‹ Histoire d'Espagne, par l'auteur de l'Histoire de RussieChapitre 8 sur 84 · THÉODORIC n RÈGNE A TOULOUSE · texte numérisé non relu

THÉODORIC n RÈGNE A TOULOUSE

Tbéodoric II, frère et meurtrier de ThorismcHid , lui succéda. Son règne fut rempli presque tout entier par des guerres contre les Suèves , entreprises à Tinstigation de rempereur Avitus, son allié. Il gagna sur eux une grande bataille près d'Astorga, sur le fleuve Urbicus (Qrbega /i56). Réchiaire, roi des Suèves, fugitif et blessé , fut pris et mis à mort par Tbéodoric. La nation des Suèves, presque anéantie par la bataille d'Orbega, se réfugie au fond de la Galice. Tbéodoric, rappelé en Gaole par la mort d'Avitus, laisse respirer les Suèves qui, reprenant courage en Tabsence de leur ennemi, recommencent de nouveau leurs excursions, en se par- Ut^eant sous deux rois^ Maldras et Rémismond. Tbéodoric cependant s'empare, par la trabison d'un gou- Temeur romain , de Marbonne, la dé des Pyrénées. Mais il fut moins beureux auprès d'Arles, dont Egidius le força de lever le siège. Après avoir perdu encore une bataille près de Toulouse contre le même Egidius, TbéOtdoric tourna son ambition du côté de l'Espagne et chercba à conquérir la Bétique et la Lu^tanie. U acheta même la paix avec les Suèves, en donnant sa fille en mariage à Rémismond , devenu leur seul roi.

Tbéodoric, qui devait le trône à un fratricide, lé perdit par un crime semblable. Il fut assassiné par son frère Euric, après un règne de treize ans ( /ii66 )•

7 EURIC RÈGNE A TOUUMISB ET A ARLES. /i66-^.

MoQté sur le trône par un crime , Çuric fut cependant

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un grand homme et gouverna avec autant de sagesse que d'équité, n comprit d'abord que les temps étalent venus pour la race des Golhs, trop pressés jusqu'ici dans leur étroit royaume d'Aquitaine, de s'agrandir en deçà comme au-delà des Pyrénées et de fonder, au lieu de cette monarchie vassale, un empire indépendant. Aucun obstacle ne put le détourner de ce dessein gigantesque. Il descendit des Pyrénées et soumit tour à tour l'Aragon , la Navarre, le pays de Valence et le reste du territoire espagnol, à l'exception dé la Galice, qui demeura opiniâtrement sous la domination des Suèves. En même temps ses armées victorieuses s'avançaient ▼ers le nord de la Gaule , et se promenaient librement Josqu'à la Loire.

Une seule gloire manquait à Euric, c'était celle de législateur et il voulut aussi la mériter. Paisiblement établi dans la cité d'Arles, qui devint le siège de l'empire des Goths, il recueillit pour la première fois, dans un code écrit, les coutumes traditionnelles qui régissaient cette nation. Cette collection, malheureusement perdue, aurait sans doute jeté un jour tout nouveau sur le droit gothique primitif, dont la substance a passé dans le farumjudicum, si connu dans la Péninsule et surtout dans l'Aragon, sous le nom de Fuero Jugo, Euric mourut à Arles sur la fin de l'année 484» ou au commencement de ^85.

On reproche à Euric qui était arien , ainsi que ses prédécesseurs, d'avoir persécuté les catholiques de ses états. Cependant il ne fit pas mourir les évéques orthodoxes, mais il défendit qu'on en substituât d'autres à ceux qui mouraient; de sorte que, faute de pasteurs et de prêtres, les églises demeurèrent fermées et les peupies privés d'instruction et de sacrements.

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