns aux autres par les coutumes, et jusqu'à un certain point par le langage , ces différentes natioo«( semblât n'avoir été d'accord et ne s'être entendues que pour frandÉir les bornes de toute licence et de toute cruauté, quoi>qu'^Ues fussent contenues autant que possible , avouent naïve* ment les historiens anglais i par les efforts du monarque.

Étî^^ipe iparc)^ ven le liord pour repousser David et ses bandes

tumultaeases ; mais la guerre vint à languir et fit place à une suite de trêves et de traités menteurs qui étaient conclus et enfreints sans beaucoup de cérémonie. Les forces des deux partis étaient peut-être plus également balancées que celles des rois d'Angleterre et d'Ecosse ne l'avaient encore été ou ne le furent depuis. Le manque de discipline qui affaiblissait l'armée de David se trouvait compensé par la trahison qui , travaillant toujours dans le camp d'Etienne , éclatait sans cesse par la révolte de quelqu'un de ses barons. Etienne tâcha d'obtenir la paix avec l'Ecosse par la cession de tout le pays découvert du Northumberland et du Gumberland dont il se réservait toutefois les châteaux et les places fortes, afin de pouvoir, par ce moyen, reconquérir bientôt, dans un moment plus favorable , le territoire qu'il cédait alors. David devina ce calcul , et voyant bien que ses seules forces ne suffiraient pas pour placer Mathilde sur le trône , il ne chercha plus , ce qui est la politique habituelle des auxiliaires , qu'à augmenter son territoire le plus possible , par des conquêtes ou par des conventions , quand même le prix en devrait être l'abandon de la cause pour laquelle il avait pris les armes. En conséquence , il envahit le Northumberland en Tannée 113d , à une époque où Etienne était si rudement pressé dans le sud, qu'il lui fallut abandonner les barons du nord à leur propre défense. Ces braves guerriers, toutefois, ne voulurent pas se soumettre à un envahisseur, ou quelque déférence queplusieurs d'entre eux accordassent volontiers au mérite personnel du roi écossais, les horreurs commises par les Galwégiens et autres barbares tribus de l'armée de David firent lever tous les bras contre cette soldatesque Infâme «t contre son chef. Tristan , archevêque d'York, prélat dont Té* nergie égalait la prudence , convoqua les barons de l'Angleterre septentrionale, et les exhorta à une résistance opiniâtre. Vieux et jeunes furent appelés au combat. Roger de Mowbray, presque enfant, fut amené à l'armée anglaise et placé à la tête de ses nombeux vassaux. Walter de l'Espec , baron d'une grande renommée militaire, fut, malgré son grand âge, choisi pour généralissime. On érigea pour étendard au milieu du camp , un mât de navire , enfoncé dans un chariot à quatre roues , et auquel furent attachées les bannières de Saint-Pierre d'York, Saint- Jean de Bever* ley et Saint- Wilfred de Rippon. Au faîte et entourée de ces oriflammes était une boîte, sinon même un ciboire, renfermant une hostie consacrée. Le déploiement de cet étendard servit à donner

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