‹ Histoire d'Oliver Cromwell Par J.M. DargaudChapitre 103 sur 177 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

sauva le protestantisme dans ce pays. Lui-même, Timplacable conquérant, il avait marché par la renommée militaire et politique à la souveraine puissance.

Pour la fonder en Angleterre, cette puissance, ce n’était pas assez d’avoir vaincu l’Irlande, il fallait vaincre l’Écosse, et avec l’Écosse le fils de Charles I®*".

Tout, en travaillant à ses projets d’ambition gigantesque, Cromwell faisait de la théologie, plaçait de l’argent pour l’avenir des siens, et donnait à Richard d'excellents conseils. Il aurait bien voulu faire de cet aîné de ses enfants le second anneau d’une dynastie. Il lui insinuait des études sérieuses, entre autres la lecture attentive de l’histoire universelle par Walter Raleigh. On aime à voir le nom de Walter Raleigh tracé par Cromwell.

Richard était marié à la fille d’un- ami de son père, à Dorothée Mayor. Il vivait dans la maison natale de sa jeune femme, à Hursley, une paroisse du Hampshire. C’est là que Cromwell lui écrivait d’Irlande, peu de semaines avant de revenir en Angleterre. Voici la lettre (avril 1650)

« Dick Cromwell,

« Vos lettres me plaisent et me touchent; j’aime les expressions qui viennent du cœur tout naturellement, sans étude et sans affectation.

« Je suis persuadé que c’est la bonté du Seigneur qui vous a placé où vous êtes : je désire que vous en soyez convaincu et reconnaissant, remplissant tous vos devoirs pour la gloire de Dieu. Recherchez constamment le Seigneur et sa présence. Que ce soit^la grande affaire de votre* vie et que là soit toute votre force !' Que toutes choses soient dirigées vers ce but. Vous .ne pouvez trouver ni contempler la face de Dieu que dans Jé- » sus-Christ; efforcez-vous donc de connaître Dieu dans Jésus- Christ^ lequel les Ecritures annoncent être la somme de tout, même de la vie éternelle. Parce que sa connaissance n’est paS littérale ou spéculative; non, ell^ est intérieure, elle transforme l’esprit divinement. Le connaître, c’est s’unir 'et parti-

HISTOIRE o’oUAaBR CROMWELL

ciper à sa nature divine. (Seconde lettre de saint Pierre.) Combien peu les Écritures sontapprofondies parmi nous!' Mes faibles* prières sont à votre intention.

« Gardez que votre intelligence soit vaine et inactive ! Nourrissez-la par la lecture de l'histoire de sir Walter Raleigh, c’est une histoire substantielle et solide ; elle vous intéressera plus que de simples fragments. Efforcez-vous de comprendre l’État que j’ai fondé, c’est votre affaire de.le pénétrer en tous points, ainsi que les bases sur lesquelles il repose. Jusqu’à présent j’ai beaucoup souffert en me fiant trop aux autres. Je sais que mon frère Mayor vous sera d’une grande utilité dans tout ceci.

■ Vous penserez peut-être qu’il est inutile que je vous recommande d’aimer votre femme. Que le Seigneur vous enseigne en cela, autrement vous ne le ferez pas saintement... Mes amitiés à cette chère femme* dites-lui que je l’aime de toute mon affection et que je me réjouis de la bonté du Seigneur envers elle. Je désire qu’elle soit féconde de toutes les manières. Je la remercie de sa douce et tendre lettre.

« J’ai envoyé mes souhaits à ma sœur et à ma cousine Anna dans ma lettre à mon frère Mayor. Je ne voudrais pas qu’il se gênât dans ses affaires pour ce qu’il me doit. J’entends qu’il regarde ma bourse comme la sienne... Dick, que le Seigneur vous bénisse de toutes les façons. Je suis toujours,

•• Votre père affectionné,

« OuviER Cromwell. •»

Peu de temps après cetté lipjjtïe, le lord lieutenant s’était installé au Cockpit ainsi quf^m^iÙAvons vu, et Kiebard s’était •empressé de l’y venir embrasser. Il y avait joui en bon fils de rhospifjalité paternelle. Mais Cromwell, qui passait vite des affaires'générales aux.4ffaires domestiques, retournait vite*aussi des attachements privés aux devoirs publics. A son arrivée en Angleterre, tous les esprits ét»ent préoccupés de l’adoption que faisiiülÿeoase deGbarles II. Il était urgentde porter laguerre

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