LEUVIGILDE RÈGNE EN ESPAGNE
Leùvigilde, associé au trône par Liuva, réunit après la mort de son frère toute la domination des Yisigolhs^ tant au-delà qu'en deçà des Pyrénées, ou l'Espagne proprement dite et la Septimanie. Il épousa en secondes noces Gpssuintlie , veuve du roi Athanagilde et mère de
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Brunehaut Cette alliance avec ane femme dont le crédit, les richesses et Tambition étaient extrêmes , lai ramena les mécontents et affermit la couronne sur sa tète. Alors il s'associa ses deux fils, Hermenégilde et Recarède, qp'il avait eus de sa première femme Théodosie, et les it déclarer ses héritiers, du consentement de la aatioa-
Leuvigilde profita des circonstances malheureuses où se trouvait Fempire d'Orient pour chasser les Grecs qui occupaient encore, au nom de Tempire romain., quelques parties de TEspagne. Il leur enleva Gordooe avec plusieurs autres places et les resserra ainsi du côté de la mer. Les persécutions qu'il faisait subir aux catholiques excitèrent quelques soulèvements dans FAragon; Leuvigilde les apaisa bientôt par la force des armes; il pénétra ensuite dans la Galice , à dessein de la saccager et d'en dépouiller Mir , roi des Suèves , qui protégeait ouvertement les catholiques persécutés par le roi visigoth. Mir, à force de soumission, parvint à éloigner l'orage qui le menaçait.
Leuvigilde, après avoir pacifié ses états, s'appliqua à faire jouir le royaume des avantages de la 'paix; il rétablit les villes ruinées et en fonda de nouvelles. Ce fut alors que pour inspirer plus de respect à ses peuples il prit le sceptre, la couronne, le manteau et les autres marques de la dignité royale. Avant lui les rois goths vivaient dans une grande simplicité et ne portaient aucun signe qui les distinguât de leurs sujets.
Pour affermir encore l'autorité dans sa famille, il fit épouser à soa fils Hermenégilde, Ingonde, fille de Sigebert et de Brunehaut; mais cette alliance fut l'occasion de ^ands troubles dans le royaume et dans la famille de Leuvigilde. Ingonde était zélée catholique ; arrivée à la cour de Tolède, elle eut à souffrir d'indignes traitements de la part de son beau-père et de son aïeule €rOSsuinthe, qui voulaient la forcer à embrasser Farianisme.
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Herménigilde, pour soustraire sa femme aux persécutions de la reine , Penleva de la cour et l'emmena en Andalousie, dont le gouvernement lui avait été cédé par son père. Bientôt Herménigilde, pressé par les prières de sa pieuse épouse et éclairé par les instructions de saint Léandre , évoque de Se ville, renonça â Terreur et embrassa la foi catholique. Leuvigilde, instruit du changement de son fils, le rappela à la cour. Au lieu d'obéir, ce Jeune prince fil un traité avec les Grecs et prit les armes; mais trahi par le gouverneur grec, que Leuvigilde avait corrompu à force d'argent , il tomba bientôt entre les mains de son père qui le fit jeter dans un cachot à Tarragone , où il fut mis à mort pour n'avoir pas voulu recevoir la communion dHm évêque arien. C'est ainsi qu'il expia par le martyre. Tan 58^. ou 585, le crime de sa rébellion. Ingonde , son épouse» tomba au pouvoir des Grecs, à qui Leuvigilde ne put Farracher. Elle fut conduite en Sicile et mourut en allant à Gonstantinople.
Ëa 585 Leuvigilde, profitant des troubles qui régnaient parmi les Suèves, attaqua les divers partis successivement, les défit, et en moins de trois mois conquit toutes leurs possessions et les réunit à ses états. Ainsi finit la domination des Suèves qui avait subsisté en Espagne cent quarante-six ans. Ce fut la dernière de ses expéditions. Son zèle pour Tarianisme , qui porta Leuvigilde à faire mourir son propre fils , ternit beaucoup la gloire de son règne; car il peut passer d'ailleurs pour un des plus grands rois qu'aient eus les Visigoths , soit pour les expéditions militaires , soit pour l'administration de ses états. Cependant , sur la fin de sa vie , ce prince était bien revenu de ses préjugés contre les catholiques ; il avait rappelé les évéques , rendu les biens â ceux qu'il avait dépouillés; enfin on croit qu'il mourut catholi^e(586).