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en l'avenir. 11 obtint d'être présenté à Nitard, qui était alors au plus haut période de sa puissance. Le grand inquisiteur le voyant adroit, audacieux et intrigant, l'honora bientôt de son amitié. Yalenzuela épousa l'une des femmes de la reine, et établit ainsi sa fortune. La chute de $on protecteur, qu'il regardait comme le plus graiid malheur qui pût lui, arriver, devint une des causes de son élévation. L'amitié de Nitard et son mariage avec Eugénie avaient attiré sur lui l'attention de la reine : sa jeunesse, sa beauté et son esprit achevèrent de captiver cette princesse , et elle accumula les honneurs et les richesses sur l'objet de son estime et de ses affections. Elle l'éleva à la ' dignité de marquis, de grand écuyer et de grandesse: l'orgueil des Castillans fut blessé de voir ces honneurs, pour lesquels ils avaient la plus haute vénération , . confères à une personne d'une naissance obscure.
Tous les n^aux qui peuvent découler d'une administration faible et corrompue affligeaient, à cette époque, la monarchie espagnole. En Amérique, les Flibustiers s'emparaient des galions , et attaquaient les colonies. Les dégâts et les pertes qu'ils occasionnaient n'étaient rien en comparaison de la négligence et de la profusion du gouvernement à l'intérieur. Le peuple renouvela ses clameurs : la rein<î , pour calmer l'agitation des esprits, convoqua un conseil chargé d'examiner les Hépenses de la cour et de retrancher celles qui étaient inutiles. Mais les membres
de ce comité, ainsi qu'il arrive presque toujours, n'atteignirent point le but qu'on s'était proposé. Attentifs à leurs seuls intérêts , ils fermèrent les yeux sur les malversations des financiers, et , coupables eux-mêmes de péculat, augmentèrent les abus qu'ils devaient réprimer. On peut avoir quelque idée des sommes énormes que ces officiers publics engloutissaient, lorsqu'on voit que le traitement du chancelier du conseil des Indes s'élevait annuellement à six cent mille ducats; somme qui équivaudrait de nos jours à six cent mille louis. A cette époque, l'or du Mexique et du Pérou était jîresque partagé entre les Flibustiers et les avides ministres delà cour de Madrid ; et il n'en restait que très-peu pour soutenir la dignité de la couronne^ et entretenir quelques forces de terre et de mer.
Toutefois l'Espagne contribua, par une sage réso- 1672. lution, à maintenir la balance du pouvoir en Eu-^ rôpe. Louis XIV, renforcé par l'alliance de l'Angleterre, avait commencé une guerre injuste contre la Hollande , et ses rapides progrès menaçaient de soumettre la république. Il chercha à s'assurer de la neutralité de l'Espagne, mais la régente résista à ses sollicitations. Les deux branches de la maison d'Autriche entreprirent de protéger les Provinces^Unies. Les cours de Madrid et de Vienne déclarèrent la guerre à la France; et les armées combinées de l'Espagne, de la Hollande et de l'Allemagne obligèrent Louis à abandonner ses conquêtes. Voulant
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réparer le revers qs'il essoyût dans les Pajs-Bas, ce monarqae entra dans la Franche-Comté , et réduisit cette proTÎnce en moins de six semaines. En Sicile, les habitants de Messine, poussés à la révolte par l'oppresâon de leur gouverneur, invoquèrent et obtinrent les secours de la France. Pendant l'espace de trois ans, la cour de Madrid s'efibrça, mais en vain, de les faire rentrer dans le devoir : à la fin, trouvant rarrogance de leurs nouveaux maîtres encore plus intolérable que ne l'était la rapacité des anciens, ils reconnurent de leur plein gré l'autorité de l'Espagne.
En Allemagne et en Flandre, la guerre était poussée avec activité : les Impériaux furent trois fois complètement battus par le maréchal de Turenno; les Hollandais et les Espagnols réunis disputèrent bravement les honneurs de la campagne aux soldats et aux gén^ox français.
%. D. Charles II avait atteint sa quinzième année, c'é- ^^7^- tait l'âge fixé par le testament de son père pour qu'il prit les rênes du gouvernement* Mais le jeune monarque était comme égaré au milieu des factions qui divisaient sa cour. Don Juan d'Autriche et la reine douairière se disputèrent l'honneur de diriger les conseils du roi. L'influence de la reine prévalut; don Juan eut ordre de se retirer à Saragosse; et paf 'les menées d'Anne d'Autriche, Yalenzuela gouverna <sous le nom de Charles II.
Les historiens espagnols ont condamné la pré-
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somption de cet heureux aventurier; ils lui ont surtout reproché son obscure naissance. Convaincu de la haine que lui portait la noblesse, il. chercha à mériter Taffection du peuple. Par ses soins Fabondance revint dans Madrid ; et les citoyens, qui s'étaient plaints depuis long- temps du monopole des grains, furent reconnaissants de son administration judicieuse et vigilante. Ambitieux du titre d'ami du peuple il satisfit le goût des Espagnols pour les fêtes. Tous les jours il offrait à leur vanité des tournois et des combats de taureaux : des pièces, de théâtre , composées par le ministre lui-même, étaient applaudies par lamultitude, qui, admise gratuitement à ces représentations , louait le talent et la libéralité de l'auteur.
La guerre contre la France se poursuivait active* ment, et acheva de ruiner l'Espagne. Sa flotte, combinée avec celle des Hollandais , fut défaite près de Messine par les escadres françaises. . Un. second engagement, que la mort de l'amiral hollandais Ruyter (i) a rendu mémorable, répara ce revers; mais dans un troisième combat les flottes d'Espagne et de Hollande furent défaites et perdirent cinq mille hommes et douze grands vaisseaux de
(i) Michel Adrien de Ruyter fut blessé mortellement
dans une action avec l'amiral français Duquesne sur la côte
de Sicile, le 27 avril 1676, et mourut le 29. Un monument
est élevé, à sa mémoire dans la nouvelle église. (l'Am^terdam.