ROI D'OVIÉDO, ALPHONSE UI, DIT LE GRAND
SOUVERAINS DE CORDOUE : JHAHOAIET i«', mort en 886;
ALBIUNDAR, son fils mort en 889; Abdallah, son frère.
ROIS DE NAVARRE : GARdE-xiMENÈSy mort en 880;
FORTUNE, DIT LE MOINE, SOU fils, abdique en 905;
SANCHE-GARCiE, son frère.
Alphonse n'avait que dix-huit ans quand la mort de son père l'appela au trône. Froîla, comte de Galice, crut pouvoir disputer le pouvoir à un prince si jeune; H s'empara d'Oviédo et s'y fit proclamer roi; mais il fut poignardé peu de temps après , et Alphonse recouvra la couronne , un instant tombée de sa tête.
Le règne d'Alphonse fut une suite presque non interrompue de triomphes sur ses ennemis, soit de Tintérieur, soit du dehors. Nous ne rapporterons ici que ses principales expéditions dont le détail, pendant un règne de quarante-quatre ans, serait beaucoup trop long.
ALPHœiSE m. MAHOMET I, BTG. 71
Les trêves n*étaient presque qiie momentanées entre les chrétiens et les Sarrasins , et la guerre était perpé* taelle. Au commencement de son règne , Alphonse profita d'une de ces trêves pour fortifier ses places et se mettre à Tabri d'une invasion , en même temps qa'il réduirait les révoltés de TAlava. Bientôt il eut à résister aux attaques des musuhnans qui tentèrent de pénétrer dans les Asturies , et deux fois il repoussa et tailla en pièces leurs armées. Mais 11 ne suffisait pas au caractère d'Alphonse de se tenir sur la défensive; plein de ce courage et de cette confiance que donne la jeunesse, il voulut à son tour porter la guerre dans les états de son ennemi. H pénétra dans la Lusitanie , ou le Portugal , el y répandit la terreur de ses armes. L'émir de Gordoue , intinddé par la perte de Goimbre, emportée d'assaut par les chrétiens , consentit à une nouvelle trêve et laissa à Alphonse une grande partie du pays , qu'il venait de conquérir ou plutôt de ravager. Le roi fit rebâtir Orense , ' Porto, Lamego et Viseu et les repeupla de colonies chrétiennes ( 870 ).
Après l'expiration de la trêve , nouvelle guerre , nouvelles victoires d'Alphonse, qui forcent Mahomet i à demander encore une trêve de trois ans (875). Mais elle est bientôt rompue par l'assistance qu'Alphonse donna à Abdallah, qui s'était révolté contre le souverain de Gordoue et avait entraîné Saragosse dans son parti. Tandis que Mahomet fait assiéger Saragosse, Alphonse ravage la vieille Gastille et la partie du Portugal restée aux musulmans.
C'est à cette époque ( 880 ) que Fortune , successeur de Garcie-Ximénês, prit définitivement le titre de roi de Navarre , que quelques historiens contestent à son père. En même temps, les comtes de Barcelonne, feudataires de la courdtone de France, s'étant agrandis peu à peu aux dépens des musulmans, proclamaient leur indépeo/* dancc
jypboBM, ■Bitre de U vieille CastUle, agrandit tt peaple Bor^», 4|b devint ose ville flo ri—te et te loBc;tcB|» la capitale àm rofaoBe de Castille (88&).
Après la mort de Mik— et i, aoaverain de Gofdoœ (886), aoA fib aisé Ahiwdar est proclamé ; mais soa règne de trois ans ne fat qo'one guerre civile cootimidle et il momt sans avnir pa la terminer (889). Son frère Abdallah Im succéda, et par sa sagesse, plus oicore que pir la force de ses armes, il apaisa tûcnlôt la révolte.
Les chrétiens n*étaient guère plus soumis à lears soih verains qoe les masnlmans, et les dernières années dn neuvième siècle fnrent presqa'ealièrement employées par Alphonse à apaiser des révoltes et des oon^nntioDS.
En 889, Alphonse fit consacrer Téglise de Saint-Jacqaes de Compostelle par dixHieaf évéqnes, toys ses sujets. On voit qa''alors les états de ce prince conoprenaient les Astnries , le royaume de Léon , la Galice , ime partie da Portugal et de la vieille Castille; la Navinre avait un rai et Barcelonne un comte; le reste de l^Es-' pagne était soumise à rémir de Cordoue. On peut Juger des progrès lents, il est vrai, mais constants qu^avaient faits les chrétiens en deux siècles, depuis Pelage et la bataille de Govagunda. G^était surtout aux trois rois dn nom d'Alphonse qu'étaient dus ces agrandissements suc* cessiis ; mais le dernier y avait plus contribué que tous ses prédécesseurs ensemble.
Au commencement do dixième siècle, Alphonse fit fortifier de colonies chrétiennes les villes de Zamora, Toro, Simencas et Duerras. Abdallah , inquiet et Jaloux des succès de ce prince, appela à son secours les Maures d'Afrique, pour détruire ces nouvelles places. Dans ime bataille sanglante qui se livra aux environs de Zamora, Alphonse conserva l'ascendant qu'il avait sur les infid^es et remporta une victoire complète; mais eUe lui coûu la moitié de son année* Les vain-