Josèphe, Antig. jud., XIX, 1x
Il. 48
maine sous un procurateur, ce qu’elle demeura jusqu’à ses derniers moments. Le premier magistrat préposé à la Judée par Claudius fut Cuspius Fadus 1, sous le procuratorat duquel s’envenimèrent les rapports entre les Juifs et leurs voisins.
Les Iehoudites rendirent aux goïm (gentils) haine pour haine, et même au centuple. Des bandes s’organisèrent, conduites par des chefs, ravageant le pays. Mais, promptement pacifiée par l’habileté de Fadus, la Judée redevint ce qu’elle était sous les anciens procurateurs, Fadus se réserva l’élection du cohène-hagadol et la garde du vêtement sacerdotal dans la citadelle Antonia.
Cependant les familles des grands-prêtres, ainsi qu’'Hérodès II de Khalkis, protestèrent contre ces dernières prétentions du procurateur. Telle fut l'émotion, que Fadus et le gouverneur Caïus Cuspius Longinus amenèrent à Ierouschalaïm des troupes nombreuses.
De concert avec les principaux Iehoudites, Hérodès demanda la faculté d'envoyer à Rome une ambassade. Moyennant des ôtages, leur garantissant la tranquillité de la ville sainte, les deux chefs romains laissèrent une députation juive s’embarquer pour l'Italie.
Grâce au jeune Agrippa II qui la lui présenta, Claudius accueillit fort bien l’ambassade, et permit aux Iehoudites de vivre selon leurs propres lois (été de 45). Hérodès II eut le droit de nommer le grand-prêtre. Il en usa pour déposséder Elionaï et le remplacer par Ioseph, de la maison de Qamyth. Désireux de ne point jaisser longtemps le même grand-cohène en fonctions, il fit bien vite succéder à Ioseph, Hanania bèn-Zebédaï ou Iohanan bèn-Nebédaï (46).
Par ses privilèges, Hérodès II, bien que ses monnaies ne mentionnent que Khalkis, était une sorte de roi des Juifs. Cependant, s’il nommait le pontife de toute la nation, d’un autre côté, le pouvoir politique
1, Josèphe, Antig. jud., XX, 1.