‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 58 sur 282 · CHAPITRE VITÏGT-UKIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITÏGT-UKIÈME

troubles qui avaient agité les chrétiens dans ces derniers temps.

Le monastère de Saint- Vincent dont la première abbesse fut Salomona, sa fondatrice, ayant été bâti dans la ville de Léon , près de la cathédrale, en 1014,1'évéque Nunus confirma, en date du 4 février, une donation faite à ce monastère par Zuleïman, qu'on y appelle enfant de Léon, d'une ville sur les bords de l'Ezla, dont le nom était Gaprarios, aujourd'hui Cabreras. An folio 276 du Ghartulaire se trouve un autre acte de la même année qui fait mention d'un couvent de religieux consacré à saint Pélage, dont l'église était sous l'invocation du glorieux saint Martin; ce qui prouve combien la ville de Léon gagnait chaque jour en richesses et en édifices.

Le roi, vers ce même temps, récompensa la fidélité de Feldon Amatez en lui donnant les biens de Fortis et du prêtre Vimaranus, qui en furent dépouillés pour avoir aidé Munius, fils de Fredenaudus, dans sa révolte. Il voulut récompenser aussi, en 1014, Pierre Fredinandiz, qu'il appelle fidelem meum, en lui concédant la ville d'Abacif, près du Teira, sur le territoire d'Astorga, avec la faculté de la peupler et le droit de juridiction sur ses habitans. Cet acte, en date du 29 avril, est signé par les évèques Scemenus d'Astorga , Nunus de Léon, et Yistrarius de Santiago, ainsi que par plusieurs seigneurs1.

Dans un document daté de l'année 1015, signé par notre évèque, il est parlé de l'entrée des Arabes â Léon du temps de Bermude, et y il est dit que ces infidèles emmenèrent avec eux à Cordoue deux jeunes gens appelés Salvator et Julien, fils de feu Munius, qui avait été domestique du palais. Les majordomes du roi s'étant emparés des biens que laissaient ces malheureux , Bermude les donna à Nunnus Domuitiz, et, après sa mort, à la femme de celui-ci, Auria, et à ses deux fils encore enfans, appelés Vita Xab et Citi Xab.

1 Tumbo de JLeoo, I. c.

M $ HISTOIRE D' ES PAGRE.

Auria , abusant de l'extrême jeunesse de ses enfans, vendit une bonne partie de ces biens à deux juifs nommés Xab Xaia et Jacob Traballio, des mains desquels Alfonse les retira, ému des plaintes des enfans d' Auria, qui lui en cédèrent la moitié. Il fut dressé acte de tout cela dans le mois de mars de l'ère 1053, et signèrent les évèques Scemenus d'Astorga et Nunus de Léon1.

Mais l'un des actes les plus importons, sans contredit, de cette époque, est celui qu'on trouve au folio 187 du Chartulaire, sous l'année 1016, où sont consignés les forfaits de Fromarigus Scndiniz, criminel d'une espèce singulière. Le roi lui reproche, entre autres choses, d'avoir tué deux hommes du nom d'Albanus et de Didagus et plusieurs autres; ce qui l'avait forcé de fuir en Gastille. Sancho, oncle du roi, l'y avait bien accueilli, avait intercédé pour lui, et pon-seulement il avait obtenu son pardon, mais encore il était rentré en grâces et avait reçu de nouveaux honneurs, entre autres le gouvernement de Luna et de Vadavia. Mais Fromarigus n'en tint compte, se livra à de nouveaux excès, se couvrit de crimes, saccagea les terres, pilla les villages, en dépouilla les habitans, attenta à la chasteté des femmes et des filles. Enfin tant de méfaits étant parvenus aux oreilles du roi, il voulut faire droit aux plaintes répétées de ses vassaux, et, comme Fromarigus n'avait aucun moyen de réparer ses crimes, le roi fit confisquer les villes et les domaines qu'il avait acquis pchdant la durée de son gouvernement. Une de ces villes était Fraxinus (aujourd'hui Frcsno). Le roi en fit don à Pctrus Frcdenandiz, pour prix de sa fidélité et de ses bons services, en cette ère 1054. L'acte fut confirmé par les évoques Scemenus d'Astorga et Nunus de Léon*.

L'année suivante, 1017, Nunus fit une restitution au monastère de Santiago de Léon et à son abbesse Flora : Fre-

1 E*p. Sagr., t. xxxti, p. 22 cl seq.

2 lbid.,1. c, appert, xi.

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